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Japan Expo 2019 §2 : Aya Hirano, Daiki Kobayashi, Makoto Aizawa et Rie Aruga

Par le :: Manifestations

japan_expo , 2019

Après avoir commencé par les conférences de la vieille garde, j'entame ce 2e article sur le 20e impact de Japan Expo par les rencontres avec Aya Hirano, Daiki Kobayashi, Makoto Aizawa et Rie Aruga.

Aya Hirano, qui est la voix de Haruhi Suzumiya, est venue en public dès le jeudi matin. C'était la seule conférence parmi celles auxquelles j'ai assisté, où les photos étaient interdites.

L'artiste exerce trois activités en étant à la fois seiyû, chanteuse et actrice. Enfant du show-business, elle a rapidement pris l'habitude de concilier les 3 de manière naturelle, en aimant tous les domaines avec un faible pour le doublage d'anime qui lui permet de travailler avec d'autres personnes. Elle garde d'excellent souvenirs de ses collègues sur Fairy Tail et a été aussi très contente de participer récemment à un rassemblement des seiyû de la Mélancolie de Haruhi Suzumiya. Au contraire, dans la chanson, les enregistrements s'effectuent séparément, ce qui fait que des collaborations ne peuvent pas la marquer quand il y aucune concert live organisé après pour chanter ensemble et rencontrer les autres artistes. Elle regrette aussi cette solitude sur les doublages de jeux vidéo, contrairement aux anime, où tout le monde enregistre ensemble.

Une journée typique de doublage commence par une première session de 10h à midi puis l'équipe mange ensemble. La reprise pour une 2e session débute ensuite vers le milieu de l'après-midi.

Elle a commencé le doublage d'anime à 14 ans et a vraiment aimé le faire, en tant que spectatrice à la base de séries animées télévisées. Elle voulait aussi faire du théâtre à la base donc cela lui convenait tout à fait de s'engager sur cette voie.

Le personnage qui l'a marquée est évidemment Haruhi Suzumiya qui l'a rendue célèbre dans le monde entier. L'auditoire a eu la chance de l'entendre faire une réplique de l'héroïne. Elle avoue aussi avoir un petit faible pour Lucy Heartfilia de Fairy Tail, qu'elle a vu mûrir au fur et à mesure de l'histoire. Là aussi, elle a fait une court extrait de la voix de Lucy quand cette dernière appelle Aquarius.

Sur Endless Eight, les 8 épisodes en boucle de la saison 2 de Haruhi Suzumiya, elle a confirmé qu'elle a du refaire 8 prises, les autres seiyû ayant quelques modifications légères à porter d'un volet à l'autre.

Elle est également revenue sur Cha-La Head-Cha-La, le générique de Dragon Ball Z qu'elle du chanter pendant Lucky Star. C'était une idée de la production décidée à l'avance et elle a d'abord interprété la version karaoke, avec peu de couplets, pour les besoins de l'anime. Ensuite, il a fallu enregistré 10 chansons pour une version album, le tout en une seule journée. Elle n'avait plus de voix à la fin.

Pour préparer la voix pour un rôle de doublage, l'approche est complètement différente que pour une chanson. Aya Hirano étudie avant tout la personnalité du personnage et scrute les images et se procure le manga quand il en existe un. Une fois qu'elle a cerné les caractéristiques de son rôle, elle joue mécaniquement sur des leviers dans sa tête pour produire la voix. Le support du manga lui permet de répéter à voix haute les répliques.

Du coup, le rôle le plus difficile qu'elle a eu a été Migi de Parasite, un personnage sans forme propre et il y avait tout à inventer.

Elle a aussi beaucoup stressé sur l'enregistrement de Death Notes, où elle est la voix de Misa Amane qui lui a demandé beaucoup de préparation. Une anecdote qui lui est revenue à l'esprit pendant la conférence concerne justement Death Notes. Elle était en cosplay de Misa dans une émission de télévision mais trop fatiguée, elle a fait un malaise. Sur le chemin de l'hôpital, elle s'est amusée de l'étonnement des ambulanciers devant son accoutrement et qui se demandaient d'où elle sortait.

À ce qui souhaiterait se lancer dans la métier de seiyû, elle a rappelé qu'il y avait de plus en plus d'étrangers dans ce secteur au Japon donc que ce n'était pas un rêve impossible, même si les conditions d'audition sont difficiles avec non seulement un jugement sur le doublage mais aussi le chant et la danse.

Aya Hirano joue aussi dans des comédies musicales et cela correspond à un de ses rêves qu'elle avait quand elle était encore enfant. Son souhait est de pouvoir travailler de plus en plus à l'étranger, notamment des concerts.

C'était son premier voyage en France mais elle voulait venir depuis longtemps et elle était déjà là depuis une semaine, bien avant le début de Japan Expo. Elle a vu des choses légèrement différentes de ce à quoi elle s'attendait mais elle reste toujours émerveillée.

Le vendredi, Aya Hirano a fait un showcase de 30 minutes, trop court selon elle mais elle espère bien pouvoir revenir en France. Sans surprise, elle a interprété beaucoup de chansons de la Mélancolie de Haruhi Suzumiya. Cela s'est déroulé dans la grande salle Ichigo, où ont lieu les grands défilés de cosplay et où le public est sagement assis sur des chaises. Le son n'était pas terrible mais dès la fin de la première chanson, le chanteuse à invité les spectateurs à se lever et à s'approcher de la scène. Heureusement tout le monde ne s'est pas agglutiné devant mais les fans les plus motivés ont du être très heureux, je pense notamment à la vague de high five qu'elle a faite avec les gens sur le bord. Pour l'ambiance, cela aurait été sans doute mieux d'avoir mis le show dans la salle Karasu, plus adaptée aux concerts.

Daiki Kobayashi, le mangaka de Ragna Crimson a fait sa conférence le vendredi après-midi.

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Il a dessiné dès l'école primaire et a songé à devenir mangaka dès le collège. À la fin du lycée, il a participé à des premiers concours de manga, où il obtient des petits prix qui ont suffis à son bonheur : Avec, il a réussi à convaincre ses parents de le laisser une faculté d'art au lieu d'avoir à passer des examens compliqués dans des universités classiques. Après deux ans d'études, il est arrivé sur le marché du travail et pour éviter d'avoir à poursuivre une recherche d'emploi fastidieuse, il s'est lancé dans un nouveau manga qui a déroché un prix qui a lancé sa carrière chez Square Enix.

Le mangaka considère qu'il a beaucoup de chance mais il a cependant travaillé son projet de devenir mangaka très tôt et il conseille aux débutant de faire pareil.

Avec Ragna Crimson, Daiki Kobayashi a voulu sortir des schémas traditionnels des mangas shônen avec quelques concepts originaux. Au lieu de progresser peut à petit, le personnage principal apparaît très fort dès le départ, même si c'est simplement dû à un voyage dans le temps qui lui fait rencontrer son double du futur. À cause de cette situation de départ, la notion de saut temporel revient à plusieurs reprises – ce qui est plutôt original dans un monde de dark fantasy – mais cela survient naturellement.

Les grands pouvoirs obtenus par le héros dès le départ permettent aussi au scénario d'avancer plus vite d'après l'auteur. Cela rejoint aussi sa vision d'un bon manga de baston où il faut, selon lui, que les protagonistes qui se battent l'un contre l'autre, soient très forts.

Une autre originalité est l'insertion de dragons comme adversaires. Sur ce point, le mangaka était parti sur une idée d'ennemi à définir pour l'humanité et avait d'abord pensé à des vampires. Il a cependant remarqué que beaucoup de titres sortaient avec des histoires de vampires au moment de construire son projet. Il a ensuite pensé à Dracula, appelé aussi fils de dragon et a bifurqué sur cette voie, en conservant quelques caractéristiques des vampires, telle que leur sensibilité aux rayons du soleil.

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Quand l'auteur a présenté sa première esquisse de projet à son tantô – l'éditeur qui le suit personnellement – la réunion s'est très mal passée, le tantô n'ayant rien trouvé de mieux que de demander si c'était bien une parodie de Dragon Quest qu'il comptait faire. Le mangaka l'a laissé en plan en se fâchant, mais il s'est ensuite calmé, a pris conseil auprès de ses amis et a approfondis le sujet de son côté, avant de reprendre contact avec son éditeur.

L'auteur a été influencé par l'arc Kimera Ant d'Hunter x Hunter et il a utilisé des illustrations de Monster Hunter comme références pour les dragons. Il n'a jamais eu une passion pour les dragons mais il s'est documenté sur le sujet. Il trouve leurs dessins difficiles à cause des détails qu'il faut rajouter pour les rendre classes.

Le premier personnage qu'il a crée a été Crimson. Daiki Kobayashi a toujours eu un faible pour les leaders intelligents mais pas forcément sympathiques. À la base, cela aurait du être une fille mais son éditeur lui a demandé de le changer en homme pour faire plaisir au lectorat féminin. Le protagoniste a failli devenir un travelo mais le mangaka a finalement opté pour un genre indéterminé.

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L'histoire de Ragna Crimson avance au fil de l'eau sans plan prédéfini. Le mangaka place les personnages sur scène par tâtonnement en cherchant une position intéressante puis laisse faire, ce qui aboutit à quelques surprises inattendues au niveau du scénario. Il n'a tellement pas de visibilité que même sur un chapitre, il lui arrive de déborder le nombre de pages ce qu'il avait prévues.

Pour son dessin publique, Daiki Kobayashi a utilisé une tablette. Ragna Crimson est un projet en numérique de bout en bout, ce qu'il fait qu'il travaille à distance avec ses assistants qui lui transmettent leurs travaux par internet et qu'il ne les rencontre jamais en chair et en os. Pendant qu'il dessine, il écoute des bande originales d'anime de baston et il attend avec impatience le jour où sa série sera adaptée et qu'il pourra écouter son original soundtrack.

Pendant qu'il dessinait, l'éditrice de chez Kana présente sur scène et qui publie donc le manga en France a apporté quelques précisions sur leur travail d'éditeur en Europe. L'équipe de Kana a suivi Ragna Crimson dès le départ vu qu'il est publié dans GanGan Joker, l'un des magazines de prépublications incontournables. Le début atypique du manga les ont incités à s'y intéresser plus en avant.

La loi du marché actuel oblige Kana à lancer les premiers tomes rapidement, en ayant finalement pas beaucoup de tomes en réserve avant de rattraper la publication en japonais. Le tome 3 est sorti pour Japan Expo alors qu'ils en sont au tome 4 au Japon. Un autre point est désormais l'obligation en pratique d'accompagner l'offre d'achat de licence avec un plan marketing. Pour Ragna Crimson, il y avait déjà par exemple l'invitation de l'auteur et l'idée d'avoir un stand à l'effigie du titre sur le salon. Cela rappelle à quel point Japan Expo est important pour la communication des éditeurs et pas seulement vis-à-vis des lecteurs.

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Makoto Aizawa est un mangaka un peu plus confidentiel, au moins un niveau du salon en étant programmé sur le premier créneau du samedi matin sur la scène Kuri. L'avantage d'un tel horaire est au moins de ne pas être en concurrence avec beaucoup d'autres événements et j'ai pu suivre ainsi cette conférence.

Il est l'auteur du one-shot Yuki no onna, publié une première fois en France sous le titre Neige d'amour aux éditions Asiatika en 2017, avant d'être repris dans une nouvelle édition chez Chattochatto sous le titre Quand La Neige M'appelle.

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Enfant, Makoto Aizawa a aimé dessiné des mangas et a suivi un cursus universitaire, où il a fait aussi beaucoup de sculpture et s'est intéressé à l'art contemporain, deux domaines vers lesquels il aurait pu aussi se diriger. Cependant, le manga lui procure plus d'émotion et c'est sur cette voie là qu'il a décidé de s'engager.

Le conte classique original qui sert de base à son récit est une histoire qu'il connaît depuis tout petit mais une fois adulte, il a perçu que c'était un bon matériel pour illustrer le thème de la communication mutuelle. Il a transposé le conte à une époque moderne mais aussi en changeant des personnages qui, de bûcherons, sont devenus soldats. Le profil d'un militaire qui doit se battre et faire face à un adversaire avec la manière forte convenait à l'auteur pour montrer le chemin à faire pour comprendre et communiquer avec son ennemi.

Il existe plusieurs versions du conte, avec une première fin classique abrupte qui se termine sur une séparation définitive. Le mangaka a opté pour un dénouement qui laisse percevoir une note d'espoir, en prolongeant l'histoire.

Le style de dessin au lavis à l'encre de Chine montre l'influence à l'époque de la bande dessinée franco-belge. Le mangaka s'est intéressé à la bande dessinée en Europe en découvrant les auteurs cités par Taiyô Matsumoto, l'auteur de Ping Pong, lui-même imprégné. Plus jeune, alors qu'il ne devait s'agir que d'un voyage, Makoto Aizawa a fini par passer plusieurs mois à Paris.

Il a gardé quelques réflexes, tel que se précipiter à la librairie Junku, dans le quartier de l'Opéra à Paris, quand il s'est aperçu qu'il avait oublié du matériel au Japon avant de venir à Japan Expo. Il n'a eu aucun mal à trouver les pinceaux exacts qu'il voulait.

Sur ses planches, il dessine d'abord au crayon avant de scanner, éventuellement corriger via Photoshop puis finalement encrer. Il travaille avec un éditeur, qu'il rencontre un minimum une fois par semaine parfois plus souvent lorsqu'il y a des corrections à apporter sur ses nemu – les storyboards. Pour lui, le succès du système japonais repose sur cette relation entre le tantô et l'artiste. Plus harmonieuse elle sera, plus le résultat final sera bon. 

En revanche, il travaille sans assistant et s'occupe aussi de la documentation en se rendant sur les lieux quand c'est possible. Une fois rentré au Japon et qu'il a voulu dessiné des lieux parisiens, il s'est cependant aider de photos et de modélisations de monuments en 3D pour se rappeler les endroits.

Le choix d'un dessin au lavis ne dépend pas seulement d'une volonté artistique mais aussi de possibilité matériel. L'éditeur japonais de Yuki no onna lui a permis de publier son manga sur un support noble qui rendait honneur à son trait. Sur son prochain projet, où son titre devrait être prépublié sur un magazine avec du papier de bien moins bonnes qualité, il est hors de question d'utiliser de l'encre de Chine ainsi. Certes, l'influence occidentale s'est estompée et Makoto Aizawa a adopté un style plus classique mais les contraintes matériels l'obligent à utiliser des trames s'il veut s'en sortir.

Pendant la conférence, le mangaka a justement fait un joli portrait au lavis de sa femme des neiges.

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Juste après, il a fait une séance d'une heure de dédicaces au stand de Chattochatto, reconduite à nouveau le dimanche.

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Rie Aruga, l'autrice de Perfect World, s'est exprimée en public le dimanche matin, juste après sa dernière session de dédicace au stand Akata.

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Elle a eu des débuts plutôt atypique avec un intérêt pour le manga pendant son enfance mais qu'elle abandonne par la suite pour suivre une carrière classique en entreprise. Le succès de Nodame Candabile qui génère des discussions de fans même au sein de son travail, finit par bouleverser sa vie. En achetant la magazine Kiss, où est prépublié Nodame Candabile, elle est aussi tombée sur les annonce de concours pour jeunes auteurs et elle a décidé de postuler. Le josei, le genre promu par le magazine lui convenait bien. Elle a ressorti ses crayons et s'est procuré des livres de méthode pour composer un manga : Dessiner, faire le découpage et raconter. Elle a aussi parcouru d'autres mangas pour les analyser. C'est une autodidacte complète qui n'a pas suivi d'études spécifiques pour devenir mangaka.

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Chez Kiss, elle a enchaîné les histoires courtes avant d'avoir droit à sa première série Oruto no Kumo kara centrée sur l'astronomie, un thème dont elle était férue. Le manga a cependant été un échec et a été interrompu au bout de 6 chapitres seulement, qui n'ont même pas eu droit à un volume relié au Japon. En France, Akata a sorti l'ensemble sous forme de one-shot intitulé Par-delà les étoiles. Avec le recul, Rie Aruga approfondirait plus le sujet et ferait plus de recherches. Elle ne se voit pas cependant reprendre le projet et fera une nouvelle histoire même si le thème devait rester le même.

Après la fin de sa première série, son tantô lui a soumis l'idée de faire une romance en y insérant la question du handicap. Au début, Rie Aruga s'inquiétait de savoir si elle serait capable d'aborder le sujet. Pour les personnages en charge des soins, elle avait vécu une expérience similaire en devant s'occuper de sa mère atteinte d'une maladie assez lourde, mais elle ne connaissait aucune personne handicapée. Elle s'est donc documenté et au fur et à mesure de ses recherches, elle a eu de plus en plus envie de se lancer dans ce projet.

Son approche principal a été de contacter des gens handicapés et d'écouter leurs témoignages. Parmi eux, elle a justement trouvé un architecte en fauteuil roulant, proche du profil d'Itsuki Ayukawa, son personnages principal handicapé dans Perfect World. Cet architecte lui a aussi introduit vers d'autres personnes paralysées et ainsi de suite. Finalement, ce dernier est devenu consultant sur la série et participe aux réunions éditoriales avec le tantô pour donner son avis sur l'évolution de l'histoire. La mangaka fait très attention à la crédibilité de ses protagonistes et soigne le scénario.

Sur le cycle mensuel de conception des chapitres, l'écriture prend la moitié du temps voir jusqu'à 3 semaines. L'étape de crayonné prend en moyenne 4 jours et il faut compter 6 jours pour les scans et l'encrage avec ses assistants. Les dernières étapes étant au format numérique et l'atelier de la mangaka consistant à une seule pièce dans un appartement, les 3 personnes qui l'aident travaillent ailleurs, à Tôkyô et à Nagasaki.

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Dans le processus créatif, l'autrice recueille les témoignages qui sont parfois utilisés tels quels dans le manga. Même après avoir écrit le scénario et le dialogue, elle demande l'avis à ses contacts pour vérifier que le récit reste plausible. Concrètement, cela a eu un impact sur ses protagonistes principaux. À l'origine, Itsuki était froid et renfermé sur soi-même tandis que Tsugumi devait être une femme pleine d'entrain. Cependant, Rie Aruga ne voulait pas "forcer" le caractère de ses personnages et voulait éviter de les rentre artificiels, ce qui l'a conduite a réviser leurs personnalités.

Un des messages de la mangaka est de rappeler que le problème des personnes en fauteuil roulant ne se limite pas à ne pas pouvoir se lever. Elle discerne aussi deux attitudes récurrentes dans l'entourage, soit une hyper protection infantilisante pour l'handicapé ou bien au contraire une indifférence froide et distance, tout aussi blessante.

Elle considère que la société japonaise est bien avancée en terme d'équipements adaptés mais qu'il reste beaucoup de travail à faire pour sensibiliser les gens qui ne sont pas tout habitués à côtoyer des handicapés. Elle estime que son manga n'a pas eu d'impact notable au Japon mais elle se félicite de l'audience élargie que le sujet a pu avoir via les adaptations en drama et au cinéma de Perfect World.

Sur ces adaptations, elle a validé les chartes des deux projets ainsi que le choix des acteurs. Elle a ensuite fait confiance aux équipes qui ont conduit les 2 projets et elle apprécie qu'ils aient abouti à des résultats originaux, sensiblement différents l'un de l'autre.

Pour la fin de Perfect World, elle cherche à montrer le bonheur de ses personnages principaux. Pour elle, l'idée de monde parfait se conçoit à l'échelle de chaque individu et uniquement de son point de vue. Parmi les nombreuses rencontres, elle a été particulier touchée par l'expérience d'un jeune homme du même âge qu'Itsuki et qui a lui aussi trouvé sa voie. Rie Aruga souhaite que son manga laisse une bonne impression à ses lecteurs, une fois qu'il sera terminé.

Quand on lui a demandé quel type de sujet elle voudrait faire après Perfect World, elle avoue qu'un titre plus léger sera plus facile à vivre au quotidien mais qu'elle continuera sans doute à aborder un thème sérieux étant donné l'impact positif que cela peut avoir.

Pendant la conférence, Rie Aruga a dessiné Tsugimi et Itsuki.

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Avant de conclure ce 2e article, je tiens à saluer l'effort des éditeurs à tenir des séances de dédicaces avec leur invités en dehors de Japan Expo, principalement dans les Fnacs à Paris – mais pas que. Kenshirô Sakamoto, l'auteur de Fairy Tail - La grande aventure de Happy, a été dans 3 librairies parisiennes différentes entre le vendredi au lundi 8 juillet, avant d'aller sur Lille lundi, puis Nantes et Le Mans ce mardi. Rie Aruga était ainsi à la Fnac Montparnasse le jeudi, Shuji Sogabe à la Fnac Saint-Lazare le jeudi aussi, Daiki Kobayashi à la Fnac Italie le vendredi, Tsuyoshi Takaki à la Fnac Montparnasse le samedi, sans oublier Di Nianmiao – auteur d'Ultramarine Magmell – qui était à la Fnac La Défense le mercredi. Pour ce dernier, j'ai été agréablement surpris qu'il ait fait un dessin pour tout le monde même s'il n'y avait pas énormément de monde et une plage horaire conséquente. Avec Japan Expo, il a enchaîné 9 séances de dédicaces en tout, avec un dessin différent pour chaque personne, si j'ai bien compris...

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