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[rédacteur invité] Le marketing autour du jeu Hokuto Musou au Japon

Par Invité le 21 mars 2010 20:03 :: Anime Games :: Aucun commentaire »

Article proposé par Reith Saji [1]

A une semaine de la sortie tant attendu du jeu vidéo, Hokuto Musou (adaptation en jeu vidéo  du manga Ken le survivant) sur Playstation 3 et Xbox 360 au Japon, l'éditeur Koei (Dynasty Warriors, Gundam Musou...) sort la grosse artillerie commerciale pour faire parler de sa dernière production à quelques jours de sa sortie (25 mars 2010).

A Akihabara, tout d'abord, sur la plupart des écrans de magasins de jeux vidéo sont projetés les différents Trailers du jeu avec à côté quelques PLV qui feraient rougir n'importe quel fan! De plus, pour compléter ce dispositif, un système de réservation était mis en place. Toute personne réservant le jeu avant le 13 mars bénéficiait d'une réduction de prix passant de 45€ à 30€. Mais cela ne s'arrêtait pas là, parce que les chanceux ayant fait leur réservation possèderont le jeu dès le 22 mars soit 3 jours avant les autres. Autant dire que le succès a été au rendez-vous puisque une semaine après l'annonce, les réservations étaient totalement bouclées.

Hokuo Musou PLV

Ce n'est pas tout, puisque depuis quelques jours Microsoft et Sony ont apporté leur soutien pour une affiche publicitaire géante juste au-dessus d'une des stations les plus fréquentées de Tokyo, celle de SHIBUYA! Une très bonne initiative de la part de l'éditeur Koei puisque Shibuya est le quartier des branchés des jeunes tokyoïtes.
 
Affiche Hokuto Musou

Difficile de passer à côté de ce futur hit!
 
Et comme si cela ne suffisait pas,  depuis quelques jours, les émissions musicales japonaises diffusent le clip du thème, Hokuto Musou, interprétée par la chanteuse, Nana Tanimura, intitulée, FAR AWAY. La musique mélange habillement des influences J-rock et  J-pop pour retranscrire à merveille l'ambiance du jeu vidéo.

 
Nana Tanimura


Nana Tanimura âgée de 22 ans a commencé sa carrière musicale en 2007. Nous aurions été en droit de douter quant à la qualité de sa musique par rapport à un héritage aussi important que Hokuto No Ken. Néanmoins, nous sommes forcés de constater qu'elle relève le défi et rend hommage de manière singulière avec une chanson rythmée saupoudrée d'une légère mélancolie amenant une douceur nostalgique qui définit parfaitement l'état d'esprit de ce mythe.



Après toute cette communication autour du jeu, difficile de rester de marbre le 25 mars, n'est-ce pas?

[1] Passionné, Reith Saji édite le site Adala News qui traite de l'actualité dans le secteur du manga, des anime et de leurs adaptations en jeux vidéo.

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Regardez-moi dans les yeux... j'ai dit les yeux

Par Pazu le 16 mars 2010 21:03 :: Webmastering :: 4 commentaires »

Face à la gente masculine, une femme a quelques atouts plastiques dont se servent abondamment les publicitaires pour capter le regard des gens et les guider vers le produit qu'ils souhaitent vanter. La technique, largement usitée, s'est étendue au domaine des sites web, notamment pour le e-commerce: N'est-il pas essentiel qu'un client potentiel pose le regard sur un produit plutôt que sur une illustration juste là pour embellir et qui n'a aucun rapport? Plus terre à terre pour les adeptes de programmes affiliés ou de régie publicitaire en ligne, est-ce que vos encarts publicitaires sautent bien aux yeux de vos visiteurs ou sont-ils invisibles, dans un angle mort?

Autant de questions importantes que les professionnels essaient de résoudre avec des laboratoires de test grandeur nature, qui nécessitent du personnel et du matériel adéquat. Les cobayes portent un casque qui suit leurs mouvements rétiniens quand un site leur est présenté.  Le résultat indique le parcours du regard sur la page pendant les quelques premiers battements de cil.

Vous le remarquez, le test se focalise sur le moment où le sujet découvre la page et ne va pas plus loin. Bien sûr, il peut et même doit être complété par des essais en utilisation réelle du site, en notant scrupuleusement le comportement et les retours faits par vos cobayes. Les ateliers de ce type permettent de régler les fonctionnalités et améliorer l'ergonomie si vous souhaitez expérimenter des scénarii précis. Cependant, il s'agit d'un autre type de tests et non plus d'eye tracking.

Pourquoi donc se limiter à la première vision? Tout simplement parce qu'elle est capitale. Des consultants expérimentés se plaisent à dire que vous avez 6 secondes pour convaincre vos visiteurs que votre site est fait pour eux. En vérité, des études montrent que c'est pire: Le professeur Lindgaard est sans appel et conclut que vous vous faites une idée bonne ou négative d'un site en 50 millisecondes, ce qui correspond au temps que vous mettez pour lire 1 seul mot!

D'autres  rapports sont plus tendres mais ils ne font que monter à 120 millisecondes, prônant l'existence de plusieurs vagues de capteurs, la toute première impression étant toujours négative et les suivantes redressant la barre quelques millisecondes après.

J'évite d'approfondir le sujet mais d'autres études similaires s'appliquent à un domaine plus large que le web et même que la publicité. En gros, à ce rythme là, nous décidons que quelqu'un a une bonne bouille ou pas, en moins d'une demi seconde. Que cela s'applique à nos futurs amis, soit, mais cela s'appliquerait également aux personnes que nous élisons. Terrible, n'est-ce pas?

Les Etats-Unis ne sont pas la France mais des expériences ont été faites, où un échantillon représentatif de la population a juste pu voir les candidats en photo moins d'une demi seconde. Les gens notaient à chaque fois si la personne leur plaisait ou pas, après avoir juste entre aperçu leur tête. Finalement, les résultats ont concordé avec le verdict des urnes, les candidats perçus comme étant les plus sympathiques ayant pris le dessus sur les autres. Je n'ai plus - malheureusement ou heureusement? - les références de l'étude ni le périmètre exact mais disons que les centres esthétiques auront toujours quelques clients fidèles en la personne des hommes politiques.   

Revenons aux sites web et abordons les outils disponibles. Bien entendu, mettre en place toute la machinerie a un coût et si vous êtes un blogueur étudiant sans le sous, je doute que vous franchissiez le pas. Cependant, les progrès scientifiques continuent toujours et l'analyse d'image permet maintenant de simuler un eye tracking. En gros, à partir d'une image, l'ordinateur vous calcule comment circule le regard du visiteur.

L'outil dont il est question en ce moment sur le net est Feng-Gui, gratuit pour une version limitée à un traitement d'image toutes les 12 heures... par adresse IP. Les résultats sont cependant à prendre avec des pincettes de l'aveu même du site, qui indique une similitude à 70% par rapport à un test suivi par des utilisateurs réels et surtout dans un lap de temps équivalent d'une dizaine de secondes et non pas de quelques dixièmes de secondes.

Commet utiliser Feng-Gui? L'engin est un site web en ligne qui avale les images et vous les ressort avec la courbe du eye tracking par-dessus, avec en corolaire les temps d'arrêt relatifs sur les parties regardées. Pour un site web, vous effectuez une capture d'écran et vous la chargez donc dans le site. Il vous la régénère avec un beau "evaluation version" par-dessus mais la courbe est là.

J'ai soumis la page d'accueil d'Animint ou tout du moins la partie visible que j'avais alors dans mon navigateur au moment du test. Hasard de l'image, le résultat est éloquent avec les étapes 1 et 2 qui consiste à mater les poitrines des 2 demoiselles d'Idolmaster – Xenoglossia, l'une après l'autre. Après le parcourt s'attarde sur le bandeau vertical manga, ce qui est excellent pour un site qui veut montrer qu'il traite de ce thème.

Autre satisfaction, la liste de liens principaux est également dans le collimateur visuel, avec en prime un aller retour sur le titre du site en haut à gauche. En revanche, le passage sur la première accroche de la page d'accueil, à propos de Sasameki Koto, reste très rapide et marginal.

Eye tracking

J'ai effectué un autre essai avec une capture un peu plus large, qui correspondrait à une vision peine écran en 1024x768. Le résultat est différent, ce qui est logique mais de toute manière, il est assez difficile de savoir quoi modifier dans ces conditions. La taille d'écran change déjà beaucoup de choses et oblige visiblement à un test par taille. En plus dans le cas d'Animint, les images d'accueil changent chaque jour donc l'analyse consisterait à conserver les illustrations les plus efficaces, mais sans savoir si les résultats des tests sont vraiment fiables ou pas.  En gros, cela milite pour attendre que le logiciel s'améliore encore, ce qu'il fait régulièrement.

Il existe d'autres instruments pour aider à améliorer son site. A un niveau au-dessus, j'avais déjà mentionné Trends pour vous faire comprendre pourquoi vous partez avec un meilleur potentiel si vous ouvrez un blog pourri sur Naruto plutôt qu'un bon site manga.  Vous avez bien entendu tous les ustensiles statistiques, de Log Analyzer à Google Analytics et vous pouvez aller très loin avec, si vous maîtrisez les arcanes du métier.

L'utilisation simpliste des statistiques vous limite cependant à l'analyse de la navigation inter pages. De là, vous pouvez déduire quelques défaut ergonomiques dans la présentation, quand vous détectez un déficit de visites dans vos flux mais cela reste indirect. Dans ce sens, la carte des températures – ou heatmap – est un bon complément.

Au lieu d'enregistrer les fichiers textes ou images qui ont été appelés, vous enregistrez les clics des utilisateurs et où ils ont cliqué dans la page. A partir de là, les zones souvent cliquées deviennent chaudes tandis que les parties désertées restent froides. En quoi cela peut-il servir? En effet, il est normal que la zone où vous placez un lien important soit cliquée et cela, vous la savez déjà.

En fait, il se peut qu'un lien, que vous jugez important et bien situé, ne soit pas suivi par les visiteurs pour X raisons. Avec les statistiques classiques, vous pouvez avoir la puce à l'oreille en constatant un report des visites insuffisant vers votre page, par rapport à votre attente mais la carte des températures vous donne un aperçu visuel immédiat.

Une cause toute bête peut être que le lien soit trop court et que les visiteurs cliquent à côté, ou encore qu'il ne se démarque pas du reste du texte. Certains sites font l'erreur de ne pas distinguer les liens d'un contenu normal et nous ignorons que nous pouvons cliquer dessus.

Comment mettre en place un tel outil sur ses pages? Cela suit en fait le même principe que les scripts pour les statistiques à la Google Analytics, avec une insertion de code javascript qui traque la position de la souris de l'utilisateur, puis transmet les coordonnées à un programme distant.

Il existe plusieurs produits et services commerciaux mais encore une fois, je me focalise sur un logiciel gratuit et notamment open source, Clickheat. Il comporte un code javascript à appeler depuis les pages à traquer et une partie back-office pour effectuer les traitements.

Dans le cas d'Animint, Clickheat a été simple à intégrer car la partie pour enregistrer les coordonnées des clics est codée en PHP, un langage déjà abondamment utilisé dans tout le site. Les traces sont stockées dans des fichiers plats, sans avoir besoin d'une base de données. En dehors des bons droits en lecture/écriture sur les répertoires et de la bibliothèque GD très souvent disponible chez les installations PHP des hébergeurs, il n'y a pas de pré-requis.  

J'ai activé le traçage sur quelques pages et je n'ai pas constaté de ralentissement. De toute manière, un minimum de précautions d'usage, tel que faire les appels de javascript en fin de page, permet de ne pas perturber le chargement du contenu. Au pire, vous perdez une mesure, plutôt que de ralentir le visiteur pendant son périple sur votre site.

Les auteurs de Clickheat mettent en garde contre l'utilisation intensive de l'outil, qui, s'il est mis sur le même serveur que votre site web, consomme de la puissance au détriment du reste et qui répond moins vite que les pages auditées, donc qui peut ralentir le site. L'autre alerte concerne l'utilisation gourmande de mémoire pour générer les cartes. Cependant, si vous en fait un usage raisonnable sur quelques pages clefs avec vous seul pour générer les rapports, vous ne risquez pas grand-chose. Rien ne vous empêche de déconnecter l'ensemble dès que vous estimez avoir optimisé la ou les pages auditées.  

Dans le cas d'Animint, 5 minutes après avoir activé le traçage et généré les cartes en temps réel, j'apportais déjà une modification à la page d'accueil. Je me suis aperçu que les visiteurs essayaient de cliquer d'abord sur les titres des accroches, au lieu de suivre le lien en contre bas ou même celui mis sur l'image qui accompagne la nouvelle. Du coup, j'ai corrigé immédiatement le lien pour le placer à l'endroit attendu.


clickheat


Plusieurs clics se font également sur l'image d'illustration principale. Sans doute pour voir une version plus grande ou pour voir s'il n'y a pas derrière, la présentation de la série qui correspond, à moins que quelqu'un ait une autre explication. Là aussi, c'est amusant de voir où les visiteurs ont cliqué majoritairement sur l'illustration des 2 filles issues d'Idolmaster – Xenoglossia. Rassurez-vous, les rapports générés restituent des données anonymes.

Enfin, les couleurs de température reflètent bien les flots de visiteurs avec pour Animint, une circulation plus dense pour visiter l'encyclopédie et la base des anime, que les jeux par exemple.

En conclusion, vous avez pu voir un exemple d'utilisation concrète de 2 instruments pour aider à améliorer votre site web. Entre les mains d'un webmestre en herbe, le profit à en retirer est sans doute moins important qu'un expert, qui choisira des moyens plus conséquents pour son business. En revanche, c'est un bon début et c'est mieux que rien, ne serait-ce que pour poser quelques bonnes questions de départ vis-à-vis des visiteurs, à défaut de dresser un diagnostic complet et de fournir les solutions sur un plateau.


Ikaros

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Lecture du livre Isao Takahata Cinéaste en animation

Par Pazu le 13 mars 2010 14:03 :: Découvertes :: 1 commentaire »

Stéphane Leroux a effectué une thèse concernant le parti du réalisme de Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Ses travaux qui remontent maintenant à la période 2004-2007 font l'objet d'une publication en deux volumes, dont le premier, Isao Takahata - cinéaste en animation : Modernité du dessin animé est disponible depuis janvier 2010, aux éditions L'Harmattan.

Au mois de février 2010, l'auteur a visiblement fait le tour des sites web francophones du milieu pour signaler la parution de son ouvrage. La nouvelle a été reprise ci et . Pour Animint, il m'a paru plus judicieux d'attendre que j'en dise quelques mots après lecture effective, plutôt que de poster un petit message perdu dans un coin du forum, aucune des autres rubriques du site n'étant un lieu adéquat pour publier ce genre d'information. 

La préface fournit immédiatement quelques mises en garde.  D'abord que les réflexions et les analyses datent un peu et n'intègrent pas les références des films récents tels que Ponyo sur la Falaise. Peut-être est-ce gênant pour cerner le Miyazaki d'aujourd'hui mais sans doute moins pour Takahata, dont le dernier long métrages d'animation reste Mes Voisins les Yamada, en 1999. L'autre avertissement concerne le contenu, qui respecte délibérément la forme de l'étude que je dirai technique, plutôt qu'un récit chronologique et complet de la carrière de Isao Takahata. En quelque sorte, vous êtes invités à découvrir les oeuvres pour apprendre à connaître le réalisateur.

Vous pouvez vous référer à la tribune Contre Courant signée par le même Stéphane Leroux dans l'Animeland de septembre 2004, déjà au sujet d'Horus, le prince du soleil: "Attardons-nous alors sur un aspect du cinéma d'animation qu'on aborde trop rarement de face : la mise en scène. Les expressions du type la réalisation est efficace ou les plans sont très beaux fourmillent sous la plume des critiques, mais sans explications permettant aux non-spécialistes de cinéma de savoir concrètement de quoi il est question."

Là aussi, vous pouvez avoir une autre déconvenue en ce qui concerne le choix des travaux sélectionnés pour décortiquer la touche personnelle de Takahata: Il s'agit nullement de ses productions les plus connues tels que le Tombeau des lucioles ou Pompoko, mais bien de ses travaux précurseurs. A elle seule, l'analyse d'Horus, le prince du soleil, occupe deux tiers du livre. Les longs métrages de Takahata ne sont pas oubliés mais leur analyse s'effectue rapidement vers la fin de l'ouvrage, de la même manière que vous pouvez accélérer dans la dernière ligne droite pour franchir la ligne d'arrivée. 

Après une introduction sur la portée de l'étude et des références au cinéma d'animation, le premier chapitre commence par la genèse d'Horus, prince du Soleil. De l'historique, nous passons ensuite à l'analyse proprement dite, avec moult renvois et allusions à d'autres films marquants du cinéma d'animation, notamment le Roi et L'Oiseau de Paul Grimault.

Sans entrer dans le détail, le sujet vous donne une idée de l'importance accordée à plusieurs films d'animation. Il est effectivement parfois difficile à cerner, pourquoi tel ou tel titre a marqué les esprits de la profession. Au moins, les remarques techniques apportent un éclairage sur les nouveautés apportées et les manières de faire qui diffèrent par rapport à des films plus commerciaux à la même époque.

En pratique, l'écrit présente quelques défauts pour reproduire une analyse. J'entends par là, que l'impression serait tout autre avec une vidéo des extraits en direct sous ses yeux et les remarques formulées par l'auteur. Malgré la présence de captures d'écran, il est obligé de passer beaucoup de lignes à décrire ce qui est vu, avant d'aborder les éléments pertinents mais il est impossible de faire autrement, à moins de connaître toutes les scènes du film par coeur.

La compréhension du contenu est parfois assez ardue pour le néophyte. Je passe sur l'abondance de renvois en note, qui trahie juste un soucis légitime d'appuyer les références. A la rigueur, vous pouvez parcourir les notes d'une traite, si vous ne voulez pas hacher votre lecture. En revanche, les explications sur des notions, sans doute très basiques pour ceux qui s'y connaissent en cinéma, font défaut avant d'aborder le sujet de fond et là, vous sentez vraiment une orientation "rapport de thèse" au détriment d'un contenu plus adéquat pour de la vulgarisation.

Le livre comporte des annexes avec notamment des retranscriptions des interventions faîtes par Isao Takahata pendant des projections en France, en sa présence. Des transcriptions complètes et pas seulement des rapports enrichis comme j'ai pu le faire pour les rencontres avec Sunao Katabuchi ou Rintarô. Parmi ces annexes, vous trouvez aussi des traductions d'écrits rédigés par Takahata à propos de ses propres travaux.

Là, vous percevez la différence d'approche très nette, où Takahata prend le temps d'expliquer ce que sont panorama et travelling, alors que dans chez Stéphane Leroux, les différences et les nuances entre les deux sont bien montrées du doigt, mais sans que vous sachiez vraiment ce dont il s'agit vraiment au juste. Peut-être que Takahata fait des raccourcis ou des simplifications dans ses définitions mais cela reste dictatiel et facilite grandement la lecture. D'où ma remarque précédente par rapport au lectorat néophyte.

Après Horus, la suite du livre aborde les séries télévisées auxquelles Isao Takahata a participé, de Lupin III à Kié la petite peste. L'ensemble est plus hétéroclite et encore plus intéressant. Outre l'aspect historique et les anecdotes sur les différentes productions, le terrain est plus propice pour souligner l'originalité du réalisateur comme l'écrit Stéphane Leroux: "L'étude de la participation de Takahata sur ces séries télévisées – le redressement de Lupin III, 1ère série ou les commandes ponctuelles – présente l'avantage de pouvoir directement comparer son travail aux autres épisodes".

Il se dégage de la première partie du livre, l'idée qu'Horus est un film exceptionnel. Dans cette deuxième partie, c'est le réalisateur qui apparaît comme exceptionnel, du genre tout ce qu'il touche devient or. Cependant, il ne s'agit pas du seul cas isolé, où la patte d'un réalisateur sur un épisode se fait sentir dans une série télévisée ordinaire. Je citerai le traditionnel exemple d'Hayao Miyazaki qui a dirigé le fameux épisode de Sherlock Holmes, Le Rubis bleu,  ou encore, un cas moins connu, celui de Mamoru Hosoda, qui a réalisé deux épisodes clefs de Ojamajo Doremi – oui, du Magical Doremi.

Le deuxième volume issu de la thèse, cette fois-ci sur Miyazaki, est attendu courant 2010, peut être en juin.  Sur internet, le premier tome est trouvable via les sites des grandes enseignes.


Isao Takahata Cineaste en animation

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L'Animage de mars 2010

Par Pazu le 07 mars 2010 11:03 :: Découvertes :: Aucun commentaire »

Kuroshitsuji 2, a.k.a.  Black Butler 2 chez nous, fait la couverture du numéro de mars mais la suite de la série de 2008-2009 n'est pas pour tout de suite. La date annoncée est juillet 2010. A part une moitié de pages qui présente quelque personnages, vous trouvez seulement un mini poster dans le magazine.

L'Animage de mars survole ensuite quelques séries qui doivent commencer en avril, un mois riche en nouveautés, qui coïncide avec la rentrée scolaire japonaise. Il annonce le retour d'Ookiku Furikabutte, l'anime de baseball, un des premiers du studio A-1 Pictures, qui était venu en dire 2 mots pendant Japan Expo 2008. La première série s'était interrompue en plein début de tournoi, bien loin d'avoir fini d'adapter le manga original. Le 2ème volet s'intitule Natsu no Taikaihen.

Autre retour, celui de K-ON dont l'héroïne – ou l'anti-héroïne plutôt – Yui Hirasawa, continue de caracoler en tête du classement mensuel des personnages, masculins et féminins confondus. L'équipe de Kyoto Animation est reconduite pour travailler sur ce 2ème opus.

Après la vague de shôjô aï, Uragiri wa Boku no Namae o Shitteiru est un nouvel exemple de boys-love adapté en anime, sur fond d'aventure fantastique. Kaichô wa Maid-sama est une romance un peu plus classique mais sur un thème pas forcément plus net: Misaki Ayuzawa est une présidente des élèves intransigeante et très remontée contre la gente masculine. Cependant, après l'école, elle occupe un emploi de maid café pour aider aux besoins de sa famille. C'est quasiment une double identité et un jour, un des élèves du lycée, Takumi Usui, découvre son secret par hasard. Il accepte de ne rien dire à personne mais ce ne sera pas gratuit.

Senkou no Night Raid est aussi une production d'A-1 Pictures. L'histoire d'espionnage part sur un scénario original qui se déroule en Chine, en 1931, alors que le Japon avance ses pions dans le pays. Après So-Ra-Wo-To, il s'agit du 2ème titre qui résulte du projet Anime no Chakra, poussé par Aniplex et Tokyo Terebi, qui consiste à créer des séries complètement originales.

Le magazine passe rapidement sur Hakuôki, une histoire de samouraï, avec une fille travestie en homme. Bizarrement, il aborde aussi Shiki dans la foulée alors que l'adaptation n'est pas prévue avant juillet 2010.

Les pages suivantes traitent des séries en cours de diffusion, à savoir Durarara, Gintama, Inu Yasha, Vampire Bund, Fullmetal Alchemist, Nintama Rantaro et The book of Bantorra. Comme toujours, les rédacteurs ont réussi à insérer des articles sur les sempiternels hits d'antan,  Gudam Seed et Gundam 00 mais ils n'ont pas remis de Code Geass ce mois-ci.

Le journal comporte ensuite quelques fiches promotionnelles sur les écoles de doublage, puis les rubriques habituelles sur des interviews de doubleurs, les sorties musiques, cinéma et les événements au Japon, sans oublier les dessins des fans et coin pour Despera de Yoshitoshi Abe. Viennent ensuite s'ajouter vingt pages de listes de tous genres pour préparer les votes du 32ème Anime Grand Prix, dont les résultats sont publiés au mois de juin.

Enfin, la rubrique des news aborde peu les autres séries prévues en avril, si ce n'est la collaboration entre Ikkitousen - Xtreme Xecutor et Shin Koihime Musô et que Kiss x Sis devient une série télévisée. Pour les supporters d'Hinako, qui ont fait les exercices de mise en forme – sans m'étendre sur ce qui est mis en forme – je rappelle la sortie d'Isshoni Sleeping, où vous regardez la belle dormir. En fait le DVD joue sur l'interactivité avec les options disponibles dans le menu pour choisir les positions de sommeil et vous permet même de fixer l'heure du réveil.

Plus sérieusement, le film d'Ibara no Ô – King of Thorn, est annoncé pour le 1er mai 2010.  Le long métrage de 2 heures se passe dans un monde ravagé, où Kasumi se réveille, après avoir été placée en cryopréservation à cause d'un virus mortel. La date de sortie surprend car des avant-premières ont déjà eu lieu en Espagne et en Grande Bretagne dès octobre 2009.


Animage mars 2010

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Les anime de l'hiver 2010 (2/2)

Par Pazu le 26 février 2010 22:02 :: Découvertes :: 5 commentaires »

Suite et fin du panorama des anime de l'hiver 2010, avec Chu-bra, Ladies versus Butlers!, Baka to Test to Shôkanjû, Omamori Himari, Hanamaru Kindergarten et Katana Gatari. Je fais en revanche l'impasse sur plusieurs suites ou spin-off de séries existantes, telles que Weiss Survive R, Heart Precure, Hidamari Sketch Hoshimittsu, ou encore Harukanaru Toki no Naka de 3 - Owari Naki Unmei

Chu-bra, avec un titre pareil, annonce tout de suite la couleur dès les prémices du premier épisode. Nayu Hayama est une future styliste, fana des sous-vêtements pour tester personnellement les collections les plus osées sous son uniforme de collégienne. Elle fait également une fixation sur ses camarades qu'elle prend pour des mannequins libre service. Bref, sous couvert d'encensement de l'amitié, les scènes de fan service s'enchaînent, sur un faux rythme.

Ladies versus Butlers va encore plus loin et la première image est déjà une situation compromettante où Hino, le personnage principal se retrouve allongé sur une jeune fille, dont il tâte la poitrine opulente. Le semblant de scénario se déroule dans une école renommée, qui forme les futures gouvernantes et majordomes. Le premier épisode laisse plutôt penser qu'il n'y a que des filles mais quelques garçons traînent effectivement dans les parages.

Hino Akiharu est un garçon peu avenant avec sa cicatrice sur le visage, mais il vient pour intégrer l'établissement de prestige. Son arrivée est remarquée et il effraie malgré lui les filles qu'ils croisent, quand ce ne sont pas de malencontreux accidents qui le font passer pour un pervers. Il est finalement pris en charge par une élève senior qui calme le jeu. En revanche, Hino s'aperçoit que la fille qui l'a tiré de ce mauvais pas n'est autre que Saikyô Tomomi, une camarade de classe qui le torturait sans cess quand ils étaient ensemble en primaire. Sous ses couverts de jeune fille bien élevée, Saikyô dissimule toujours le même tempérament.

La série est tirée d'un light novel, dont la tendance coquine est reprise dans l'anime avec moult positions suggestives, une avalanche de filles diverses et variées pour constituer un harem fourni, sans oublier les étalage de poitrines nues pendant les scènes bains. Vous voyez le genre.

Baka to Test to Shôkanjû  est dans la lignée des séries frapadingue en partant d'un concept vidéo-ludique: Les élèves du lycée sont répartis par niveau dans des classes : Les plus brillants sont dans la classe A tandis que les cancres sont mis dans la dernière classe, la classe F. Les élèves de classe A ont droit a toutes les équipements, tandis que les classes suivantes ont droit à moins en moins de confort, au fur et à mesure que nous descendons dans la hiérarchie. La classe F se retrouve dans une salle en piètre état avec des tables basses en ruine, en guise de bureau.

Cependant, le bâtiment se double d'une interface virtuelle qui transforme l'espace en jeu vidéo géant, où les avatars des élèves peuvent s'affronter. La force des élèves aux combats virtuels est proportionnelle à leur connaissance et ils peuvent refaire le plein de points de vie en passant des examens de rattrapage.  Dans ce contexte, les classes entières peuvent se lancer des défis et l'enjeu est notamment l'accès aux équipements.

Le concept principal est peu avenant mais le début de la série a du charme avec des personnages mabouls, qui sorte des sentiers battus. Aucun ne se prend au sérieux et pour ma part, c'est l'une des rares séries de ce genre qui a réussi à attiré mon attention. La séquence des garçons terrassés pendant les rendez-vous amoureux est bien trouvée, ainsi que les plans de stratège qui tombent à l'eau.

Pourtant, le rythme s'essouffle déjà au bout d'une poignée d'épisodes, qui se de moins en moins des histoires classiques qui se déroulent dans un lycée lambda. L'environnement high tech et les règles originales sont de plus en plus délaissés.

Omamori Himari arpente des chemins plus traditionnels. Yûto Amakawa a perdu ses parents il y a 7 ans et depuis, son amie d'enfance Rinko Kuzaki prend soin de lui, tout en jouant les tsundere de service à son égard. Yûto porte toujours un talisman autour du cou, un souvenir de sa grand-mère plus qu'autre chose. En fait, le porte bonheur protège Yûto des forces maléfiques, qui voudraient bien se débarrasser du descendant d'un des plus puissants pourfendeurs de démons.

Le garçon rencontre un jour Himari, une jeune fille bien pulpeuse qui se montre tout de suite très entreprenante. Elle pénètre carrément dans son lit, en tenue très légère et sous sa véritable apparence : C'est une fille chat, au grand damne de Yûto, qui est justement allergiques aux poils félins. Hamari révèle qu'elle est un démon, dont la mission ancestrale est désormais de protéger Yûto avec son sabre, car le talisman qu'il porte a perdu de sa force au fil des années.

La petite vie tranquille de Yûto est chahutée par la présence de ce nouvel animal de compagnie, qui vient s'insérer dans sa classe, sous apparence humaine, suscitant la jalousie de Rinko.

Pas grand-chose à dire sur cet anime qui se situe dans la lignée des shônen ordinaires, tiré d'un manga commencé en 2007 et toujours en cours. Vous y trouvez quelques traces de fan service, sans sombrer dans des délires sans queue ni tête, tout au moins, jusqu'à présent.

Hanamaru Kindergarten est inspiré du manga éponyme, également commencé en 2007 et toujours en cours de publication au Japon. Le titre fait un parler de lui car la production est assurée par le studio Gainax et la réalisation est conduite par Seiji Mizushima, qui a dirigé les équipes de Bones sur la première série de Fullmetal Alchemist et travailler pour Sunrise pour réaliser les volets de Mobile Suit Gundam 00.

Comme son titre le laisse penser, le récit se déroule dans la cadre d'un jardin d'enfants, où exerce un professeur débutant, Naozumi Tsuchida, accroc aux jeux vidéos le soir et enclin à arriver au travail en retard le matin, malgré une bonne motivation. Il est le seul homme au milieu de collègues féminines et il a le béguin   pour l'une d'entre elle, Nanako Yamamoto, une jeune femme charmante, qui est à cent lieux de penser qu'on puisse tomber amoureux d'elle.

Parmi les enfants, se trouve la petite Anzu, la fille d'une sempaï de Tsuchida à l'époque du lycée.  Anzu se fait de nouvelles amies au sein du jardin d'enfants, Koume, toute timide et Hiiragi, très savante. La gamine est éprise de son professeur et bâtit des plans sur la comète pour attirer son attention mais toujours en vain. Je reste sceptique sur ce genre d'histoire.

Katana Gatari, le dernier anime de la liste, a un format original, avec 12 épisodes prévus de 50 minutes environs et un rythme de diffusion à la télévision d'un épisode par mois, soit un an au total pour voir toute la série.

L'histoire se déroule au temps des samouraïs avec une situation improbable, où Shichika Yasuri et sa soeur, Nanami, vivent sur une île déserte depuis 20 ans. Ils ont été exilés avec leur père, décédé depuis peu et qui était la tête de l'école Kyotô. Ce dernier maîtrisait un art martial capable de rivaliser à mains nues avec les techniques de sabre.

Shichika a hérité des connaissances guerrières de son père et il est devenu une force de la nature, tout en manquant cruellement de connaissances sur le monde extérieur. D'ici à le comparer avec tarzan, il n'y a qu'un pas, si ce n'est qu'à défaut de savoir-vivre, il s'exprime correctement et il a l'air de savoir lire et écrire.

Dans ce décor, débarque Togame, une jeune fille qui se présente en tant que générale stratège du shôgun et qui cherche à recruter Shichika, afin de retrouver et rassembler 12 sabres légendaires. Un seul sabre eux suffit à battre des milliers d'hommes et donc à défier le pouvoir central.

Togame est acculée car les autres personnes compétentes à qui elle a fait appel avant, l'ont toutes trahie. Appâtés par l'énorme valeur pécuniaire des sabres, certains ninjas véreux ont détourné les armes pour leur propre compte, tandis qu'au contraire, des samouraïs droits et imbus par leur honneur, n'ont pas pu résister au fait de posséder enfin un des sabres légendaires. Mus par quelque poison maléfique issu des sabres, Ils ont été incapables de s'en défaire au profit de leur suzerain.

Après ses échecs précédents, Togame a donc cherché un autre candidat idéal pour l'aider dans sa mission et son choix s'est porté sur l'héritier de l'école Kyotô. Reste le plus dur, à savoir convaincre un garçon, qui vit coupé du monde et des soucis, et qui n'a aucune envie de quitter son île.

Le dessin des personnages, repris par Tsuyoshi Kawada pour l'anime, est inhabituel et peut vous faire fuir, notamment avec ces yeux et ces nez particuliers, qui donnent un air nostalgique des grands films de la Toei des années 1960. En revanche, dès la première seconde, vous devriez tout de suite remarquer la bande originale. Si les génériques sont agréables mais sans surprise, les musiques de fond sont exceptionnelles, même si venant de Taku Iawasaki, c'est attendu: Il a déjà brillamment composé pour d'autres anime, tels que Ruronin Kenshin, Gurren Lagann, Kekkaishi, Kuroshitsuji, Read or Die ou encore le film Origine.

Le récit s'inspire encore d'un roman d'Ishin Nisio, le même auteur que pour Bakemonogatari, ce qui laisse présager une intrigue sympathique. Pour un titre d'action, le rythme est équilibré avec une mise en scène qui se permet de longues scènes de dialogue. Le scénario comporte aussi quelques fantaisies mais avec beaucoup moins de divagations que dans Bakemonogatari. Cela se rapproche plus d'une certaine poésie, malgré quelques passages abrupts, où des personnages sont quand même tués. Les traits humoristiques récurrents permettent de conserver une atmosphère légère.

Quelque part cela rappelle l'impression perçu devant la découverte Kaiba, qui ne paye pas de mine au premier abord, surtout graphiquement, mais qui se révèle ensuite excellent, même si Kaiba est vraiment un cas extrême par rapport à Katana Gatari.


Katanagatari

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Death Note - Raconte moi un manga #5

Par Ludwig le 25 février 2010 18:02 :: Manga :: 2 commentaires »

Death Note est devenu un manga classique incontournable, mais voici une présentation originale, la version Père Castor!

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Compte rendu de l'avant-première de Summer Wars

Par Pazu le 24 février 2010 14:02 :: Manifestations :: 5 commentaires »

Hier soir avait lieu l'avant-première de Summer Wars à Paris, en présence de son réalisateur, Mamoru Hosoda, dont c'est le deuxième grand projet personnel, après la Traversée du temps, en 2006.

Habituellement, je fais le déplacement pour voir tel ou tel auteur ou réalisateur japonais en chair et en os, sans trop me préoccuper du programme des projections. C‘était le cas pour les soirées avec Rintarô et Sunao Katabuchi. Pour la séance de Summer Wars, ma motivation était plus de découvrir le film que de voir son auteur. En effet, cela fait presque 2 ans, que je voyais régulièrement des encarts à propos du long métrage dans le magazine Animage, des textes qui donnaient envie d'en savoir plus. Le film est sorti au Japon le 1er août dernier et nous avons donc eu la chance de le découvrir en avant-première sur grand écran, avant même la sortie du DVD japonais en mars prochain.

La projection en avant-première a été annoncée 2 semaines avant que les billets soient disponibles et le buzz a bien fonctionné, avec la vente de tous les tickets en moins de 48 heures. Certes, c'est loin d'être exceptionnel pour certaines personnes habituées à prendre des billets en ligne pour des spectacles où les places s'écoulent en 30 minutes – je ne pense à personne en particulier.

En revanche, cela donne une salle 6 de l'UGC Ciné Cité des Halles complète et une fière allure devant Mamoru Hosoda, par rapport à des travées désertes, en pleine journée, pendant des festivals anonymes. Le réalisateur a pu avoir un bon panel pour scruter scrupuleusement nos réactions pendant le film. A la fin de la projection, nous lui avons prodigué une standing ovation. Sans doute peu habitué à ce genre d'accueil très chaleureux, le geste l'a quelque peu ému, mais d'un autre côté, son film a visiblement beaucoup plu, à entendre ci et là les réactions des uns et des autres. 

Pour éviter de se retrouver mal placé, il fallait venir tôt avant le début de la séance ou avoir quelqu'un dans la queue pour vous réserver un siège. Pendant l'attente, Mamoru Hosoda est passé en compagnie de M. et Mme Kaze – normal car ils sortiront le film en DVD – avec M. Kurokawa en guise de traducteur. Il y avait toujours et encore M. Animeland mais dans la queue, comme tout le monde.

Après une rapide introduction et le temps que tout le monde trouve une place, la projection a pu commencer. J'avais juste aperçu quelques images tirées du film et me rappelais de quelques lignes de synopsis, qui ont la particularité de ne rien dévoiler sur l'essence même du film.

En bref, le jeune Kenji Koiso passe son été dans son club à faire de la maintenance de bas étage sur Oz, un monde virtuel, une espèce de Second Life des temps modernes. Passe par leur bureau la plus jolie fille du lycée, Natsuki Shinohara, qui a besoin de l'un d'entre eux pour un travail, qui se déroule chez sa grand-mère, en pleine campagne. Kenji est enrôlé, accompagne Natsuki dans son périple et débarque en pleine préparation de la célébration des 90 ans de la doyenne de la famille, une aïeule étonnamment alerte pour son âge.

L'atmosphère bucolique change du tout au tout après des événements qui surviennent dans Oz, un monde plus ancré dans la réalité que sa nature virtuelle le laisse penser. Je n'irai pas plus loin dans l'histoire pour vous laisser le plaisir de découvrir l'intrigue par vous-même.

Avec un peu de recul, Summer Wars aborde des thèmes déjà relatés par ailleurs, pas forcément ensemble mais qui sont souvent le sujet principal de séries, de livres ou d'autres longs métrages. La force d'une oeuvre n'est pas de faire croire qu'elle a le concept révolutionnaire – la réalité est que tout a déjà été plus ou moins vu dans d'autres titres – mais dans la manière dont l'histoire est racontée. C'est ce que j'ai réellement apprécié dans Summer Wars, partagé entre l'impression de déjà vu et l'excellence du rendu, notamment au niveau des émotions.

C'est d'autant plus fort que je n'ai pas accroché à la bande originale, qui a pour mission d'accentuer les effets visuels. Là, tout est passé via les images et la mise en scène de Mamoru Hosoda. Vous passez de la joie à la tristesse en un rien de temps.

La traversée du temps était une jolie romance fantastique mais son rythme est relativement lent. Certains pourront regretter la touche de poésie portée par le film précédent du réalisateur japonais et feront la fine bouche devant l'animation de certaines scènes dans Summer Wars. Le caractère des personnages principaux est relativement peu approfondi si ce n'est tout à la fin, de manière très conventionnelle. Le nombre de protagonistes secondaires peut également donner le tournis.

En revanche, le tempo de Summer Wars est très soutenu et d'ailleurs, Mamoru Hosoda a pensé son long métrage comme un film d'action, même s'il s'agit plus de mélange détonnant de scènes de combats avec des moments beaucoup plus tranches de vie.

De ce côté-là, le film a des arguments pour être grand public, et est tout sauf un titre d'auteur, confidentiel et soporifique. Point de vue marketing, il se rapproche tout à fait des productions Ghibli, avec quelques originalités qui ont marqué les spectateurs qui ont demandés des compléments d'information sur le sujet pendant la courte séance de questions réponses, qui a eu lieu après la projection.

L'un a remarqué le soin pour montrer des enfants avec tous les types historiques de DS de Nintendo mais aucune PSP de chez Sony. Mamoru Hosoda a déclaré être un grand fan de Nintendo, surtout du fait que le célèbre Shigeru Miyamoto, le père de Mario Bros, ait été son sempai pendant ses études. Le réalisateur japonais est même allé s'excuser auprès de Miyamoto d'avoir montré des DS dans son film  alors que ce dernier était ravi de ce coup de pub gratuite.

Pour concevoir l'univers d'Oz, Mamoru Hosoda s'est inspiré de la réalité de l'internet d'aujourd'hui, en imaginant les habitudes de demain, avec la progression galopante des besoins de communication. L'ensemble donne une image crédible, plus qu'un rêve de science fiction. Mamoru Hosoda s'est lui-même pris au jeu et il nous a sorti que cela le démangeait de ne pas twitter là, juste à l'instant.

Il a parlé de l'idée d'origine du film, et notamment d'un des aspects, inspiré par sa propre expérience. Sur le point de se marier, Mamoru Hosoda a du rencontrer sa belle famille, qu'il a découvert d'un coup et il a trouvé l'idée intéressante à exploiter pour son prochain film. Kenji se retrouve en effet confronter à toute la descendance de la grand-mère de Natsuki, avec le lot de cousins et petits enfants à divers degrés.

Du coup, Mamoru Hosoda a abordé les liens familiaux dans le monde réel, tout en mentionnant que des rapprochements tout aussi forts peuvent se créer dans le monde virtuel. Il a tenu à conserver une posture neutre et équilibrée, en traitants les deux problématiques en parallèle, sans les confronter. Il s'est gardé de souligner l'aspect superficiel des relations dans les mondes numériques ou de traiter les réunions familiales de concept ringard.

A ce sujet, le réalisateur japonais s'est excusé de nous sortir un speech un peu téléguidé mais il s'agit du résultat des 18 interviews qu'il a du enchaîner en 24 heures, depuis qu'il est en France.

A un spectateur qui soulignait de fortes similitudes entre les personnages de Summer wars et Superflat Monogram, Mamoru Hosoda s'est contenté de dire que c'étant naturel, en tant que réalisateur de Superflat Monogram et il revenu sur la genèse de ce clip commandé par Louis Vitton. Il avait été contacté sur ce projet sorti en 2003 après son film Digimon, dirigé chez la Toei Animation, en 2000.

Une autre personne dans le public a demandé à Mamoru Hosoda s'il n'était pas obnubilé par les chiffres, en référence à la Traversée du temps et ses chronomètres, et les vagues successives de nombres dans Summer Wars. Le réalisateur a trouvé la question originale, car jamais posée que ce soit au Japon ou en France mais il n'a pas trouvé de réponse pertinente à donner.
 
Mamoru Hosoda est revenu sur le concept de son film, où le suivi d'un monde virtuel et d'affaires de famille lui a paru un concept bancal, tout au moins pas très vendeur. Le jour de la sortie au Japon, il avait quelques appréhensions, qui se sont heureusement rapidement dissipées et le film a connu de meilleurs résultats qu'escomptés.

Fort de succès, Mamoru Hosoda a son ticket en poche pour se lancer dans un nouveau film, qui est en cours de gestation. Il a juste indiqué qu'il aborderait visiblement des thèmes différents, loin du numérique et des mondes virtuels, avec beaucoup moins de personnages dans son histoire. Il nous a surtout donné rendez-vous dans 3 ans, le temps qu'il estime nécessaire pour mener son prochain projet à  terme.

Avant cela, je vous conseille vivement d'aller voir le film à sa sortie en France, le 9 juin 2010, si jamais vous avez la chance d'aller dans un cinéma qui le projette. Plusieurs scènes sont vraiment faites pour le grand écran.

 
Avant-première Summer Wars

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Le manga Ashita no Joe

Par Ludwig le 22 février 2010 18:02 :: Manga :: 2 commentaires »

C'est avec une pointe d'émotion que je vous présente un manga pas comme les autres, parce qu'il s'agit certainement d'un des mangas ayant le plus marqué le public japonais.

Ashita no Joe est paru en 1968 dans le célèbre hebdomadaire de la Kodansha, le Weekly Shônen Magazine. Plus de 40 ans après, c'est par un froid matin de janvier 2010 que nous avons enfin pu le trouver dans les librairies françaises, paru aux éditions Glénat.

L'histoire se déroule dans un quartier très pauvre de Tokyo où règnent misère, violence et insalubrité. C'est justement à cet endroit qu'atterrit le jeune Joe Yabuki, une racaille de 15 ans: Incontrôlable, violent, manipulateur, tête brûlé et j'en passe, Joe fait très rapidement la rencontre de Tange Danpei, un alcoolique notoire qui s'est illustré par le passé en tant que boxeur pro.

Après une vive altercation entre eux deux, le vieil homme se rend instantanément compte que Joe renferme un potentiel qui pourrait en faire rapidement un boxeur professionnel de premier plan! Cependant, la fougue de Joe, qui apprécie plus que tout, de faire le contraire de ce que vous attendez de lui, le plonge dans de graves ennuis et seul Danpei et ses leçons de boxe "pour le bien de demain" peuvent le tirer de là. Je n'en dévoile pas davantage et si vous voulez en savoir plus, vous devinez ce qu'il vous reste à faire!

Quels sont donc les éléments qui permettent de dire qu'Ashita no Joe, littéralement Joe de demain, se dresse au rang de manga culte au Japon? Citons d’abord une anecdote frappante: Lors de la mort d'un des personnages principaux du manga, certains fans ont instauré de réelles funérailles. Ensuite, dans bon nombre de mangas plus récents, se glissent des clins d'oeil à Yabuki Joe, que ce soit dans High School ! Kimengumi, G.T.O ou encore 20th Century Boys. Enfin, sachez que plusieurs dessinateurs célèbres de mangas dont, au passage, Masami Kurumada, le père de Saint Seiya, ont trouvé leur vocation par le biais de cette oeuvre écrite par feu Asao Takamori, à qui nous devons le fameux Tiger Mask, et dessinée par Tetsuya Chiba.

Concernant l'aspect technique, la réalisation générale - mise en case, plans, rythme, dessins - est en parfaite adéquation avec l'époque et les fans d'Osamu Tezuka, de Shotaro Ishinomori ou de Mitsuteru Yokoyama seront dans leur univers! Scénaristiquement parlant, le premier volume s'efforce de poser très solidement les bases de l'intrigue, des personnages et de l'ambiance. Peut-être trop, diront certains et ce, au détriment de l'avancée du scénario.

La peinture faite de la pauvreté de certains quartiers du Japon de l'époque y est poignante tout comme les difficultés de vie du milieu carcéral - aurais-je spoilé? - Bien évidemment, nous trouvons tout le panel des idéaux chers aux coeurs des jeunes japonais comme le courage et la ténacité de Tange Danpei  Tout ce qui fait un bon nekketsu!

Sincèrement, j'espère vous avoir donné l'envie de découvrir l'univers d'Ashita no Joe qui est peu connu du public français. Effectivement, la première série animée n'a jamais vu le jour dans l'hexagone et la seconde série n'a eu qu'une faible diffusion sur la Cinq à l'époque. Heureusement que la chaîne Mangas et qu'IDP ont permis au public français de (re)découvrir ce mythe. Alors, plongez-vous dans Ashita no Joe même si vous n'êtes pas particulièrement fan de boxe. Croyez-moi, vous-y trouverez votre compte!


Ashita no Joe

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Compte rendu de la carte blanche à Katabuchi Sunao

Par Pazu le 10 février 2010 15:02 :: Manifestations :: 2 commentaires »

Une quinzaine de jour après le passage de Rintarô, avait lieu la carte blanche accordée à Sunao Katabuchi au Forum des Images, à Paris. La formule est la suivante : Le réalisateur concocte un programme à l'aide d'extraits de films qu'il souhaite présenter au public et entre deux projections, il commente son choix ou en profite pour aborder un sujet qu'il lui tient à coeur.     

L'événement se composait de 2 séances, la première à 19h et la seconde à partir de 21h théoriquement. Dans le cas de Katabuchi, le premier volet était consacré à des films d'animation qui l'ont influencé ou bien marqué, tandis que la suite devait concerner ses propres travaux, de la série Sherlock Holmes à Mai mai miracle.

Le réalisateur est en France pour assister à de nombreuses projections de son dernier film Mai mai Miracle mais aussi de son précédent, Princesse Arete, au cours de festival dans la banlieue parisienne. En consultant les horaires prévus, il suit un périple marathon, avec parfois plusieurs séances par jour du matin au soir, dans des lieux différents et rien que l'intervention d'hier était déjà difficile selon ses propres dire car il venait d'arriver du Japon la veille.

Je n'ai assisté qu'à la première session, la deuxième séance devant commencer en plus en retard.  Indépendamment des speechs du réalisateur, je regrette surtout d'avoir manqué une nouvelle projection du fabuleux pilote de Little Nemo.

Pendant sa carte blanche, Katabuchi a commencé par être verbeux avant d'effectuer des interventions beaucoup plus courtes, pressé par le temps. Le bon point est que le programme prévu a été complètement respecté et que tous les extraits ont pu être diffusés, en ce qui concerne la première partie. 

Les trois premiers extraits ont été projetés ensemble et il s'agit de classiques de l'animation japonaise : D'abord le film de 1963 Wanpaku-ôji no Orochi-taiji - Le Prince-garnement terrasse la Grande Hydre -, puis des scènes du Chat Botté, parmi celles animées par Hayao Miyazaki et enfin un bout d'épisode d'Haha wo Tazunete Sanzenri - Trois mille lieux à la recherche de maman -, une série réalisée par Isao Takahata.

Wanpaku-ôji no Orochi-taiji a une place particulière pour Katabuchi. Tout d'abord, c'est le premier film d'animation, qu'il se souvient d'avoir vu pendant son enfance, dans le cinéma tenu par son grand-père. Ensuite, le film a une importance historique pour l'animation japonaise, comme beaucoup de titres de l'âge d'or de la Toei.

L'extrait visionné, avec un combat dans les cieux, démontre une touche à la japonaise, qui se démarque des productions américaines de l'époque. Les personnages sont dépeints de façon différente et la mise en scène n'hésite pas à exploiter les vues en perspective, au lieu de suivre des mouvements latéraux plus simple à animer. Le résultat donne l'impression d'avoir été pris avec une caméra en prise de vue réelle, au lieu d'un montage image par image. Enfin, autre élément personnel, son mentor, qui l'a formé à l'université et aidé à ses débuts, faisait aussi partie du staff du film.

Le deuxième titre, Le Chat Botté, a également une connotation personnelle car ce film a marqué la fin de carrière d'exploitant de salle de son grand-père. Sur ce long métrage, le réalisateur Kimio Yabuki a laissé beaucoup de liberté à ses animateurs et notamment l'écriture des storyboards, selon les scènes attribuées à chacun.

Le moment de la fuite du jeune couple dans la tour, face au méchant, a été confié à Hayao Miyazaki et c'est cet extrait qui a été diffusé. Il est indéniable de retrouver la patte du réalisateur, remarqué par Katabuchi, qui souligne la construction de la fuite dans les airs, acculé, un moment que vous retrouvez ensuite dans les films de Miyazaki, notamment Laputa, le château dans le ciel ou encore le château Cagliostro.

Ce genre de scène a permis à Katabuchi à savoir comment fonctionnait Hayao Miyazaki et lui a facilité la son travail lorsqu'il a fallu collaborer avec lui sur Sherlock Holmes.

Pour Haha wo Tazunete Sanzenri, alors qu'il s'agit juste d'une série télévisée, l'originalité est d'avoir une thématique grave et sérieuse, bien loin des histoires légères habituelles. Katabuchi a mentionné la justesse de la description du petit garçon principal, confronté à un dilemme pendant la scène projetée. La date de diffusion marque aussi le passage du réalisateur de l'enfance à l'âge adulte, et une nouvelle maturité de l'animation japonaise.

Les morceaux suivants ont été des courts métrages classiques dans le monde de l'animation.  Rythmetic est une production canadienne, co-réalisée par Norman McLaren et Evelyn Lambart, qui date de 1956 et a été primé par un ours d'argent à Berlin. Le film joue sur les chiffres et les opérations. Je ne compte plus les projections du Hérisson dans le brouillard (1975), du russe Youri Norstein, qui a donc été rediffusé ici, encore une fois.

Les extraits suivants sont plus originaux et modernes, avec d'abord La Sirène (1997) d'Alexandre Petrov suivie de la Belle au Bois d'or (2001) de Bernard Palacios. Petrov a eu recourt à une technique impressionnante de peinture à l'huile appliquée sur du verre, qui fait que chaque image est un tableau. Pas étonnant qu'il ait passé 2 ans à concevoir et photographié les quelques 30 000 plans nécessaires pour les 10 minutes d'animation.

La Belle au Bois d'or est beaucoup plus simple mais aboutit à une composition aussi complexe, avec un scénario ancré dans l'air du temps, qui peut faire office de métaphore pour beaucoup de situations rencontrées aujourd'hui.

Si mes souvenirs sont bons, en 2001, Jacques Colombat et Sunao Katabuchi avaient participé à une session commune, à l'occasion de la projection de Princesse Arete. Ce soir, le réalisateur japonais en a profité pour diffuser un extrait de 5 minutes de Robinson et Compagnie  en présence de son réalisateur français, qui était dans la salle pour assister également à la carte blanches. Vous trouviez d'autres têtes connues dans les travées, tels que Mme Kaze ou M. Animeland.

Le dernier extrait était un film amateur d'étudiants, Cemedain Bond et le train G17, une course poursuite endiablée. Le résultat est loin de la prouesse de Daicon IV mais l'ensemble est honorable et comporte des passages dignes de l'humour de Tex Avery. L'amusant est de savoir que son réalisateur, Hiroshi Hara, est maintenant dentiste.

Je conclus cet article en vous listant les extraits prévus pendant la seconde partie: D'abord l'épisode phare de Sherlock Holmes, le Rubis Bleu, réalisé par Hayao Miyazaki, puis le pilote de Little Nemo, puis Kiki la petite sorcière, suivie par La cité des Canons, un des sketches de Memories, puis Lassie adaptée en anime, puis la bande annonce de Princesse Arete, puis une cinématique du jeu Ace Combat 04, suivie par du Black Lagoon et enfin, un extrait de Mai Mai Miracle.


carte blanche sunao katabuchi

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Les anime de l'hiver 2010 (1/2)

Par Pazu le 07 février 2010 00:02 :: Découvertes :: 2 commentaires »

J'aborde aujourd'hui de nouvelles séries qui ont commencé depuis quelques semaines déjà au Japon, à savoir Seikon no Qwaser, Ôkamikakushi, Nodame Cantabile - Finale, Cobra the Animation, Durarara!, Dance in the Vampire Bund et So-Ra-No-Wo-To.

Le manga de Seikon Qwaser paraît déjà en France, sous son titre international, Qwaser of Stigmata, depuis plus d'un an. Le dessinateur, Kenetsu Sato, est également celui des mangas My  Hime et My Z Hime. Dans Qwaser, différents clans religieux se déchirent pour mettre la main sur une icône, au sein d'un conflit qui touche désormais l'école Saint Mikhailov et notamment 2 de ses élèves, Mafuyu et Tomo. Elles font la connaissance de Sacha, un garçon taciturne, d'origine russe. Celui est un Qwaser, un guerrier capable de manipuler les éléments, l'acier en ce qui le concerne. Il se dresse contre les adeptes d'une secte qui détiennent également des pouvoirs et tentent de s'infiltrer dans l'établissement.

L'intrigue est plutôt classique avec le présence du beau gosse ténébreux qui se chamaille avec l'héroïne, bien vite dépassée pendant les combats. La particularité, dans cette mode Queen Blade, est de voir – "deviner" est plus juste – le guerrier recharger sa jauge de pouvoir en tétant directement au sein des jolies filles. Son critère de beauté canon tend à considérer si la fille est une bonne laitière ou pas, et il n'hésite pas à tâter et sous peser les poitrine pour se faire une idée, le plus sérieusement du monde.

Ôkamikakushi traite son sujet avec moins de fan service. Le jeune Hiroshi Kuzumi emménage dans une nouvelle ville, avec sa soeur handicapée et son père, un écrivain. Sa nouvelle voisine, Isuzu Tsumuhana, lui tombe carrément dans les bras dès leur première rencontre. A l'école, il est accueilli bras ouverts par les autres élèves, à l'exception peut être de Nemuru Kushinada, qui jette un froid sur la classe à chaque fois qu'elle intervient. Les premiers jours s'écoulent paisiblement pour Hiroshi et sa famille mais des événements mystérieux se déroulent la nuit. Des personnes disparaissent sans laisser de traces, sans que personne ne s'en émoi en ville.

Inspiré d'un visual nouvel, dans la lignée d'Higurashi no naku koro ni, l'histoire prend son temps. Les premiers épisodes sont plutôt constitués de scènes champêtres ennuyeuses, avec quelques sauts pour dévoiler des brides du mystère. Difficile de savoir si l'intrigue va valoir le coup ou si le soufflé va retomber. A part les exécutions nocturnes, la mise en scène manque de punch et la sauce a du mal à prendre malgré les efforts pour faire monter la pression.

Nodame Cantabile est une valeur sûre après un première série entière et un deuxième volet sur Paris, très court. Je me souviens d'un très bon avant dernier épisode et du coup, plus trop de la fin proprement dit de la 2ème saison. Nodame Cantabile Finale reprend le duo Chiaki Nodame à Paris, en train de poursuivre leur parcours, l'un à la tête d'un orchestre et l'autre dans une école de musique auprès de professeurs prestigieux.

La nouvelle saison reprend les mêmes formules avec le comportement atypique de Nodame, qui fait sourire ou bien les interludes musicaux qui fait découvrir les morceaux de musique classique. L'ambiance générale me semble en revanche beaucoup plus sérieuse, avec des personnages qui mûrissent et des situations délicates à gérer. A suivre, donc.

Autre grand classique, Cobra fait son retour dans une série télévisée alors que ses nouvelles histoires ont connu des adaptations récentes en OAVs. Les détracteurs trouveront l'anime mal ficelé sans oublier l'univers ultra kitsch. Non seulement, le personnage se montre plus macho que jamais, avec son éternel cigare et son psychogun mais le scénario traînent des vieilleries dignes de la série de 1982, tel que le dictaphone à cassette.

D'un autre côté, malgré sa qualité technique et son âge, l'ancienne série continue à être regardable, notamment grâce à ses histoires originales, ce qui est loin d'être le cas de beaucoup de titres de l'époque. L'opus de 2010 réussit à conserver cette qualité, avec ses successions de récits en un ou plusieurs épisodes. La première histoire est un peu poussive, avec un air de déjà vu. La seconde, confère quelques détails originaux, avec ce mélange plaisant anachronique entre la science fiction et les légendes anciennes.

Je me suis intéressé à Durarara! pas parce qu'il s'agit du même auteur de roman que pour Baccano mais à cause de la participation de  Suzuhito Yasuda au character design original. Il est l'auteur du manga de Yozakura Quartet, que j'ai apprécié plus à cause du charisme de ses personnages, que de son intrigue ou même de son univers.

Durarara! se démarque des autres productions en cours de diffusion, avec une mise en scène spéciale, bien servie par des personnages frappadingues. Le début se résume à l'arrivée de Mikado Ryûgamine à Ikebukuro, où il retrouve son complice d'enfance, Masaomi Kida, qui l'initie à la vie et aux dangers du quartier. L'ensemble est un tableau édulcoré entre les combats et les meurtres sauvages, les phénomènes paranormaux, les êtres surnaturels et les romances à l'eau de rose.

Le titre présente une originalité dans son concept mais il est difficile de conclure que l'histoire va suivre un scénario digne d'intérêt. Un soin certain est quand même apporté pour cerner les différents personnages, au fil des épisodes, en les faisant découvrir sous des angles différents. Par exemple, vous finissez par découvrir une once d'obscurité dans Masaomi, le lycéen toujours enjoué.

Dance in the Vampire Bund surfe sans doute sur le succès des histoire de vampire avec une entrée abrupte: Le premier épisode révèle l'existence des vampires en chair et en os, à la télévision, après une attaque en direct. La suite est l'annonce d'une demande de création d'un état indépendant, réservé aux vampires, sur une île artificielle, à l'intérieur du Japon. Leur chef est une princesse, à l'apparence juvénile physiquement mais d'âge mûre.

L'intrigue joue sur les différentes rivalités qui existent entre les factions et les complots qui visent la princesse. Un autre pan du scenario repose aussi sur les relations de la femme prisonnière de son corps d'adolescente, avec son garde du corps. C'est tout à fait une partie du dilemme abordé  dans le film Entretient avec un vampire, où le personnage joué par Kirsten Dunst n'a aucun espoir de séduire l'être qu'elle aime mais qui ne la voit que comme une petite fille. Je ne suis pas fan des dessins ni des combats gores mais le premier épisode démontre un effort pour essayer d'être original.

So-Ra-No-Wo-To surprend en revoyant des personnages avec les mêmes traits que ceux de K-On, et parfois le même caractère! A cela vous pouvez rajouter que la musique a sa place dans So-Ra-No-Wo-To, où au moins 2 des personnages jouent d'un instrument. La cadette Kanata Sorami, jeune clairon, est mutée dans un fort isolé près de la frontière, aux contreforts d'une région désertique. L'endroit est d'autant plus tranquille que la paix règne désormais sur le pays et le fort n'est occupé que par 5 femmes soldats en tout, avec un ravitaillement défaillant et un char en continuelle réparation.

Filicia Heideman, la responsable hiérarchique de la place a adopté des règles très souples pour guider sa petite troupe, où les grades ne sont pas utilisés mais d'un autre côté, elle tient un semblant de discipline en continuant les divers exercices de combat. La majorité du temps est cependant réservé à vivre au quotidien, sans que trop se souvenir qu'il s'agit d'un groupe de militaires, en les voyant faire leurs courses ci et là dans la ville adjacente au fort.

L'intérêt de suivre l'anime est loin d'être certain avec des épisodes plein de bon sentiment et des situations ridicules, où les cadettes font tout un pataquès d'un fantôme qu'elle défie dans une aile du château, chargées comme des mulets. En revanche, la qualité de la série retient l'oeil. Les paysages conçus par le directeur artistique, Masatoshi Kai sont tout simplement sublimes. Ah la ville, quelle ville! Ce monsieur Kai a une filmographie impressionnante: Il est au crédits des décors sur  Akira, les 2 films de Ghost in the Shell, le Château Ambulant, Jin Roh, Metropolis et Millenium Actress, pour ne citer que les plus connus. D'autres petits plus enrichissent l'anime tels  que la scène de la rencontre de Kanata avec son modèle, qui lui a donné sa vocation, les différentes traditions ou encore la fameuse mélodie.


So-ra-no-wo-to

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