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Compte rendu de la carte blanche à Katabuchi Sunao

Par le :: Manifestations

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Une quinzaine de jour après le passage de Rintarô, avait lieu la carte blanche accordée à Sunao Katabuchi au Forum des Images, à Paris. La formule est la suivante : Le réalisateur concocte un programme à l'aide d'extraits de films qu'il souhaite présenter au public et entre deux projections, il commente son choix ou en profite pour aborder un sujet qu'il lui tient à coeur.     

L'événement se composait de 2 séances, la première à 19h et la seconde à partir de 21h théoriquement. Dans le cas de Katabuchi, le premier volet était consacré à des films d'animation qui l'ont influencé ou bien marqué, tandis que la suite devait concerner ses propres travaux, de la série Sherlock Holmes à Mai mai miracle.

Le réalisateur est en France pour assister à de nombreuses projections de son dernier film Mai mai Miracle mais aussi de son précédent, Princesse Arete, au cours de festival dans la banlieue parisienne. En consultant les horaires prévus, il suit un périple marathon, avec parfois plusieurs séances par jour du matin au soir, dans des lieux différents et rien que l'intervention d'hier était déjà difficile selon ses propres dire car il venait d'arriver du Japon la veille.

Je n'ai assisté qu'à la première session, la deuxième séance devant commencer en plus en retard.  Indépendamment des speechs du réalisateur, je regrette surtout d'avoir manqué une nouvelle projection du fabuleux pilote de Little Nemo.

Pendant sa carte blanche, Katabuchi a commencé par être verbeux avant d'effectuer des interventions beaucoup plus courtes, pressé par le temps. Le bon point est que le programme prévu a été complètement respecté et que tous les extraits ont pu être diffusés, en ce qui concerne la première partie. 

Les trois premiers extraits ont été projetés ensemble et il s'agit de classiques de l'animation japonaise : D'abord le film de 1963 Wanpaku-ôji no Orochi-taiji - Le Prince-garnement terrasse la Grande Hydre -, puis des scènes du Chat Botté, parmi celles animées par Hayao Miyazaki et enfin un bout d'épisode d'Haha wo Tazunete Sanzenri - Trois mille lieux à la recherche de maman -, une série réalisée par Isao Takahata.

Wanpaku-ôji no Orochi-taiji a une place particulière pour Katabuchi. Tout d'abord, c'est le premier film d'animation, qu'il se souvient d'avoir vu pendant son enfance, dans le cinéma tenu par son grand-père. Ensuite, le film a une importance historique pour l'animation japonaise, comme beaucoup de titres de l'âge d'or de la Toei.

L'extrait visionné, avec un combat dans les cieux, démontre une touche à la japonaise, qui se démarque des productions américaines de l'époque. Les personnages sont dépeints de façon différente et la mise en scène n'hésite pas à exploiter les vues en perspective, au lieu de suivre des mouvements latéraux plus simple à animer. Le résultat donne l'impression d'avoir été pris avec une caméra en prise de vue réelle, au lieu d'un montage image par image. Enfin, autre élément personnel, son mentor, qui l'a formé à l'université et aidé à ses débuts, faisait aussi partie du staff du film.

Le deuxième titre, Le Chat Botté, a également une connotation personnelle car ce film a marqué la fin de carrière d'exploitant de salle de son grand-père. Sur ce long métrage, le réalisateur Kimio Yabuki a laissé beaucoup de liberté à ses animateurs et notamment l'écriture des storyboards, selon les scènes attribuées à chacun.

Le moment de la fuite du jeune couple dans la tour, face au méchant, a été confié à Hayao Miyazaki et c'est cet extrait qui a été diffusé. Il est indéniable de retrouver la patte du réalisateur, remarqué par Katabuchi, qui souligne la construction de la fuite dans les airs, acculé, un moment que vous retrouvez ensuite dans les films de Miyazaki, notamment Laputa, le château dans le ciel ou encore le château Cagliostro.

Ce genre de scène a permis à Katabuchi à savoir comment fonctionnait Hayao Miyazaki et lui a facilité la son travail lorsqu'il a fallu collaborer avec lui sur Sherlock Holmes.

Pour Haha wo Tazunete Sanzenri, alors qu'il s'agit juste d'une série télévisée, l'originalité est d'avoir une thématique grave et sérieuse, bien loin des histoires légères habituelles. Katabuchi a mentionné la justesse de la description du petit garçon principal, confronté à un dilemme pendant la scène projetée. La date de diffusion marque aussi le passage du réalisateur de l'enfance à l'âge adulte, et une nouvelle maturité de l'animation japonaise.

Les morceaux suivants ont été des courts métrages classiques dans le monde de l'animation.  Rythmetic est une production canadienne, co-réalisée par Norman McLaren et Evelyn Lambart, qui date de 1956 et a été primé par un ours d'argent à Berlin. Le film joue sur les chiffres et les opérations. Je ne compte plus les projections du Hérisson dans le brouillard (1975), du russe Youri Norstein, qui a donc été rediffusé ici, encore une fois.

Les extraits suivants sont plus originaux et modernes, avec d'abord La Sirène (1997) d'Alexandre Petrov suivie de la Belle au Bois d'or (2001) de Bernard Palacios. Petrov a eu recourt à une technique impressionnante de peinture à l'huile appliquée sur du verre, qui fait que chaque image est un tableau. Pas étonnant qu'il ait passé 2 ans à concevoir et photographié les quelques 30 000 plans nécessaires pour les 10 minutes d'animation.

La Belle au Bois d'or est beaucoup plus simple mais aboutit à une composition aussi complexe, avec un scénario ancré dans l'air du temps, qui peut faire office de métaphore pour beaucoup de situations rencontrées aujourd'hui.

Si mes souvenirs sont bons, en 2001, Jacques Colombat et Sunao Katabuchi avaient participé à une session commune, à l'occasion de la projection de Princesse Arete. Ce soir, le réalisateur japonais en a profité pour diffuser un extrait de 5 minutes de Robinson et Compagnie  en présence de son réalisateur français, qui était dans la salle pour assister également à la carte blanches. Vous trouviez d'autres têtes connues dans les travées, tels que Mme Kaze ou M. Animeland.

Le dernier extrait était un film amateur d'étudiants, Cemedain Bond et le train G17, une course poursuite endiablée. Le résultat est loin de la prouesse de Daicon IV mais l'ensemble est honorable et comporte des passages dignes de l'humour de Tex Avery. L'amusant est de savoir que son réalisateur, Hiroshi Hara, est maintenant dentiste.

Je conclus cet article en vous listant les extraits prévus pendant la seconde partie: D'abord l'épisode phare de Sherlock Holmes, le Rubis Bleu, réalisé par Hayao Miyazaki, puis le pilote de Little Nemo, puis Kiki la petite sorcière, suivie par La cité des Canons, un des sketches de Memories, puis Lassie adaptée en anime, puis la bande annonce de Princesse Arete, puis une cinématique du jeu Ace Combat 04, suivie par du Black Lagoon et enfin, un extrait de Mai Mai Miracle.


carte blanche sunao katabuchi

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Commentaires sur ce billet:

  1. Le 11/02/2010 à 07:44
    Dans Compte-rendu de la carte blanche Sunao Katabuchi..., il a été dit

    [...] Un article lire aprs celui dAnimint qui relate la premire partie de cette carte blanche. [...]

  2. Le 19/02/2010 à 18:21
    Nao a dit

    Coucou,

    Merci pour ce rsum Pazu. J'aurais bien aim y aller (moi qui suis compltement dconnect de la japanime, Katabuchi est un des derniers ralisateurs qui m'aient vraiment marqu), mais je n'tais pas dispo ce soir-l.

    Pour ceux qui s'intssent Katabuchi, j'ai "tent" un compte-rendu de la projection de Princess Arete et Mai Mai Miracle Argenteuil le 13 fvrier.

    http://nao.noisen.com/5633/la-princesse-et-le-miracle/

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