Animint
Anime & manga
L'Animage de juillet 2009
Par Pazu le 31 juillet 2009 19:07 :: Découvertes :: 1 commentaire »
Le magazine refait un tour rapide de quelques séries du printemps, finies ou pas, dont les premiers épisodes sortent sur le marché de vidéo en DVD ou Blue-ray : K-ON, Sengoku Basara, Hayate no Gotoku II, Higashi no Eden, Pandora Hearts ou encore 07 Ghost, qui a droit à un petit traitement de faveur avec un article plus conséquent que pour les autres titres.
Les nouveautés sont abordées mais réduite au série qui ont commencé au tout début du mois : Bakemonogatari, Sayonara Zetsubô Sensei III et Taishô Yakyû Musume. Il est également question du long métrage Evangelion 2.0 mais les deux pages sont plus de l'ordre de l'encart publicitaire qu'autre chose, avec la présentation des goodies assorties, telle que la panoplie collector de 6 paquets de café de 250 grammes, à l'effigie des personnages.
Le court article suivant, sur Musashi le rêve du dernier samouraï, que vous avez pu en avoir première à la maison de la culture du Japon au début du mois, est plus classique. Frontier Graffiti, le prochain long métrage de Shoji Kawamori, est abordé au dos d'un poster de Macross Frontier.
Au milieu de tout cela, les rédacteurs ont réussi à insérer deux pages sur Code Geass pour marquer la sortie d'une édition spéciale, Zero Requiem, de la deuxième série en DVD. Surprise aussi avec deux pages traitant de la suite de Darker than Black, une suite produite par le studio BONES.
Vous avez droit ensuite à des semi plaquettes commerciales d'écoles japonaise pour se former à l'animation ou au doublage, qui mettent en encart les témoignages de leurs illustres anciens élèves qui travaillent sur les séries actuelles.
Ce mois-ci marque le 31ème anniversaire du magazine, qui fait quelques opérations spéciales telles que proposer des cartes postales dédicacées de Gundam 00. L'entretient avec Daisuke Ono, qui a également 31 ans a été mis dans ce numéro. Ono est un doubleur prolifique qui a prêté sa voix sur une centaine d'anime, sans oublier une bonne vingtaine de jeux vidéos.
L'autre interview du mois réunit trois scénaristes expérimentés du monde de l'animation japonaise: Ichiro Ôkôchi (Code Geass, Brave Story), Hiroyuki Yoshino (Macross Frontier, My Otome) et Mari Okada (True Tears, Toradora, Kuroshitsuji, Canaan).
Ensuite, les brèves d'actualités mentionnent le retour du space battleship Yamato, sous forme de film, en décembre 2009, plus de 25 ans après le dernier film produit. L'histoire devrait se dérouler en l'an 2220, soit 21 ans après la série originale. On devrait quand même retrouver les personnages originaux mais les producteurs ont l'air d'avoir abuser des images de synthèse en 3D pour animer les vaisseaux.
Il y a aussi un petit mot sur le premier film de Nanoha et sur l'adaptation au cinéma de Bungaku Shôjo par le studio I.G.
Enfin, pour ceux qui connaissent les OAVs d'Agent Aika, le filon continue toujours à être exploité et un nouvel opus, Aika Zero, arrive le 25 août. 2009.

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Une semaine d'anthologie
Par Hikaru-San le 22 juillet 2009 19:07 :: Découvertes :: 5 commentaires »
Mercredi Après-midi: Séance de dédicaces avec Shin'ichirō Watanabe à la Fnac de Montparnasse
Arrivé 30 minutes avant l’heure pour éviter la foule, ce fût une surprise de voir une affluence aussi moyenne. Une bonne trentaine de personnes à tout casser dont la plupart étaient confortablement assis , une pièce climatisée à proximité du rayon livre, un système de tickets pour la file d‘attente, bref une remarquable organisation.
M. Watanabe et ses interprètes arrivaient un peu en avance, l’ensemble des fans se regroupait en attendant la très précieuse dédicace de ce grand monsieur. Mon tour arrivé, mon collector de Cowboy Bebop n’attendait que ça avec une phrase qui a bien faire rire M. Watanabe et son interprète.

M. Watanabe s’est ensuite pris au jeu des photos avec classe, la preuve en image:

Bref, une excellente après-midi. La semaine venait de commencer et j’étais déjà aux anges, mais le meilleur était encore à venir.
Vendredi matin: Japan Expo
Personnellement, le premier jour de Japan-expo est habituellement réservé aux achats.
Dybex a eu la remarquable idée d’accompagner la sortie du collector "Rahxephon Pluralitas Concentio" d’illustrations de Quon et d’Ayato. Rahxephon étant l’une de mes séries préférées, je me devais d’acquérir cette illustration. Cette offre étant limitée, il ne restait plus qu’une dizaine d’illustrations, exclusivement d’Ayato, mais j’ai pu récupérer une illustration de Quon grâce à une aide précieuse.
Sitôt fini, direction Asian-quest et leurs prix monstrueux. Les intégrales de Witch Hunter Robin, Planètes et consorts à 15 euros. Il n’en fallait pas plus pour faire "saigner" ma carte de bleue, avant de faire couler définitivement mon compte en banque chez Manga-Distribution avec leur braderie habituelle.
Mon budget achats parti en fumée dés le premier jour, je pris la direction de Kultigame et ses stands archi-bruyants pour assouvir une autre de mes passions: les jeux vidéos. L’hypnotisant Bayonetta m’attendait, malheureusement pas de version jouable, mais une présentation par un membre du staff de Platinium games.
En résumé une bonne matinée passée à la Japan-expo. Et là vous allez me dire "seulement", et oui car pour moi l’événement majeur de ce vendredi ne se passait ici, mais plus au sud avec la venue de Natsuki Takaya.
Vendredi après-midi: Séance de dédicaces avec Natsuki Takaya à la Fnac des ternes
Enorme différence avec la conférence de mercredi, tout d’abord le service de sécurité, très aimable d’ailleurs, était fortement représenté. Impossible de passer à coté sous peine d‘être gentiment plaqué par un homme d‘au moins 90 kilos, aucune photo n’était permise, si bien que l’on m’a demandé de mettre mon appareil photo et mon portable dans un sac fermé.
Enfin l’affluence, essentiellement féminine, était largement supérieure à celle de Watanabe-san. Natsuki Takaya dédicaçait uniquement sur un ex-libris dont le format était assez semblable à celui d’une carte postale, aucun mot juste votre prénom au format original était toléré.

Après une bonne heure d’attente et de conversation, ce fut mon tour. Natsuki Takaya est un petit bout de femme très souriante, mais j’ai trouvé son staff un peu trop encombrant et sinistre. Malgré cela j’étais vraiment heureux d’obtenir mon précieux sésame et de voir l’une de mes muses du pays de soleil levant.
La journée n’était pas encore finie, la Maison de la Culture du Japon a eu l’excellente idée d’organiser en parallèle de la Japan-expo son propre festival, dans lequel se mêlaient projection et expositions. Ce vendredi était diffusé le film d’Eureka seveN, en route pour la station Bir-hakem.
Vendredi soir: Eureka seveN le film
La projection commença après une présentation d’une trentaine de minutes. Je ne vais pas revenir sur la qualité du film, mes premières impressions étaient positives mais j’aimais beaucoup l’animé.
Puis vint une discussion de 30 minutes ou les spectateurs pouvaient poser leurs questions à M. Tomoki Kyoda et Masahiko Minami, respectivement réalisateurs et producteurs. Une question m’a interpellé sur l’interprétation de la fin de la série d’origine et sa connexion avec le film. Une autre, sur les émoluments perçus, a soulevé l’hilarité générale de l’assistance. La demoiselle se voulait insistante, et M. Minami était un peu gêné à aborder les questions pécuniaires.
Après un très grand merci à l’attention M. Minami et Kyoda pour ce très bon moment, je pris la très sage résolution de rentrer me reposer pour demain.
Un samedi somptueux en perspective, malheureusement ce ne fut pas le cas.
Samedi matin et après-midi: Grève, déjeuner puis Japan Expo.
En ce très beau premier samedi de juillet, je pris paisiblement la direction de la gare du Nord.
Arrivé sur le quai du RER B, une sensation bizarre m’envahit "Etrange, il n y’a pas beaucoup de monde"/
Un petit message retentit alors " En raison d’une agression sur un membre du personnel, le trafic est fortement perturbé sur la ligne B du RER, les trains à destination de l’aéroport Charles de Gaulles sont déplacés en gare de surface". Ma plus grande crainte se matérialisa, un mouvement de grève lors de Japan-Expo. Ensuite c’est le drame, un quai ultra bondé. Moi qui souhaitais me rendre à la dédicace d’Akemi Takada, je pris la sage décision d’aller me restaurer paisiblement sur La défense en attendant que la transhumance se termine.
Aux alentours de midi, La circulation était encore perturbée mais c’était plus vivable que le matin. Arrivé sur le coup de 13 heures au parc des expositions, jamais je ne suis allé aussi rapidement pour rentrer dans le salon, 10 minutes montre en main.
Direction encore une fois le stand Dybex pour questionner le responsable sur la séance de dédicace de M. Minami, réponse : "Un achat sur notre stand est une condition indispensable y participer, hé hé hé" Evidemment, après avoir grassement participé à la valorisation de votre chiffre d’affaire la veille, je suis très heureux d’apprendre cela, merci et à bientôt.
Petit tour vers le stand d’information pour voir la queue quotidienne colossale destinée aux Clamp, une bonne trentaine d’élus, ou survivants, auront l’immense privilège d’obtenir leur sésame. La queue pour Akemi Takada était beaucoup moins impressionnante, mais un échec cuisant allait suivre.
Le système du premier arrivé, premier servi est un merveilleux système, surtout quand vous échouez lamentablement pour une dizaine de personnes. Un EPIC FAIL mémorable qui restera gravé dans ma mémoire.
Attristé et avec une forte envie de me défouler, je me rendis sur l’énorme stand Nintendo pour tâter du Muramasa, et ce jeu va être une tuerie bien plus qu’un Odin sphère du même groupe. S’en est suivi un petit détour sur le stand de Beez pour m’offrir le premier volume de Gurren Lagann et prendre en photo une maquette grandeur nature de l’armure d’or du sagittaire - Qui est, je le rappelle, le plus fort des chevaliers d’or. Pourquoi? Parce que c’est mon signe du zodiaque.
Calmé et plus joyeux direction le hall 4. Le sémillant Grégoire Hellot, ex Joypad et silver mousquetaire de France five, grand manitou des éditions KuroKawa accompagné de M. Minami producteur et big boss du génialissime studio Bones, nous offrait une conférence agréable sur l’adaptation des mangas en animés, à travers les exemples de Soul Eater et Fullmetal Alchemist. Une conférence que j’ai du écourter car une divinité se déplaçait à la MJCP, l’une de mes idoles Shoji Kawamori, créateur de Macross et Mecha désigner de génie.

Samedi soir: Un moment inoubliable, Shoji Kawamori à la MCJP .
Sur place, l’affluence était encore moins importante qu’hier, mais j’ai pu faire quelques connaissances. Même planning hier, mais cette fois pour la projection des deux premiers épisodes de Basquash. Un animé que je connaissais déjà.
Le clou du spectacle fut une séance de dédicace improvisée par Kawamori-san. Je n’avis pas de support adéquat, mais grâce à l’immense générosité de fans j’ai pu obtenir un support pour immortaliser ce moment. Malheureusement et pressé par un collègue, il dû écourter cette séance et stoppait ces croquis, je n’ai eu droit qu’a une signature du maître mais cela me suffit amplement, car si je n’avais pas vu Macross par sa déclinaison Robotech lors de mon enfance, peut-être ne serais-je jamais devenu un amateur d’animation japonaise.
Après avoir remercié la gorge nouée par l’émotion Kawamori-san et salué mes heureux donateurs, je pouvais prendre un repos bien mérité. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à croire que j’ai rencontré cette personne, merci encore pour l’ensemble de votre oeuvre.

Dimanche après-midi: Des conférences magistrales.
Après avoir effectué une queue minimaliste, je prenais la direction de l’espace conférence pour un après-midi reposant et enjoué. Je ne vais pas revenir en détails sur les conférences, notre cher Pazu a effectué un très bon compte-rendu.
Premier arrivant à 13h30 pour Shin'ichirô Watanabe. A l’image de notre rencontre du mercredi, Watanabe a beaucoup joué, sur l’humour et l’autodérision tout en retraçant les différentes étapes qui ont marqués sa carrière professionnelle, ses goûts, ses inspirations, etc. Une heure et demie très intéressante à l’image de cet homme.
Sur le coup de 15h10, ce fut au tour d’Akemi Takada la vraie, l’unique. Après avoir raté magistralement les différentes séances de dédicaces, je suis resté bouche bée devant tout ce talent.
Sous nos yeux ébahis, elle réalisait différentes esquisses, dont une de Madoka Ayukawa, l’égérie de Kimagure Orange Road. L’une était destinée au salon, l’autre après interrogation fut adressée au gagnant d’un Jenkenpon géant entre Mme Takada et le public.
J’ai tenu jusqu’au quatrième tour, avant une énième défaite. L’heureux élu doit être content, enfin je l’espère. En ce qui me concerne j’étais déjà heureux d’apercevoir l’une de mes idoles de prés, le reste aurait été du bonus.
C’est sur une standing ovation que ces deux artistes quittèrent leurs conférences respectives. Avec le coeur heureux je me rendis vers le "main stage" pour écouter le Geek music show et ce fut le drame, le spectacle a probablement été remplacé ou déplacée au profit de la Naruto Fiesta. Génial!
J’ai décidé de faire toutes les activités que je n’ai pas pu faire avant, en commençant par prendre des photos de cosplay. L’un d’entre eux était vraiment impressionnant.

Ensuite direction le stand de Nintendo pour jouer un peu au monstrueux Sin and Punishment 2 et Mario Bros Wii, qui s'annonce marrant à plusieurs, avant de faire un peu de sport au Batting Center.
Pour finir en beauté direction le stand Gameblog.fr, sur le coup de 19h15, pour contempler l’effet de 48 heures de Japan-Expo sur toute l‘ancienne bande de Joypad durant une démonstration de Street Fighter IV.
C‘est dans un état de fatigue extrême mais heureux d‘avoir aperçu des guets stars célèbres que je me tournais vers la sortie, le retour à la vie réelle commença.
En définitif, j’ai passé une excellente semaine, grâce notamment au festival de la MJCP, aux dédicaces de la Fnac et aux conférences de la Japan-Expo. Vivement l’an prochain.

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Les anime de l'été 2009 (1/2)
Par Pazu le 16 juillet 2009 20:07 :: Découvertes :: 2 commentaires »
G.A. Geijutsuka Art Design Class, adapté du manga éponyme, vous plonge dans une école d'arts graphiques, avec des personnages aux caractères plutôt spéciaux si jamais vous les croisiez dans la réalité. En revanche, pour une série comique, nous retrouvons les archétypes connus des protagonistes qui partent dans leur délire.
Je suis complètement resté hermétique devant le premier épisode mais je reconnais l'originalité d'aborder des thèmes liés au design, entre deux sketches. Vous avez la démonstration des propriétés des peintures, plus ou moins efficaces et adaptées aux travaux, mais il est difficile d'en extraire quelque chose d'intéressant si l'humour à coup de personnages SD - super deformed - vous passe au-dessus.
Bizarrement, Sora no no Manimani passe mieux alors que c'est loin d'être l'anime du siècle : Saku a vécu une expérience traumatisante dans sa petite enfance, où il a du supporter la petite Mihoshi, une féru des étoiles, qui l'emmenait de force dans ses expéditions. La veille de son départ définitif, cela s'est soldé par un séjour à l'hôpital pour Saku. Sept ans après, il revient habiter en ville et intègre le lycée. Manque de pot, Mihoshi, qui fréquente le même établissement le repère et lui saute dessus, comme si c'était son amour d'enfance. Par la même occasion, elle veut l'enrôler dans le club d'astronomie qui manque de monde.
Bref, non seulement, c'est vu et revu mais en plus, vous sentez que cela ne va pas voler bien plus haut que lorsque cela a commencé. Techniquement et visuellement, il n'y a rien d'extraordinaire mais le côté classique rend l'ensemble plus que supportable. Je dirai que le côté burlesque est plus digeste.
Pour l'instant, Umi Monogatari - Anata ga Ite Kureta Koto, est à classer dans les gentilles histoires en revisitant le conte des petites sirènes qui veulent se frotter aux hommes. Le récit commence doucement avec une bague qui finit au fond de l'eau et deux créatures de la mer, Marin et Urin, qui veulent la rendre à son ou sa propriétaire. Les voilà parties à la surface et elles finissent par trouver l'heureuse détentrice, Kanon, une lycéenne, qui n'a qu'une envie, se débarrasser du bijou, qui lui a été offert par son ex qui l'a plaquée méchamment.
Le premier épisode permet aux personnages de se rencontrer et se termine sur une note fantastique, avec l'apparition d'une force visiblement maléfique. L'aspect tranche de vie devrait laisser la place à une histoire plus axée sur l'aventure mais même si le prologue s'achève sur un suspense intenable, je doute que j'aille m'y intéresser de plus près.
Au premier abord, Aoi Hana, est la bonne surprise du lot, avec un récit cent pour cent tranche vie au début. Le character design est plaisant, avec un style de dessin remarquable et des décors extrêmement bien fait. La série se déroule à Kamakura, un endroit très touristique, que vous êtes amené à visiter un jour ou l'autre si vous allez au Japon. Vous reconnaîtrez facilement des paysages et notamment les gares et les trains caractéristiques du coin, qui vous replongent dans une région sympathique.
Le récit met en scène deux amies d'enfance, Akira et Fumi, qui se sont perdues de vue, suite au déménagement de Fumi. Dix ans après, alors que Fumi est revenue avec sa famille, elles se rencontrent par hasard dans le train mais sans se reconnaître. Fumi est devenue une belle jeune fille, grande et élancée, alors qu'enfant, elle était plus petite qu'"Acchan", petit garçon manqué, qui s'est féminisée au fil des ans mais qui n'a pas beaucoup grandi. Finalement, elles découvrent qui elles sont lorsque leurs mères respectives se revoient en leur compagnie.
L'histoire avant à son rythme, lentement, avec des petits riens, mais sachez que Aoi Hana est avant tout un manga Yuri – amour entre filles – à l'origine. Le premier épisode comporte quelques prémices mais dès le deuxième, c'est parti à fond, donc si cela n'est pas votre tasse de thé, vous n'allez pas faire long feu devant la série.
L'OVNI du mois s'intitule Bakemonogatari, une production du studio Shaft. Koyomi Araragi est en dernière année du lycée et fait étonnant, il semble s'intéresser à une fille de sa classe, Hitagi Senjôgahara, alors qu'il en reste en général distant avec ses camarades. En fait, il vient de la réceptionner alors qu'elle tombait dans le vide et il l'a trouvée très légère. En sortant de la classe, il se fait agresser par la jeune fille, qui lui plante carrément un cutter et une agrafeuse dans la bouche, en le sommant d'arrêter de poser des questions à son sujet.
Cependant, contrairement aux apparences, Koyomi est un garçon exceptionnel, avec une capacité de guérison surnaturelle. En fait, il a failli devenir un véritable vampire et il décide de présenter Hitagi au mentor qui l'avait fait redevenir humain.
Les premières scènes laissent craindre une intrigue sans queue ni tête, à coups d'envolées lyriques abracadabrante mais à la réflexion, l'histoire tient la route, avec une bonne logique, en faisant abstraction des personnages frapadingues. La réalisation peut choquer, avec la succession de plans coupés et de motifs colorés qui donnent du rythme et qui reflète la marque de fabrique de l'équipe technique.
Dès que vous tombez dessus, vous reconnaissez les recettes visuelles utilisées dans Ef - a tale of melodies et d'Ef - a tale of memories et bingo, il s'agit de la même personne aux commandes : Akiyuki Shinbo, donc pas de surprise outre mesure. A la rigueur, les effets sont mieux adaptés à une histoire fantastique qu'à un récit ultra romantique. Le tableau met quand même beaucoup de temps à se mettre à place et le premier épisode sonne un peu creux.
Canaan est la série qui s'appuie des valeurs sûres, une intrigue à suspense et de l'action à foison, avec des personnages charismatiques. Le premier épisode débute en pleine festivité à Shangaï, où la snipper Canaan est en prise avec des hommes en main, qu'elle abat après moult acrobaties et après avoir emmené son amie photographe en sécurité, hors de la scène d'action. Visuellement, c'est réussi et la réalisation impose un rythme soutenu, en omettant toute éclaircissement sur les acteurs et les enjeux, afin de vous faire nager en plein mystère et distiller les éléments goutte à goutte.
Petite remarque, le réalisateur est Masahiro Ando, pas extrêmement connu mais qui a été propulsé à la direction du film Sword of the Stranger, qui est sorti au cinéma, en France, en mai 2009 alors qu'il n'avait pas une énorme expérience de réalisation. Canaan est d'ailleurs la première série qu'il réalise. Il était jusqu'à présent que réalisateur d'épisodes sur True Tears ou encore Rahxephon.
Tokyo Magnitude 8.0 est sans doute le titre, le plus attendu, car il s'agit d'une nouvelle production du studio Bones, après la semi déception de X'amd Lost Memories et après le film d'Eureka Seven, à la tournure inattendue. Le récit est une sorte de fiction réalité car il s'agit de relater les impacts du prochain grand tremblement de terre que tout le monde prédit et qui ravagera Tôkyô : Le big One. La série montre quelques images choc au début mais revient rapidement sur la vie banale de Mirai Onosawa, une collégienne qui entame ses grandes vacances d'été sans entrain, avec des parents qui se disputent. Elle doit accompagner son petit frère à une exposition sur les robots, où elle finit par s'ennuyer. Alors qu'elle l'attend à l'extérieur, la terre se met à trembler.
Le character design signé par Atsuko Nozaki fait pâle figure par rapport à ce que nous avait habitué le studio jusqu'alors, même si l'animation reste bonne, sans être exceptionnelle. Le scénario entre dans le vif du sujet après une période inévitable pour mettre les personnages en situation. A suivre pour se faire une meilleure idée.

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Monster - Raconte moi un manga #2
Par Ludwig le 12 juillet 2009 22:07 :: Manga :: Aucun commentaire »
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Japan Expo 2009 - L'édition des dix ans (4/4)
Par Pazu le 09 juillet 2009 19:07 :: Manifestations :: 3 commentaires »

Après quelques photos, je passe du côté de la salle de conférence, où il allait être question du film d'Eureka Seven, avec deux personnes du studio Bones, Tomoki Kyoda le réalisateur et Masahiko Minami, le producteur. En attendant, mon contact repéré dans la queue arrive dans la salle et me montre un ex-libris de Madoka Ayukawa, mon personnage féminin favori, avec mon prénom dessus. J'en suis resté sur le cul. En fait la question que je n'avais pas saisie, c'était "est-ce que tu es intéressé par une dédicace ?". Non seulement il s'est désisté à mon profit mais en plus, il s'est tapé la file d'attente. Comme quoi, on tombe sur des gens bien.

Passons maintenant à la conférence Eureka Seven, qui a commencé d'amblée avec des questions réponses. S'il y avait des fans de la série dans l'assistance, il eut quand même une question demandant de quoi il s'agissait comme "manga" au juste.
Les invités sont revenus sur leur idée de faire des robots surfeurs, ce qui est un concept plutôt révolutionnaire. En fait, la véritable trouvaille a été de concevoir des vaisseaux qui flottent dans les airs comme ils le feraient sur l'eau et de cette idée a découlé naturellement le concept de mechas qui pouvaient surfer.
Toujours sur la série, quelqu'un a posé la question qui turlupine tout bon fan, à savoir pourquoi le titre officiel international s'écrit Eureka seveN avec un N majuscule à la fin. La réponse est qu'il n'y a pas de signification particulière, juste une raison esthétique et les deux invités ont été d'accord pour rejeter la responsabilité sur une troisième personne, qui n'était pas présente à la conférence.

Une personne de l'assistance a remarqué de forte similitude entre Xamdou no Bônen et Eureka Seven. Pour Tomoki Kyoda et Masahiko Minami, les deux titres ont juste en commun d'être des œuvres originales et d'avoir suivi la même approche dans leur conception, mais les similitudes s'arrêtent là, selon eux.
Concernant encore la série, nous avons eu une explication sur le changement de design général pour la deuxième partie des épisodes, design que certains n'ont pas du tout aimé. Le scénario a provoqué un changement dans les personnages donc il était logique d'effectuer une modification sur les mechas. Cependant, les équipes d'animation ont obtenu que le nouveau design comporte moins de traits afin de faciliter leur tâche. D'où en contrepartie, cette impression de baisse de qualité.
Cette deuxième partie est également plus sombre que la première, avec pourtant un épisode ovni en plein milieu, avec une séance délirante de football sur le vaisseau, qui parait bien incongrue. En fait, le staff du studio Bones est composé de férus de soccer – suffisamment pour faire interrompre le travail pendant la coupe du monde - et ils se sont fait plaisir avec cet épisode.
Le producteur Masahiko Minami a essayé de qualifier le style du studio Bones, qui ne se révèle pas d'office dans ses anime, mais plutôt dans sa capacité à réunir des créateurs de talents.

Pour le film, il a été question du sous-titre différent entre l'édition japonaise et la version internationale, mais sans véritable explication, juste que c'était l'idée d'un autre producteur de l'équipe.
Quelqu'un a voulu savoir si comme pour Escaflowne, le film d'Eureka Seven avait un fond plus adulte et plus mâture. Les invités ont plutôt insisté sur son côté plus romantique. L'approche est différente de la série, avec un message à communiquer en une seule séance, en essayant de toucher un public élargi, pas seulement ceux qui ont vu la série.
Pour le réalisateur, le budget conséquent a joué surtout sur le nombre de personnes qui pouvaient participer au projet. Il faut savoir que l'animation du film a été entièrement faite à la main, sans ordinateur. En dehors de cet aspect d'équipe, les moyens financiers mis à sa disposition n'ont pas eu beaucoup d'impact, notamment sur la qualité du travail. C'est surtout le format en lui-même qui a modifié sa réalisation, avec un large écran qui lui a permis d'insérer des scènes aériennes grandioses.

Après la conférence, j'ai bifurqué vers la scène principale pour assister à mon premier défilé de cosplay de cette édition 2009, étant donné que j'étais occupé ailleurs la veille. Des écrans géants retransmettaient le spectacle, composé de prestations individuelles et groupes, mélangées. Les groupes avaient pas mal de temps pour faire leur show, tandis que les personnes seules avaient juste le temps de faire l'aller retour quand elles prenaient la peine de s'avancer sur le fronton de la scène, devant le jury et les photographes accrédités.
Les gens ont trouvé les costumes moins tape à l'oeil qu'à d'autres manifestations ou d'autres éditions mais pour ma part, j'ai été impressionné par le premier groupe Five Stars Stories qui a un peu écrasé le concours, à mes yeux.

Après le cosplay traditionnel, qui a bien duré deux heures, l'événement du jour était la séance suivante, avec le cosplay spécial personnages de Clamp, avec les Clamp en guise de jury. Chacune d'entre elles devait choisir son préféré et les quatre devaient ensuite faire un cinquième choix commun, le super gagnant.
Les quatre invitées se sont d'abord présentées sur la scène avant de rejoindre leur place avec leurs accompagnateurs, juste devant la presse. Les consignes strictes qui les concernaient – style pas de photos – laissaient présager d'avoir des stars du genre robots programmés et bien en fait, pas du tout. Elles étaient très expressives et rien qu'en les observant réagir devant les différentes prestations, j'ai pu deviner une grosse partie du futur palmarès, genre "ah celui-là, elles ont aimé".

Bon point aux organisateurs qui ont du faire des présélections le matin face au nombre de cosplayeurs inscrits pour cette session, mais qui les ont laissés défiler en un seul groupe à la fin du concours, devant les Clamp. C'est très sympa de les avoir permis de participer à la fête, beaucoup mieux en tout cas que le World Cosplay Summit, où les recalés n'ont que leurs yeux pour pleurer de ne pas avoir été sélectionnés. Les quatre japonaises ont pris leur rôle de jury au sérieux, en poussant un gros ouf de soulagement quand on leur a dit que les derniers participants étaient hors concours.
Il a fallu de longues minutes pour qu'elles délibèrent avec finalement, quelques officiels qui sont venus un peu presser le mouvement. La remise des prix a eu lieu dans la foulée avec souvent des gagnants en larmes – ce qui a également ému beaucoup les quatre invitées par forcément conscientes de la passion qu'elles peuvent engendrer chez certains - en train de recevoir leur cadeau, à savoir des goodies rares et des dessins des auteurs. Elles ont même désigné avec un prix spécial un couple de gagnants supplémentaires par rapport à ce qui était prévu au départ.

Bref, une opération séduction réussie. Notez également un nombre non négligeable de cosplayeurs venus de toute l'Europe, avec des anglais, des hollandais, des italiens ou encore des espagnols. Les grands gagnants du cosplay Clamp ont d'ailleurs été deux jeunes espagnoles, qui ont du faire la convention de leur vie.
A la fin du concours, il devait être 17 heures passé et je me tâtais pour savoir si je restais tranquillement sur place ou si je prolongeais ma journée pour une excursion à la Maison de la Culture du Japon. Il fallait savoir que l'organisme à côté de la Tour Eiffel tenait un mini festival de folie avec des invités prestigieux et des projections inédites, le tout gratuitement, dans la limite des places disponibles. Les billets étaient disponible 45 minutes avant chaque séance. Ce soir là, ils projetaient le film Eureka Seven, en avant première.
Honnêtement, je pensais qu'il allait y avoir foule, notamment pour les séances du soir et je me disais que le temps de faire le trajet depuis Villepinte, j'allais arriver un peu juste pour pouvoir récupérer une entrée. Heureusement, je suis tombé en plein sur un attroupement massif de free hugeurs, avec pas mal de gens de la sécurité aux alentours, ce qui m'a motivé pour quitter les lieux au plus vite, après un bref passage à la salle culturelle.

J'ai croisé du monde sur le chemin et finalement nous sommes arrivés sans problème à bon port, avec peu de personnes dans la salle. Défaut de publicité sur l'événement? D'un autre côté, je n'ai rien remarqué à l'extérieur du bâtiment qui indiquait quoi que ce soit sur la manifestation. A l'entrée de la Maison de la Culture, un garde de la sécurité et le portique vous attendait. Si j'ai bien compris, la fréquentation n'a pas été meilleure les autres jours. Quel dommage.
La salle au sous-sol était spacieuse et les mêmes invités que pour la conférence du matin à Japan Expo sont arrivés, avec des intervenants différents pour animer et traduire. Ils ont entamé une discussion visiblement préparée à l'avance, pendant une petite demi-heure, juste avant la diffusion du film, qui a ensuite duré près de deux heures.

Je reviendrai sans doute une autre fois sur ce long métrage, qui m'a laissé un souvenir mitigé, plus à cause de sa complexité qu'autre chose – mes voisins se demandaient s'ils n'avaient rien compris parce qu'ils ne connaissaient pas la série - et à la sortie de la projection, j'ai fini par le comparer avec The End of Evangelion.
En gros, j'ai retenu l'exercice de style, où avec 60% d'images repris de la série, l'équipe de Bones est parvenu à composer une histoire complètement différente. Ce qui m'a le plus perturbé est de voir des personnages être repris avec un caractère complètement différent. Un gentil du Gekkokate dans la série est une véritable ordure dans le film. D'autre part, l'ensemble m'a paru manquer de rythme, malgré les belles scènes d'action aérienne, qui servent plus d'interludes qu'autre chose, ce qui rend le récit un peu décousu. En revanche, le générique de fin m'a beaucoup séduit, que ce soit visuellement ou musicalement.
Je conclus ainsi la série de comptes rendus sur la 10ème édition de Japan Expo, avec cette journée du vendredi, finalement la plus dense, plus d'un point de vue personnel, que d'un point de vue objectif, si vous vous en tenez au programme.

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Japan Expo 2009 - L'édition des dix ans (3/4)
Par Pazu le 08 juillet 2009 20:07 :: Manifestations :: 3 commentaires »
Rien de bien changé du côté des accès coupe file, aussi bien réservés aux billets premium de différents niveaux qu'aux cosplayers inscrits aux défilés du matin. Les responsables de queue dirigeaient les autres visiteurs carrément vers un autre Hall dans les hauteurs, avec un premier temps d'attente. Chacun suivait un chemin différent qu'il avait pris un forfait sur plusieurs jours, un ticket un jour ou qu'il n'avait pas encore son billet.
Après le Hall, il fallait avancer dans les méandres des barrières pour atteindre l'entrée et l'armée de préposés pour valider les billets. D'après les témoignages recueillis, la queue avançait relativement vite et encore une fois, celui qui acceptait de rater quelques dizaines de minutes de convention attendait moins que celui qui campait sur place depuis les aurores et qui de toute manière se faisait passer devant par les détenteurs des billets prioritaires, en ce qui concernait les dédicaces par exemple.

J'ai du faire la majorité de mes photos de stands le dimanche matin, un autre moment calme de la Japan Expo, mais je ne reviendrai pas dessus, étant donné que je les ai déjà passé en revu dans le compte rendu du jeudi.
Je suis arrivé à la fin de la conférence tenue par Sophie Audoin-Mamikonian, une personne très souriante, auteur de romans de fantasy et notamment de Tara Duncan.

La conférence suivante a débuté avec Moriyasu Taniguchi, un vétéran de l'animation, qui est resté avec poste de pur animateur, en ayant peu goûté aux character design ni fait de réalisation à proprement parler.
Pierre Giner a présenté la carrière de l'invité japonais, qui est venu du métier de la publicité pour venir travailler chez Osamu Tezuka. Il a ensuite créé son propre studio, Anime Air, qui a la particularité de se situer dans la région d'Osaka, alors que toutes les autres enseignes sont souvent sur Tôkyô.
A cette époque, Tanuguchi avait peu de commandes mais il a eu moins de pression sur les livraisons et a pu passer du temps pour fournir un résultat de qualité, qui lui vaut d'être remarqué par les autres grands acteurs du milieu, tels que Tetsunoko avec Gatchaman ou encore Sunrise avec les City Hunter. Plus tard, il a aussi participé à des projets avec DIC, la société de Jean Chalopin et des coproductions outre atlantiques, telles que les Cosmocats.
Expert dans son domaine, Moriyasu Taniguchi est reconnu pour savoir animer des personnages dans des kimonos et de ce fait, a été engagé dans plusieurs titres phares tels que Ruronin Kenshin, Nabari no ô ou encore Samurai Champloo.

Après ce préambule, Moriyasu Taniguchi a entamé un dessin de City Hunter. En même temps, il répondait brièvement aux questions du public.
Il a donné plus de détails sur son parcours professionnel qu'il a commencé dans la publicité, au moment où les spots en prise de vue réelle ont pris le pas sur les réclames sous forme d'animation. Arrivé à un tournant de sa carrière, il a décidé de basculer complètement dans l'industrie de l'animation, en pensant avoir acquis l'essentiel grâce à son expérience dans la publicité. Il a eu la surprise de découvrir un milieu complètement différent, où il a du revoir ses bases et refaire ses classes pour apprendre le métier.
Il a cité Godard parmi les cinéastes qui l'ont inspiré dans son métier et se déclare inconditionnel de Moebius dont il loue la polyvalence et la largesse d'esprit.
Quelqu'un lui a demandé quel avait été le travail le plus difficile. Ce à quoi il a répondu Gatchaman et Samurai Champloo, en précisant qu'il avait beaucoup apprécié cette dernière série, qui lui a permis de s'exprimer. Il a beaucoup aimé l'ambiance de travail et les échanges qu'il a pu avoir avec le réalisateur, Shinichiro Watanabe, et le character designer, Kazuto Nakazawa. Plus tard dans la conférence, il a cité d'ailleurs Samurai Champloo parmi les trois séries qui l'a le plus marqué, les deux autres étant Votoms et City Hunter.
Il est revenu sur le plus des oeuvres originales comme Samurai Champloo, qui ne sont pas inspirées d'un manga, qui offrent plus de retours financiers pour les producteurs et plus de liberté pour les créateurs comme lui : Pour effectuer un changement, il n'a qu'à convaincre le réalisateur, sans être prisonnier des contraintes d'une licence.
La marge de manoeuvre est certes plus importante mais la pression est beaucoup plus forte, à cause de l'incertitude qui plane quant à la réussite du titre. En partant d'un manga à succès, on peut considérer que la moitié du chemin est déjà parcourue et la pression est moins forte.
Moriyasu Taniguchi doit aussi beaucoup travailler avec le character designer, qui possède le personnage, quelque part. Avec le réalisateur, ils multiplient les réunions à trois et notre vétéran a besoin de saisir les personnages qu'il doit animer, non seulement au niveau purement graphique mais également dans le fond. C'est essentiel.

Il a prodigué quelques conseils à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l'animation. En rappelant que c'est un métier mal payé et éreintant – tout au moins au Japon -, il a recommandé de prendre des cours adéquats et de passer son temps à dessiner, en multipliant les sujets mais également les poses.
La problématique qu'il rencontre en tant qu'animateur est de pouvoir s'adapter à des prises de vues, qui dépassent largement les mises en scène académiques. Il faut pouvoir retranscrire toutes les situations possibles rencontrées dans la vie.
Pour lui, les parties du corps délicates à dessiner vont des hanches aux pieds et il constate que beaucoup de ses collègues contournent la difficulté en coupant le plan au niveau du buste.

Il a dit aussi quelques mots sur l'arrivée de l'ordinateur, notamment son usage systématique actuel dans l'animation des mecha, les robots. Il reconnait dans le résultat une fluidité améliorée, plus de pureté et plus de beauté. En revanche, il regrette que l'animateur ne ressente plus la majesté et le dynamisme des traits des dessins. Selon Moriyasu Taniguchi, cette absence de relation avec le dessin chez les nouveaux animateurs est vraiment synonyme de perte de savoir.
Arrivé au terme de la dédicace publique, la conférence s'est terminée et j'en ai profité pour faire un tour du côté de la salle principale pour voir à quoi ressemblait le Quiz du Chaos de la Flander's Company. Cependant, la salle n'était pas encore ouverte et plusieurs nouvelles files d'attente attendaient sagement, en débordant largement dans le salon.
J'ai enchaîné un peu plus tard avec la conférence de Shinichiro Watanabe, le réalisateur de Cowboy Bebop et de Samurai Champloo. Avec ses lunettes noires et son visage fermé, Shinichiro Watanabe donne l'impression du personnage strict mais il n'a pas arrêté de blaguer et de jouer l'auto dérision pendant sa conférence, qu'il a entamée par un speech pour présenter lui-même son parcours professionnel.

Très tôt, il a eu envie d'être réalisateur mais les budgets pour les films live étant généralement pas terribles dans l'industrie cinématographique japonaise selon lui, il a préféré se diriger vers le milieu de l'animation. Il entre chez Sunrise mais occupe des postes de subalterne pendant cinq ans, qui n'ont pas grand-chose à avoir avec le poste qu'il projette d'avoir.
Il sert entre autres, de chauffeur de voiture ou s'occupent de suivre des réalisateurs excentriques, qu'il doit traquer quand ils disparaissent les jours, où ils doivent livrer quelque chose.
Il a connu ensuite des postes plus adéquats en étant réalisateur sur des épisodes particuliers, notamment sur les séries Gundam. Il était cependant sous la houlette du réalisateur de la série. Cette période a aussi duré cinq ans.
Avec Macross Plus, il atteint enfin l'échelon au-dessus mais il est, dans les faits, l'assistant de Shoji Kawamori le créateur de Macross, grand fan de maquettes, non pas à ses heures perdues mais pendant le travail.
Sur Cowboy Bebop, il est enfin seul aux commandes et met en images tout ce qu'il souhaitait faire jusqu'à alors. Dès sa première série, il fait un gros dépassement de budget. En plus, la chaîne de télévision qui doit diffuser la série considère la série comme étant trop adulte et seuls 13 épisodes sur les 26 passent à la télévision. Cependant, le succès est au rendez-vous et il poursuit après avec le film de Cowboy Bebop.
Les frères Wachowski étant devenus de gros fans des aventures de Spike, ils l'approchent pour réaliser deux épisodes d'Animatrix. Shinichiro Watanabe croit à une plaisanterie mais finit par comprendre que c'est sérieux en rencontrant les deux réalisateurs. Ceux-ci se désolent que la production de Cowboy Bebop soit fini mais Shinichiro Watanabe n'a aucune envie de s'enfermer dans cette voie, qui transformerait le titre en saga Star Treck jusqu'à ses soixante dix ans.

Vient ensuite la période Samurai Champloo, encore une œuvre originale. Un manga existe mais il a été dessiné après l'anime. Là encore, la série n'est pas diffusée en entier à la télévision et s'interrompt à l'épisode 17 alors que le scénario a une trame générale, avec le voyage pour retrouver le samouraï au tournesol, à travers tout le Japon. Le dénouement ayant lieu plusieurs épisodes après, des téléspectateurs ont trouvé bizarre cette série, qui semblait finir en queue de poisson. Shinichiro Watanabe a fait la remarque qu'il n'a pas ce genre de soucis avec les fans à l'étranger, étant donné qu'ils connaissent ses titres uniquement via les DVDs sortis.
Enfin, Shinichiro Watanabe a abordé Baby Blue le court métrage qu'il a dirigé pour la compilation Genius Party, du studio 4C. Après avoir rencontré un autre réalisateur qui ne faisait jamais de mal à ses personnages, il s'est aperçu que chez lui, il y avait toujours des morts. Un peu pris par le remord, il a enfin fait un film, où personne ne meurt, un essai "pour s'excuser de beaucoup de choses" en fait, d'après l'expression qu'il a utilisée.
J'ai quitté la conférence au moment où commençait la session des questions réponses avec le public. Cette fois-ci, je voulais voir le cosplay des 10 ans, après avoir reconnu quelques têtes dans le microcosme, à l'entrée, le matin, et qui ont du participer au défilé. Malheureusement, j'ai pu constater que le programme avait une à deux heures de retard, car le quiz du Chaos était toujours sur la scène principale.

J'ai fait une croix sur le défilé car je voulais absolument profiter de la conférence publique d'Akemi Takada, l'illustratrice de renom, qui a été character designer sur les séries cultes des années 80, genre Urusei Yatsura, Creamy Mami et Kimagure Orange Road.
Plus qu'une conférence, l'artiste a préféré montrer comment elle travaillait et a peint devant le public sur des esquisses qu'elle a préparées. Il a d'abord fallu quelques instants, le temps qu'elle se prépare et déballe toutes ses affaires. Une caméra la filmait au dessus de son épaule et permettait de suivre la progression de son travail sur les écrans, en direct.

Elle a d'abord demandé au public de choisir entre deux dessins. Il s'agissait de personnages originaux, qu'elle a esquissés pour un magazine sur les bijoux mais qui ont été retoqués. Parmi ses activités, elle fait dans la conception de bijoux, qu'elle fabrique à la main, pièce par pièce. Nous avons eu l'occasion de voir quelques photos de ses créations pendant la conférence, dont une qui intégrait la baquette magique de Creamy Mami.
En parallèle du premier dessin, elle en a amorcé un deuxième, étant donné qu'il y avait quelques minutes d'attente obligatoires pour laisser sécher la peinture à plusieurs reprises, au cours de l'opération. Le sujet était à choisir parmi ses personnages connus et le public a retenu Madoka Ayukawa, l'héroïne de Kimagure Orange Road, qu'Akemi Takada a croqué cette fois-ci à partir d'une feuille vierge.
Pendant qu'elle travaillait, le public pouvait poser ses questions. L'artiste prenait le temps de s'interrompre pour dire bonjour elle aussi, quand quelqu'un plaçait un "Konnichiwa Takada-San" avant de soumettre sa question.
Elle voulait être mangaka à l'origine mais ses parents l'ont poussée à poursuivre ses études qu'elle a fait dans les arts graphiques et qui la prédestinait au monde de la publicité. Comme beaucoup d'étudiants, elle a fait des petits boulots et fan de la série Gatchaman, elle a réussi à travailler pour la Tatsunoko, où elle a été finalement engagée.
C'est d'ailleurs pendant ces débuts professionnels, qu'elle a subit l'influence de celle qu'elle appelle son maître, à savoir Yoshitaka Amano, le célèbre illustrateur.

Quand on lui a demandé quel personnage, elle a préféré dessiner pendant sa carrière de character designer, elle a tout de suite cité Creamy Mami car contrairement aux autres, c'est une figure complètement originale, issue d'aucun manga.
Lorsqu'elle doit travailler à partir d'un manga, elle s'immerge dans les tomes de l'œuvre pour cerner complètement les personnages. C'est une étape indispensable avant de pouvoir le retranscrire dans un anime. Une bonne communication avec le réalisateur est également importante.
De manière générale, quand elle travaille un personnage, elle a tendance à prendre elle-même, sur son visage, l'émotion qu'elle souhaite donner à son sujet. C'est d'ailleurs pour cela, qu'elle n'aime pas trop en dessiner en public.
Dans la conception, elle apprécie les moments où elle réussit enfin à projeter sur papier ce qu'elle imagine dans sa tête. Elle aime beaucoup aussi voir les gens reconnaître son trait.

L'assemblée a aussi abordé ses projets et notamment si elle avait l'intention de revenir au character design. Là, bonne nouvelle pour ses fans, elle serait carrément en train de travailler sur un titre, même si elle ne peut rien dévoiler. Satisfaite par ce qu'elle fait en ce moment, elle n'a pas de projets personnels à pousser auprès d'éditeur ou autres, dans un proche avenir.
Entre deux questions, Akemi Takada est aussi intervenue pour fournir quelques explications sur les dessins qu'elle traitait en même temps. Au passage, elle a épinglé l'outil informatique, en disant que, contrairement à d'autres illustrateurs, elle préfère plutôt travailler à la peinture pour obtenir un meilleur rendu.
Elle utilise une peinture spéciale qui a l'avantage de ne pas se mélanger entre les différentes couches comme le ferait une banale peinture à eau et qui autorise donc les erreurs. Outre le produit, elle a quelques savants mélanges pour composer les différentes couleurs de peau ou de cheveux qu'elle veut appliquer. La Madoka qu'elle faisait sous nos yeux, avait d'ailleurs une teinte de cheveux inédite selon elle.

Elle commence toujours par travailler sur les contours du visage avant de poursuivre en choisissant ses couleurs en fonction des émotions qu'elle veut transmettre, tout en respectant le personnage original.
En temps normal, elle aurait du laisser ses peintures toute une journée mais là, nous étions en mode accéléré, avec séchage rapide sous les spots. Elle trouvait son dessin de Madoka plutôt moyen par rapport à ce qu'elle pouvait faire chez elle.
Elle a indiqué quelques trucs de sa touche personnelle, qui consiste entre autres à rajouter du rose un peu partout, d'abord sur les contours du visage pour le rendre plus réel, mais également sur le nez, le bout des doigts, les pommettes, les épaules ou encore le cou, pour rendre le résultat plus kawaii - mignon. Enfin, elle ajoute de l'effet avec des petits points de lumière sur les yeux, le nez, la bouche et les cheveux.
Au cours de la conférence, une question anodine a demandé ce que deviendrait le deuxième dessin, celui de Madoka, étant donné que le premier était destiné au salon. A la grande joie du public, Akemi Takada a proposé d'organiser un jan-ken géant contre elle, pour décider quelle personne de la salle pourrait l'avoir.

La conférence s'est donc achevée sur cette session surréaliste où toute l'assistance se tenait debout en face de Mme Takada en train de jouer à pierre-papier-ciseaux. Au fil des tours, les gagnants face à elle restaient debout, tandis que les perdants s'asseyaient. Vu de l'extérieur, étant donné l'enjeu, cela doit paraitre hallucinant que les gens aient joué sans truander en masse et pourtant, on a abouti à deux survivants qui se sont affrontés en duel entre eux à la fin. Le perdant n'a pas été des plus malheureux car il a hérité de l'esquisse inutilisée pendant l'atelier, dessin qu'Akemi Takada s'est empressée de signer.
L'illustratrice a elle-même immortalisé l'événement en prenant une photo du public, au moment où les gens approchaient pour photographier les portraits peints et qui se retrouve sur son blog.

Après la conférence, comme il restait du temps, j'ai bifurqué vers la salle de concert, où je n'étais pas encore allée, pour écouter Kanon Wakeshima, dont nous avions entendues quelques chansons pendant son showcase pour le défilé La Forêt Harajuku. Finalement, elle n'a interprété que quelques titres pendant une prestation qui aura duré une demi-heure.

Après le concert, le salon était déjà bien vidé avec beaucoup de monde qui avait repris le chemin du retour dès l'après-midi et des exposants qui commençaient déjà un peu à ranger. J'ai été en revanche surpris de voir toujours une foule dense devant le stand de ramen vers 18h.

Mon seul regret en quittant le salon a été de ne pas avoir du tout vu Natsuki Takaya. C'est loin d'être la seule invitée que j'ai ratée mais avec Clamp, elle faisait partie des grosses pointures venues cette année, selon moi. Je suis en revanche satisfait d'avoir équilibré ma visite dans son ensemble, entre les différentes activités qui m'intéressaient, sans pour autant avoir eu à cavaler dans tous les sens pour tout couvrir.

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Japan Expo 2009 - L'édition des dix ans (2/4)
Par Pazu le 07 juillet 2009 20:07 :: Manifestations :: 2 commentaires »
Sur place, j'ai constaté que le salon s'étendait globalement sur le même espace qu'en 2008, mais l'agencement a été différent, avec quasiment une inversion des places entre la partie culture asiatique & art martiaux et l'aire science fiction & fantasy. C'était beaucoup mieux pour la partie culture, plus homogène et non plus écartelée entre les stands commerciaux d'un côté et le monde associatifs d'autre part.
Les groupes d'arts martiaux pouvaient faire leurs démonstrations et leurs ateliers avec un minimum de visiteurs, qui transitaient des stands boutiques vers la scène principale, l'immense salle pouvant accueillir des milliers de spectateurs.

Très bon point également pour la place de la salle de conférence culture, plus ou moins là où étaient les salles de dédicaces l'année dernière. En étant sur le chemin des visiteurs et non plus enfermé dans un coin, elle a du drainer plus de spectateurs. En 2008, j'étais tombé dessus par hasard au bout du troisième jour. Là, à chaque fois que je suis passé devant, les rangés étaient remplis, quelque soit le thème abordé.
Certes, ce n'était peut être pas l'idéal au niveau acoustique pour écouter un mini concert de musique traditionnelle mais les autres bruits parasites étaient assez loin et au moins, vous aviez beaucoup de monde pour découvrir les différentes facettes de l'Asie.
Les fans de maquettes étaient aussi dans le coin, avec un espace enfant non loin et des associations axées sur l'animation et les jeux.

Les salles d'activités avec des jeux sur scène étaient encore plantées au milieu du décor, des salles tantôt désertes, tantôt surpeuplées. D'une année sur l'autre, les critiques pleuvent sur cette formule, sans doute par comparaison avec ce qui peut se faire à d'autres conventions, où les activités prennent le devant de la scène principale.
En cherchant bien, vous avez peut-être pu découvrir des salles vidéo et même un espace pour le karaoke. Ce n'est pas forcément un mal que cela reste discret, étant données les capacités d'accueil.

Tout ce qui n'était pas japanimation et culture asiatique a basculé dans le Hall 4. L'ensemble était un peu disparate avec côte à côte de la science fiction, du jeu de rôle grandeur nature, une démonstration de concours de robotique et des jeux de société classiques tels que les échecs ou othello, et des jeux plus intrigants avec des grenouilles, sans oublier les panoplies de cartes style Magic ou Yu-Gi-Oh.

Cet espace de conférence des auteurs était au bout du Hall, un endroit calme, où vous pouvez respirer même pendant les journées de grande affluence. C'était aussi un endroit tranquille pour les séances de signatures et de dédicaces, et pour prendre en photos les auteurs qui le voulaient bien. Pour les conférences, aucun soucis de bruit parasite ni d'attroupements en masse sur les côtés qui empêche tout le monde de passer.

Au contraire, le problème de la salle de conférence a été plutôt un manque de public, notamment pour les rendez-vous du matin ou en fin de journée. Il fallait vraiment faire la démarche pour aller aux présentations des différents auteurs cette année car vous ne tombiez pas dessus par hasard.
Il s'avère vraiment difficile de trouver le bon équilibre dans les agencements. Nous verrons bien comment les organisateurs s'en sortiront dans les éditions suivantes.
Les autres grandes familles de stands étaient à leur place devenues habituelles, avec d'abord les boutiques à l'entrée principale, sur lesquelles je ne me suis guère attardé. Sur le bord, le Café Manga avait installé son espace de lecture, à peu près au même niveau où était la salle culture l'année dernière.
De l'autre côté, vous trouviez les stands des éditeurs et des médias tels que la chaîne Nolife ou le magazine Animeland. A part Ankama, où la boutique de produits dérivés avait une allure surréaliste de véritable supermarché avec ses gondoles et ses caisses en ligne, les stands des autres éditeurs donnaient moins dans le sensationnel cette année, même Glénat, avec son temple habituel du manga et Kana, avec son Naruto géant.

En fait, plusieurs éditeurs ont multiplié les espaces, en consacrant des stands à des séries phares particulières. Vous aviez d'un côté le carré principal qui fonctionnait comme une librairie classique en vous vendant des mangas, et de l'autre, des loges consacrées à Fruits Basket, Vampire Knight, Nana, Naruto ou encore Bamboo Blade, sans oublier des expositions plus succinctes sur des nouveautés comme Letter Bee et j'en passe.

Plusieurs exposants avaient également aménagé une partie de leur surface pour pouvoir organiser leurs propres séances de dédicaces avec leurs auteurs invités, en dehors des salles officielles de la Japan Expo. Le système de tirage au sort pour obtenir les signatures des mangakas les plus prestigieux étant propres à chaque société, cela a provoqué la formation de nouvelles queues au sein de ces lieux déjà bondés. Enfin, c'était surtout vrai pour les journées suivantes.
Le stand Pika était prolongé par un domaine dédié aux titres de Clamp, avec un panneau "20 ans" bien évidence et des effigies de personnages connus dedans et dehors. Il était difficile de le rater.

Un autre espace anniversaire était celui réservé aux 10 ans de Japan Expo avec une rétrospective sur les éditions passées et un rappel des différents événements sur les panneaux conçus pour l'occasion. Des reproductions des dédicaces laissées par les invités japonais étaient affichées dans une seule pièce, qui illustrait ainsi la liste des noms prestigieux qui sont passés dans ce salon, au fil des années.

Dans un autre genre, les comptoirs de Beez et Bandai étaient situés à mi-chemin des jeux vidéos, avec toute une panoplie d produits à la vente, des DVDs aux maquettes, en passant par les figurines Saint Seiya. Outre des vitrines avec quelques exemplaires habituels exposés, c'est là que vous trouviez une armure du Sagittaire grandeur nature.

C'est dans le coin, que suis tombé sur une connaissance qui entrait avec la grosse vague des visiteurs de 13h, après avoir attendu quelques temps sous un soleil de plomb, sans avoir pensé à apporter de l'eau avec lui. Il n‘est pas mort déshydraté mais c'était la denrée à ne pas oublier cette année avec la chaleur étouffante omniprésente.
Un temps qui a été capricieux cette année, avec un bel orage diluvien le jeudi soir. J'ai échappé de justesse à la douche forcée, en quittant les lieux un peu avant la fermeture officielle.

Sur place, les restaurants et les échoppes situés sur le pourtour étaient renforcés par des stands spécialisés dans les ramen ou des produits traditionnels plus de chez nous, comme des crêpes ou les glaces, qui ont du faire un carton. Les queues étaient conséquentes sur les enseignes les plus en vue mais si vous vous repliez sur les lieux les moins fréquentés, style du côté de l'heroic fantasy, vous aviez même aucune attente. Après, bien sûr, il faut accepter de débourser beaucoup plus sur place que si vous aviez fait vos courses à la supérette près de chez vous.

Un peu en retrait des éditeurs, vous aviez beaucoup de stands consacrés aux vêtements à la japonaise et aux accessoires de mode assortis, avec quelques points de repères tels qu'un panneau jeunes créateurs. J'ai été un peu surpris de tomber au même endroit sur CD Japan, la célèbre boutique japonaise en ligne, même si c'est logique qu'elle ait été cataloguée dans la rubrique J-music, plutôt que manga et animation.

De l'autre côté de la cour intérieure, où les gens pouvaient fumer ou tout simplement se poser pour prendre l'air ou manger, les stands fanzines vous attendaient, divers et variés, avec leurs goodies faits maison pour certains. La majorité des exposants étaient maintenant orientée vers le dessin amateur, même si quelques exceptions subsistent, qui officient encore dans l'écriture d'articles d'information.
A la lisière des allées, se situait la Brigade S.O.S., un stand pratique pour retrouver ensuite quelques têtes connues des réseaux Blogchan ou Sama, notamment aux heures des festivités, telle que la tombola.

Juste à côté, se tenait le stand d'une association qui a pour objectif de poursuivre le sempiternel rendez-vous de septembre pour les fanzines et les cosplayers, l'Harajuku, dans le parc de Bercy. Jusqu'alors, la convention en plein air était juxtaposée avec le festival Delcourt mais l'éditeur ne renouvellera pas l'expérience cette année, faute de partenaire libraire sur place..
Si l'entrée était gratuite pour les visiteurs du parc, elle ne l'était pas pour les organisateurs qui devaient louer l'emplacement. L'association s'est montée pour réunir des fonds et leur stand vendait des goodies offertes par les fanzines pour soutenir le projet.
En face, la scène 100% cosplay accueillait les visiteurs déguisés qui pouvait défiler pour mieux se montrer. C'est là aussi qu'ont été annoncé la plupar des résultats des concours officiels de cosplay. Le parterre devant était fortement peuplé de cosplayeurs et de photographes en herbe qui les immortalisaient avec leur appareil.

L'après midi du jeudi est vite passée, étant donnée qu'à 15 heures, nous étions conviés à assister aux Japan Awards, une sorte de cérémonie des Césars pour honorer les meilleurs titres parues en France. L'année dernière, la majorité des prix étaient déduits par un vote de professionnels, à l'exception de deux récompenses issues du choix du public.
En 2009, les votes ont été composés à 50% des votes du public et 50% de ceux d'un jury officiel de professionnels, pour chaque prix, à partir d'une sélection dévoilée en février dernier.

Sur le fond, la cérémonie a le mérite de mettre en lumière les productions de différents éditeurs et pas forcément les plus importants. Je pense notamment à 12bis qui a décroché l'award du meilleur Seinen pour Detroit Metal City. C'est aussi une occasion pour réunir une partie de la profession.
En guise d'ouverture, l'événement a été précédé par un concert de tambours du groupe Wadaiko, qui s'est produit sur la scène culturelle en public, le vendredi.

Ensuite, le duo de comiques de service, du Jamel Comedy Club, a tenté d'égayer la remise de prix – avec un essai d'interprétation a capella de Casser la Voix du générique de One Piece - , avec leur lot de blagues, au fur et à mesure que les catégories étaient passées en revue. L'intention était louable mais avec le nombre conséquent de trophées à remettre, il était bien difficile de maintenir l'attention du public, surtout en période de forte chaleur.
Au niveau des résultats, pas de surprise dans les catégories phares avec Fairy Tail pour le meilleur Shonen de l'année et Vampire Knight pour le meilleur Shôjô. Kaze a fait sa moisson avec le meilleur film d'animation, la Traversée du temps et la meilleure série originale, Elfen Lied.

La fin s'est faite sur un discours au sujet de la CoFesta, avec un film promotionnel sur ce festival international des loisirs japonais. Vous aviez d'ailleurs un stand à la Japan Expo pour faire de la publicité sur cette manifestation japonaise qui dure de septembre à octobre et qui regroupe en fait plusieurs rendez-vous majeurs, dont le Tokyo Game Show et le Festival International du Film de Tokyo.
Le lendemain, les organisateurs proposaient d'ailleurs une conférence de presse dédiée, avec leurs artistes ambassadeurs dont faisaient partie Kanon Wakeshima, la chanteuse violoncelliste, Michiru ishikawa, le producteur de Ghost in the Shell ou encore Shu Okimoto, le créateur du manga les Gouttes de Dieu.

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Japan Expo 2009 - L'édition des dix ans (1/4)
Par Pazu le 06 juillet 2009 19:07 :: Manifestations :: 9 commentaires »
Je commence cependant par le troisième jour, la journée du samedi. J'aborderai en fait les jours dans le désordre, dans cette série de billets, plus pour faire style – genre Haruhi Suzumiya – qu'autre chose.
En partant le matin, j'avais prévu de prendre des photos de la queue d'attente à l'ouverture du samedi, réputé être le jour avec le plus d'affluence. Néanmoins, les événements sur le RER B ont changé la donne, avec un arrêt spontané du trafic, suite à une agression d'un des conducteurs de la ligne.

A la correspondance à Saint Michel Notre Dame, les grilles étaient baissées, ce qui n'augurait rien de bon, avec déjà une foule de futurs visiteurs de la Japan Expo au guichet information. En bon banlieusard rompu aux mouvements de grève, le réflexe est de rejoindre la Gare du Nord, l'interconnexion entre les lignes Nord et Sud.
Arrivé à la station de métro gare du Nord, un important (re)flux de gothic lolita et de personnages de manga dans l'autre sens, laissait présager un trafic nul. Ils devaient sans doute tenter d'attraper bus qui part de Gare de l'Est mais il parait qu'il y avait aussi des problèmes sur cette ligne.
Finalement, des rames étaient à quai sur le RER B, avec une foule qui grossissait autour. Cela a valu à la Japan Expo d'être encore mentionnée dans les médias qui ont traité de ce mouvement social inopiné, un jour de départ de vacances. Sur France Info, vous pouviez entendre "Il y avait beaucoup de monde sur le quai pour un samedi. [...] Des quais qui ont pris ce matin des allures surréalistes avec des jeunes déguisés en héros de manga ou de jeux vidéo qui voulaient rejoindre le parc de Villepinte, en plus des passagers traditionnels pour Roissy".

Il a fallu ensuite pas mal de temps pour partir, ce qui a rallongé mon trajet d'une bonne heure pour parvenir à bon port mais sans vraiment d'impact sur le planning que je m'étais plus ou moins fixé.
Le premier à faire ses dédicaces était Moriyasu Taniguchi, sur lequel je reviendrai une autre fois, pour sa conférence qui a lieu le dimanche. Il ne se contentait pas de signer et effectuait un dessin pour les visiteurs, qui avaient leur contremarque magique.

A côté, la conférence sur le studio Gainax a commencé. L'invité qui parlait était Takami Akai, un des cofondateurs du studio et célèbre illustrateur sur les volets de Banner of the Stars et plus récemment, producteur sur Gurenn Lagann.
En guise d'introduction, Takami Akai est revenu sur la genèse du studio, en rappelant l'implication des membres fondateurs dans la convention japonaise de science fiction, la Daikon, alors qu'ils étaient étudiants à l'université d'Osaka. Lui-même n'avait pas grand-chose à voir avec le milieu de l'animation.
Les organisateurs de l'événement ont l'idée de faire faire un petit film d'animation en s'adressant à leur réseau de connaissances dont faisaient partie Hideaki Anno et Hiroyuki Yamaga. Les frais de production étant assurés, la petite équipe travaille bénévolement sur leur premier anime, qui a tout d'une production amateur. Le jour de la projection, Takami Akai rappelle que le film est resté désespérément muet, suite à un problème technique.
Malgré cela, les 1500 spectateurs leur réservent un accueil très chaleureux, ce qui les incite à poursuivre l'aventure. Ils officient d'abord dans le film live avec des parodies de titres et bien qu'encore étudiants, ils flirtent avec le professionnalisme en faisant payer les projections et en vendant leurs premiers produits dérivés.
Quand vient la fin des études, s'est posé la question concrète de la suite à donner, du point de vue professionnel, à l'aventure de ce groupe talentueux. La condition sine qua non est d'abord de trouver un sponsor pour lancer un projet et c'est ainsi qu'ils ont démarché Bandai, en proposant de s'occuper de porter en anime les aventures de Johnny Ridden, un de leurs personnages, uniquement disponible pour le modélisme.
Finalement, le projet ne s'est pas fait mais deux choses en sont sorties : D'abord des liens renforcés avec la société Bandai et aussi la conviction qu'il faut proposer des idées originales et ne pas s'appuyer sur des idées existantes. C'est ainsi que Hiroyuki Yamaga a lancé le film les Ailes d'Honneamise, qui marque la fondation du studio Gainax.

Après le préambule, la conférence a enchaîné avec la séance traditionnelle de questions réponses.
Le premier sujet concerne les projets en cours du studio, notamment Aoki Uru et Hanamaru Yôchien. Pour Hanamaru Yôchien, la réponse a été rapide car c'est encore le blackout total et donc aucune information ne peut être donnée au public.
Pour Aoki Uru, Takami Akai a été à peine plus loquace en indiquant qu'il s'agit d'un nouveau travail d'Hiroyuki Yamaga, dans la lignée des Ailes d'Honneamise. Déjà pressenti il y a dix ans, le projet a été gelé avant de revenir d'actualités, sur de nouvelles bases
Le chantier attendu est très important, avec un impact très fort sur le studio, qui rend obligatoire une extension ou tout au moins une évolution. Takami Akai a même parlé d'années avant que nous voyons réellement quelque chose aboutir.
Un studio comme Gainax a besoin d'être en constante évolution pour s'affranchir de ses créations les plus percutantes. Un titre comme Evangelion a eu un tel impact que l'ensemble du personnel qui a travaillé dessus a formaté son esprit en conséquence. Ils sont tout à fait prêts à enchaîner plusieurs volets mais cela devient malsain pour la créativité.
Ainsi, Gainax tient à briser le style courant pour faire place nette à une autre oeuvre d'envergure à venir. Le dernier exemple en date est Gurren Lagann, qui a laissé sa marque mais qu'il faudra effacer au profit d'un nouveau projet comme Aoki Uru.
La méthode consiste d'abord à favoriser la communication mais aussi à intégrer de nouveaux jeunes talents au sein des équipes. Ces derniers ont l'avantage d'avoir un esprit malléable mais d'un autre côté, ils manquent d'expertise technique. Les anciens ont une expérience solide mais ils sont moins ouverts aux changements. Trouver le bon équilibre est un exercice délicat mais c'est le challenge continuel de Gainax.
Une question a rebondi sur ce thème en objectant la reprise d'Evangelion sous forme de films, un retour qui semble incompatible avec la notion de rupture prônée par Takami Akai.
Celui-ci a reprécisé son idée en confirmant, qu'il n'était pas question de perdre le noyau dur à l'origine d'un titre phare et que la rupture concerne uniquement le rayonnement général que peut avoir l'anime sur l'ensemble du studio, encore une fois pour éviter de s'enfermer dans la production d'un seul titre, dérivé ad vitam eternam. Il a souligné le plaisir et la joie qu'on pouvait éprouvés devant des idées innovantes.

Une autre question a porté sur les collaborations qu'a pu faire Gainax avec les autres studios.
La première remarque de l'invité japonais est que les associations entre studios peuvent être très variées, avec plus ou moins d'affinité selon les cas. De plus, Takami Akai rappelle que les travaux en commun entre les sociétés est très courant en prenant l'exemple de projets Ghibli auxquels Gainax a participé et inversement en citant le studio Ghibli parmi les contributeurs à Gurren Lagann.
Takami Akai a ensuite abordé le cas du studio Kara, fondé par Hideaki Anno. Pour lui, il est naturel que chaque membre fondateur de Gainax ait eu envie de suivre sa propre voie un jour ou l'autre, et c'était implicite dès la formation du studio. Cela se traduit par la naissance de nouveaux sous-studios dont la vocation est essentiellement la création. Lui-même a monté une société de jeux vidéo très tôt.
Le rôle fondamental de la Gainax est de prendre en charge les activités qui ne peuvent pas être supportées par les structures filles, telles que la gestion des licences pour les produits dérivés ou la vente par correspondance en direct.
Gainax a récemment tenu ce rôle sur la série Shikabane Hime, où le studio créateur est Feel, une jeune société.
Est venue ensuite la petite histoire concernant l'origine du nom Gainax, dérivée du mot Gaina, qui signifie "super" dans un dialecte japonais. Le nom était voulu à la fois anglicisé avec un X à la fin, et japonais, sans être intelligible pour les japonais.
Il y a eu d'autres échanges très brefs après des demandes d'information sur la poisse des soupirants de Yoko dans Gurren Lagann ou encore le jeu vidéo Super Robot Taisen.
A la fin, Akemi Hayashi, animatrice clé sur le premier film Geneviève Doang, doubleuse française de la Yoko de Gurren Lagann, a rejoint Takami Akai et a gentiment accepté de poser avec lui pour la photo.

La conférence suivante a concerné les deux acteurs de Battlestar Galactica venus à la Japan Expo, Kandyce Mc Clure et Janie Bomber. La jeune officier noire de la passerelle a fait son effet sur la gente masculine, avec un look beaucoup plus attrayant en robe et talons aiguille, qu'elle ne l'est dans la série, sous son uniforme militaire stricte. Janie Bomber avait un visage bien différent de l'Appolo Adama que nous connaissons, avec un teint hâlé et des cheveux décolorés.
Je suis resté quelques minutes, juste pour entendre Kandyce Mc Clure présenter son personnage. Janie Bomber a fait de même, mais en utilisant la langue de Molière.

Le rendez-vous d'après, dans la salle principale, était le traditionnel défilé de mode Harakuju La forêt, entre coupé par les prestations de deux chanteuses, Kanon Wakeshima, qui a interprété le générique de fin de Vampire Knight, avec son violoncelle, et l'artiste Meg, qui a chanté plusieurs morceaux.

Quelques instants après la fin du défilé, le World Cosplay Summit a suivi. Il s'agit du concours pour sélectionner le duo chargé de représenter la France à la rencontre internationale de cosplayeurs, organisée cet été au Japon. Douze couples triés sur le volet ont donc fait leur prestation sur scène, des prestations pas toujours adaptées à la disposition des lieux, équipés d'une piste pour s'avancer vers le public et le jury mais pas exploitée par tous.
Si les costumes étaient tous très beaux, seuls quelques groupes se sont vraiment démarquer pendant le show, par leur mise en scène. Le résultat final, annoncé en fin d'après midi sur l'espace cosplay, était prévisible. La chorégraphie réussie des gagnantes, un duo de Magic Kinght Ray Earth, avait en plus l'avantage d'être passe-partout au niveau international.

Après, j'ai pu assister quelques instants au spectacle Minyô, qui se déroulait sur la scène culturelle, avec un groupe d'instruments traditionnels mais également des danseuses.

L'événement du jour a du être la conférence Clamp mais vous n'aurez pas de compte rendu ici, étant donné que j'étais occupé ailleurs au même moment. D'après les échos que j'ai pu en avoir, la conférence Clamp a été agréable à suivre, avec une dédicace publique XXXHolic dessinée à quatre et quelques sujets qui ont intéressé les fans, style quelques mots sur la fin de X et de Clover. Vous devriez bien finir par trouver quelques retranscriptions sur le net ou ailleurs.

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