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Japan Expo 2012 Chapitre Trois - Calligraphie, Madhouse, Urasawa et guitares

Par le :: Manifestations

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Après un premier compte rendu, puis un deuxième, j'entame un troisième article centré sur deux des invités, Masao Maruyama et surtout l'invité d'honneur manga, Naoki Urasawa, très en vue pendant cette édition.

Calligraphie et art culinaire

Avant cela, je m'intéresse tout d'abord aux séances de calligraphie sur la scène culturelle. La programmation donnait l'impression que la moitié des activités concernait l'écriture des kanjis cette années, mais c'est cependant une fausse idée et derrière un même titre se cachaient plusieurs types d'exercices et pas moins de trois intervenantes, chacune avec son style et ses formats.

Kuniyo Tasaka et Sekka Nakagawa ont eu une approche très traditionnelles pendant leur démonstration, tandis que Mayumi Iawagami apportait une touche un peu plus showbiz avec un fond musical moderne. Quelques part, les prestations m'ont laissé la même impression que les tours de magie que peuvent effectuer des prestigitateurs.

Japan Expo 13

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Chaque jour, peu avant midi, vous aviez aussi un rendez-vous recette de cuisine japonaise. Je m'attendais à voir des fourneaux mais pendant les deux fois que j'ai pu un peu suivre, il s'agissait d'une vidéo projetée, avec l'explication orale en direct. La présentatrice qui s'exprimait dans la langue de Molière maîtrisait bien son sujet et malgré cette forme de démonstration, plus théorique que pratique, elle réussissait à captiver son auditoire, très nombreux pendant ses séances. J'ai bien aimé les petits conseils ci et là pour sonder la température d' l'huile, par exemple, ou pour éviter d'en mettre partout quand vous commencez à manipuler les aliments avec les mains.

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Le carrefour de l'Europe

Dans un autre registre, le rendez-vous phare des adeptes de cosplay, a été la finale de l'European Cosplay Gathering, qui réunissait les finalistes venus des différents pays d'Europe qui y participent. Par expérience, c'est le moment, où c'est le plus difficile de prendre des photos depuis l'espace réservé à la presse, car non seulement vous avez les photographes habituels mais aussi toutes les clans étrangers qui viennent en force et qui font le voyage de loin, rien que pour couvrir ce défilé, qui dure à peine une heure. 

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La gagnante en catégorie individuelle a été une allemande, dans une très jolie Saber de Fate/Stay Night, tandis que les françaises ont terminées premières des groupes.

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Un manga à l'honneur

Une exposition consacré à Naoki Urasawa était située en bordure des stands des éditeurs, vers les stands japonais. Vous pouviez y voir plusieurs reproductions de ses illustrations, issues de ses mangas à succès, mais aussi quelques panneaux explicatifs qui présentaient l'auteur, sans oublier plusieurs goodies.

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Deux amis se retrouvent en France

Sur la scène Japan Expo, le cofondateur du studio Madhouse, Masao Maruyama avait sa conférence publique le jeudi tandis que Naoki Urasawa a tenu la sienne sur la scène principale le samedi, comme c'est la tradition pour les invités d'honneur manga. Entre les deux, ils avaient un rendez-vous commun, intitulé du manga à l'anime, où ils ont entamé une discussion entre eux, rythmée par des questions du public.

Plusieurs thèmes sont revenus au cours des 3 rendez-vous et s'il y a eu quelques répétitions, l'échange entre le producteur et le dessinateur a été vraiment complémentaire par rapport à la conférence grand public du samedi.

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Je traiterai d'abord de l'intervention le jeudi de Masao Maruyama, qui répondait à des questions concernant principalement Madhouse.

Le studio est né en 1972, par la volonté d'anciens animateurs de Mushi Production, alors sur le déclin. Masao Maruyama est l'un des cofondateurs, avec entre autres, Osamu Dezaki, qui a dirigé le premier travail majeur du studio, la série qui adapte Ace o Nerae! - Jeu, set et match. Ce n'est pas la première production de Madhouse dans l'absolu, mais c'est celle qui a fait connaître le studio.

La disparition d'Osamu Dezaki en 2011 a touché Masao Maruyama, qui n'a plus considéré Madhouse comme étant comme avant, et du coup, il a n'a pas hésité à partir pour fonder un nouveau studio, Mappa. La première production effective de la nouvelle maison de production est Sakamichi no Apollon, a.k.a. Kids on the Slope et diffusé en simulcast en France.

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Etant donné que c'est le premier titre de Mappa, le producteur n'a pas regardé à la dépense pour fournir un titre de qualité. La diffusion venant de se terminer, il n'a pas encore tous les retours pour savoir si le projet a été rentable et, en plaisant, il a indiqué en plaisantant que si Mappa disparaissait, ce serait à cause de son manque d'attention pendant la production de Kids on the Slope.

Mamoru Hosoda, une autre figure emblématique, a fait une infidélité à Madhouse en formant son studio Chizu pour la production du le film Les enfants loups, Amé & Yuki et une question a porté sur la répartition des rôles entre Madhouse et le Chizu pour ce long métrage. Masao Maruyama a expliqué simplement que Chizu s'était occupé de la réalisation du film proprement dite, alors que Madhouse s'est plus chargé de la gestion globale du projet.

Parmi les réalisateurs qui l'ont marqué pendant sa carrière, Masao Maruyama a cité Osamu Dezaki mais aussi le nom de deux autres : Tetsuro Araki, qui a dirigé l'adaptation de High School of the Dead et surtout Satoshi Kon.

Dès qu'il a prononcé le nom de Satoshi Kon, le producteur a rappeler les voyages effectué par la réalisateur en France pour présenter à quelques années d'intervalle, Tokyo Godfathers et Paprika. Il aurait aimé que ce dernier soit aussi là à Japan Expo.

Masao Maruyama nous a fait remarqué qu'il portait un T-shirt de Paranoïa Agent, et il l'a enlevé pour que nous puissions mieux le voir, le motif n'étant pas très explicite. Emporté par son discours, il a fini par faire don de son T shirt à l'assistance et cet homme de 70 ans a fini la conférence du jeudi en maillot de corps.

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Plus tard, une question demandait s'il allait produire, chez Mappa, Yumemiru Kikai, le film posthume de Satoshi Kon, alors que le projet a été mis en sommeil chez Madhouse, suite aux difficultés financières du studio. Le préambule de la réponse de Masao Maruyama m'a marqué : Il a déclaré qu'il avait vraiment hésité à venir en France, car il s'attendait à une telle question et qu'il ne voulait pas y répondre.

Il y a quand même répondu en mentionnant qu'il avait tous les dessins nécessaires en main et  que le scénario était terminé. Il a surtout cité les derniers mots que lui a dit Satoshi Kon : "Je te laisse faire ce que tu veux, une courte phrase qui pèse maintenant sur ses épaules". Même si de nombreux animateurs sont prêts à participer, le projet rencontre l'éternel problème du financement.

Masao Maruyama estime n'avoir qu'une poignée d'années devant lui avant d'arrêter de travailler et s'il ne finit pas ce film, il imagine tout à fait revoir son ami au ciel lui lancer "va en enfers". Ambiance.

Nous avons baculé ensuite sur un sujet moins poignant et le producteur a été invité à s'exprimer sur le passage du tout à la main vers l'usage intensif du numérique, notamment pour les couleurs. Il a reconnu que le savoir faire d'autrefois faisait plus raffiné mais il n'a pas souscrit à l'idée que les travaux d'aujourd'hui sont moins bons. Il avait en tête des productions soignées et selon lui, tout dépend encore et toujours du réalisateur et du directeur artistique.

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Dès sa conférence le jeudi, Masao Maruyama a abordé la problématique de l'adaptation des mangas, avec d'abord l'exemple de Gunslingers Girls, dessiné par Yu Aida. Avec un tel thème, inspiré du film Léon, il est difficile de cibler le public, ce qui ne plait aux sponsors et ce qui entrave l'arrivée des financements. Le producteur a vendu le projet en tant que récit teinté de tristesse.

C'est loin d'être la seule adaptation à son actif et pour Gunslingers Girls, il a pu constater une forte implication de l'auteur d'origine, qui surveillait attentivement le projet. Masao Maruyama se concentre sur les relations avec la maison de production du manga, tandis que la gestion opérationnelle est laissée entre les mains du réalisateur, du directeur artistique et du directeur de l'animation.

Le travail de groupe doit caler les histoires dans des épisodes formatés, avec une durée fixe, alors que le manga a beaucoup plus de liberté. Même si vous considérez que l'anime et le manga sont deux œuvres distinctes, le but est que le public apprécie l'adaptation.

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Est venu ensuite le cas particulier des titres dessinés par Naoki Urasawa, qui ont fait l'objet de série anime produites chez Madhouse.

Dans son enfance, Naoki Urasawa a été influencé par des anime produits à l'époque chez Mushi production et très jeune, il a remarqué que des personnes créditées étaient communes entre les différentes séries. L'un des titres qui l'a profondément marqué est Ashita no Joe, et le mangaka se souvient d'avoir reproduit des personnages au crayon gras 4B, avec d'énormes sourcils, quand il avait 9 ans.

A l'époque, Masao Maruyama et Osamu Dezaki avaient voulu adapter Ashita no Joe à tout prix mais quand le projet a commencé, ils se sont trouvés confrontés à un problème de style. L'équipe en place excellait dans le shôjô et les personnages mignons, à cent mille lieux de ce qu'ils devaient faire pour des boxeurs.

Les dessinateurs ont laissé tomber les crayons HB pour des traits beaucoup plus gras avec du 2B, pour arriver à un résultat semblable à ce que vous voyez dans les 101 Dalmatiens de Disney, dixit  Masao Maruyama.

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Naoki Urasawa considère qu'il avait un esprit voltairien dès son enfance. A l'école, un de ses camarades avait écrit une histoire, où une famille nageait dans le bonheur, ce qui lui avait valu les félicitations du professeur, mais pour le futur mangaka, c'était un récit bancal et irréaliste. Par réaction, il a rédigé une version, où il arrive les pires malheurs à ses personnages et le résultat concret qu'il a retenu, est qu'il a été réprimandé par le maître d'école.

Longtemps, le mangaka a hésité à se lancer, en constatant que les mangas qu'il aimait étaient ceux qui se vendaient le moins bien, donc il imaginait mal gagner sa vie en étant à porte à faux avec les goûts du public.

Il a toujours considéré le manga comme une composante quotidienne de son existence : Il a toujours dessiné le soir, quoiqu'il fasse par ailleurs, que ce soit l'école, du sport ou de la musique. En revanche, il se souvient d'un instant clef de son adolescence, quand il a dévoré les tomes du Phoenix d'Osamu Tezuka à 13 ans. Il les a lu dans un des couloirs qui donnaient sur le jardin chez lui, et il ne s'est pas rendu compte que la nuit tombait, tellement il était absorbé dans sa lecture. Une lecture, qui l'a marqué à vie.

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A l'âge adulte, Naoki Urasawa pensait devenir éditeur et a utilisé ses planches comme support pendant les entretiens d'embauche. Une personne l'a convaincu de postuler avec un de ses essais concours de la Shôgakukan et il a ainsi obtenu le prix de meilleur jeune mangaka. Bon gré mal gré, sa carrière professionnelle a commencé mais il s'était donné un an devant lui pour tester. C'était il y a maintenant 30 ans.

Le succès de Yawara qu'il a dessiné à partir de 1986, a entraîné une adaptation en anime chez Madhouse. A l'époque, Naoki Urasawa ignorait que les acteurs du studio étaient les producteurs des séries cultes de son enfance, mais il a réalisé après qu'il a accompli son rêve de travailler avec ceux qui l'ont influencé.

Pour revenir à Yawara, Naoki Urasawa s'est étonné de la confidentialité du manga ou de l'anime en France, alors que notre pays est une grande nation du judo. La conférence a rappelé l'impact important de la série au Japon, où la réalité a rejoint la fiction, quand Ryoko Tamura a suivi les traces de l'héroïne de Naoki Urasawa et qu'elle a décroché la médaille d'argent aux jeux olympiques de Barcelone en 1992. La judoka est devenue Yawara-san dans les esprits des japonais, dont beaucoup ont fini par penser que le manga et l'anime a été produit en son honneur, alors qu'ils sont bien antérieurs à l'exploit sportif réel.

Le mangaka nous a appris que pour étudier le judo de près, il avait pris la place d'un des arbitres pendant les matches, même s'il n'intervenait pas mais du coup, il est souvent passé à la télévision pendant les retransmissions, à cette époque.

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Pour les adaptations, il donne son avis et prodigue des conseils. Il valide aussi le scénario et le design des personnages. Dans l'anime Monster, par exemple, il a corrigé la corpulence des protagonistes européens, qu'il trouvait trop frêles à son goût.

Il est content de pouvoir participer à ce genre de projet mais si son point fort est le manga, beaucoup le décourage de pénétrer plus en avant dans le métier d'animation. D'abord sa femme, qui est persuadée qu'il laissera tomber tout le reste s'il se lance dans l'animation, mais aussi son fan numéro un, Masao Maruyama, qui se désespère rien qu'à l'idée que Naoki Urasawa reste, ne serait-ce qu'un mois, sans dessiner ses supers mangas.

L'ancien producteur de Madhouse apprécie tout dans les titres de Naoki Urasawa, que ce soit les personnages, les histoires et les multiples détails. A mi-mot de la plaisanterie, il a d'ailleurs avoué être venu à Japan Expo car le mangaka s'y trouvait aussi et qu'il avait voulu s'insérer pour revoir son idole. C'est aussi un vrai challenge professionnel que de se lancer dans les adaptations des mangas de Naoki Urasawa.

Produire 12 épisodes prend déjà 3 mois et les sponsors sont réticents à s'engager sur de longues séries, alors que c'est la caractéristique des mangas de Naoki Urasawa. Un artifice est d'écourter certains passages mais Masao Maruyama ne voit pas comment y parvenir sans dénaturer complètement l'oeuvre d'origine.

Naoki Urasawa a souligné que beaucoup d'initiatives sont lancées mais que très peu de réalisations concrètes arrivent jusqu'au bout.

Monster a été un projet exceptionnel car dès le départ, l'équipe s'est engagée à produire la totalité des 74 épisodes, en réussissant le tour de force de ne rien enlever ni rien ajouter. Encore mieux, le réalisateur, Masayuki Kojima, est allé jusqu'à respecter les angles de vue du manga et il a juste animé les scènes.

Outre ce réalisateur, le mangaka avait aussi apprécié sa colllaboration avec Kitarô Kôsaka, le réalisateur de Nasu – un été en Andalousie,  que ce soit sur Master Keaton ou Monsters. Masao Maruyama avait un avis moins enthousiaste car en tant que producteur, il a toujours trouvé Kitarô Kôsaka trop lent.

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Naoki Urasawa a été fortement marqué par la série américaine Le fugitif, dont il a trouvé l'intrigue très intéressante et sur laquelle il a beaucoup réfléchi en se demandant si le héros pouvait être autre chose qu'un médecin. En parallèle, il avait abandonné une histoire relative au mythe de Frankenstein et il s'était promis d'en adopter le schéma dans un de ses mangas.

Tous ces éléments se sont retrouvés dans Monster. Le récit se déroule en Allemagne, car pour l'auteur, qui dit médecine pour un japonais, dit connotation allemande. Représenter un pays étranger ne lui a pas rendu le travail plus difficile que cela ne l'est déjà de coller avec la représentation de la réalité comme il en a l'habitude.

Depuis le début, il avait envie de composer des thrillers, et Monster est la première concrétisation de son vrai style, par rapport à des œuvres de jeunesse comme Yawara ou Happy, où nous retrouvons quand même son amour des femmes fortes.

Quand Happy s'est terminé, il a goûté avec délectation la conclusion de la série, qui a lui a demandé de suivre une cadence infernale de publication. Le soir même, dans son bain, il ébauchait les premières idées pour lancer 20th Century Boy, en partant de ses souvenirs du collège.

Naoki Urasawa a expliqué les fins hétéroclites de Monster et de 20th Century Boy. Pour cela, il s'est d'abord référé aux chapitres de Master Keaton, où il a du enchaîner environs 200 fins classiques pour conclure les enquêtes. La forme, si propre, lui a paru surfaite et irréelle, d'où son choix maintenant de proposer des fins où il dialogue indirectement avec le lecteur pour aboutir ensemble à une conclusion.

La conférence de Naoki Urasawa sur la scène principale s'est terminée par une dédicace publique sur un mur blanc.

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De son côté, Masao Maruyama a encore un projet en tête avec l'adaptation de Pluto. En ayant à son actif quelques expériences sur la série Astro, il a senti un coup du destin quand Naoki Urasawa a commencé son manga, qui reprend les célèbres personnages d'Osamu Tezuka. Dés la publication du premier chapitre, le producteur a eu envie d'adapter le titre mais son regret est qu'au final 8 tomes représente une série conséquente à produire et qu'encore une fois, il n'a pas beaucoup d'années devant lui pour lancer un tel projet. Pour bien faire, il faudrait 8 épisodes d'une heure et les sponsors se font désirer. 

J'ai la guitare qui me démange

Pendant le week-end, Naoki Urasawa nous a montré une autre facette de son talent. Grand fan de Bob Dylan dès le lycée, il gratte de la guitare et nous a interprétés quelques chansons pendant sa conférence le samedi, mais il a surtout joué avec Hemenway le dimanche après midi. Dans le monde des anime, le groupe est connu pour des génériques d'Eureka Seven et Naruto, qu'ils ont rejoués sur scènes.

La prestation solo de Naoki Urasawa avait de la gueule mais ses interprétations avec le renfort rock d' Hemenway étaient encore mieux. Le concert a fait partie des petits instants magiques de cette édition 2012. 

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