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Japan Expo 2016 1 : Saint Seiya & Gwendoline l'honneur

Par le :: Manifestations

japan_expo , 2016

La 17e édition de Japan Expo s'est déroulée du 7 au 10 juillet 2016, au parc des expositions de Paris-Nord-Villepinte, comme à son habitude. Le festival embrasse un spectre très large des loisirs japonais : Manga, anime, culture traditionnelle,  J-music, mode, cosplay, jeux vidéo, cuisine et j'en oublie, le tout sur plus de 120 000 m2.

Pour débuter la série de comptes rendus, je me focalise sur deux titres mis en avant pendant le salon et dont nous fêtons les 30 ans des mangas cette années,  à savoir – un peu – Gwendoline et – beaucoup – Saint Seiya.

Japan Expo 2016

En ce qui concerne Gwendoline, une exposition très succincte était installée en bordure des stands jeunes créateurs, à côté de celui d'Isan Manga qui réédite le titre en France. C'était l'occasion de voir une série d'illustrations et une courte présentation de la dessinatrice Yoko Hanabusa.

Japan Expo 2016

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Cette dernière était invitée à Japan Expo et elle était notamment en conférence le jeudi après-midi, en compagnie de Harumo Sanazaki, une autre mangaka qui a plus d'une centaine de titres à son actif. Ce n'est pas leur première visite en France et elles étaient d'ailleurs présentes à Lyon toutes les deux, en novembre dernier. Yoko Hanabusa a toujours été étonnée de la notoriété de Gwendoline en France.

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Elles sont revenues brièvement sur leurs débuts, avec une envie de faire du manga dès l'école primaire pour l'auteur de Gwendoline. Pour Harumo Sanazaki, la vocation de mangaka proprement dite est arrivée plus tard mais de santé fragile pendant son enfance, elle a vécu quasiment enfermée et a découvert sur le tard le monde extérieur, avec passion. Tout ce qu'elle aime lui a donné envie de dessiner, que ce soit les comédies musicales ou bien les pièces de théâtre, du Fantôme de l'Opéra à Macbeth.

Harumo Sanazaki a débuté sa carrière en envoyant son manga à un éditeur. C'est selon elle, l'une des 3 manières classiques pour débuter, les deux autres étant d'envoyer son essai à un journal local ou bien de participer à un concours. Depuis 10 ans, elle constate une 4e voie sérieuse, qui consiste à se publier soi-même sur internet ou le Comiket, en espérant attirer l'attention d'un éditeur.

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Après 35 ans de carrière, Harumo Sanazaki constate également que le niveau général des mangas s'est amélioré du point de vue technique, mais elle a vu aussi que les responsables éditoriaux sont de plus en plus jeunes et inexpérimentés. Ces derniers ont des exigences de qualité moindres que leurs ainés et cela se ressent sur le résultat final. Elle s'en désole.

Yoko Hanabusa est aussi revenue sur l'évolution technologique et l'arrivée du numérique. Pour sa part, elle s'en tient à la bonne vieille méthode traditionnelle, en reprochant à d'autres auteurs d'abuser des facilités des corrections du numérique, qui l'empêche selon elle d'arriver à un travail vraiment abouti.

La conclusion est revenue à Harumo Sanazaki, qui a prodigué son principal conseil pour être un bon mangaka : Élargir ses horizons et ses lectures, en sortant du domaine du pur manga.

L'une et l'autre ont dessiné à la fin de la séance, sur une table pour Yoko Hanabusa tandis que Harumo Sanazaki était devant un chevalet. La séquence de discussions était finalement réduite à une trentaine de minutes, sans interaction avec le public, ce qui est toujours un peu dommage.

Japan Expo 2016

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Si l'opération Gwendoline est restée assez discrète, les rendez-vous autour de Saint Seiya ont eu plus de visibilité. Certes, vous n'aviez pas Masami Kurumada, l'auteur original mais vous aviez les dessinatrices de 2 spin-offs sur 4 : Shiori Teshigori pour Saint Seiya : Lost Canvas et Chimaki Kuori pour Saint Seiya : Saintia Shô. À cela se rajoutent deux noms, Yuko Iwasa et Osamu Nabeshima, respectivement chara designer et réalisateur sur l'adaptation animée de Lost Canvas.

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Un espace exposait plusieurs illustrations des 2 dessinatrices des spin-offs, à côtés d'une série de dioramas avec des myth clothes, montés et réunis par des fans pour célébrer les 30 ans de Saint Seiya.

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Shiori Teshigori avait sa conférence publique le jeudi après-midi. Pour ma part, je l'avais vue pour la première fois en 2013 lors de son passage à Nice. La session consistait en une séquence de questions réponses, pendant qu'elle effectuait ses dédicaces publiques. Son premier portrait a été Degel, le chevalier du Verseau, étant donné que le personnage est français et que ce jeudi, il était encore question d'euro de football avec le match France Allemagne le soir.

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La mangaka a lancé sa carrière en participant à un concours de manga Game Fantasy organisé par Square Enix, avant de remporter le concours suivant. Elle a intégré le milieu en même temps qu'une autre dessinatrice connue, Hiromu Arakawa, l'auteur de Fullmetal Alchemist. Elle a fait ses premières armes en tant qu'assistante.

Quand Shiori Teshigori a sorti son premier manga, elle l'a offert à Masami Kurumada pendant une de ses séances de dédicaces, l'auteur de Saint Seiya l'ayant beaucoup marquée depuis son enfance.

Quelques temps plus tard, Masami Kurumada a pensé à un double projet de spin-off avec Next dimension d'une part et Lost Canvas d'autre part, qu'il présente à la maison d'édition Akita Shoten. À l'origine, les deux récits doivent aborder les mêmes événements mais avec des points de vue différents. Le mangaka propose de charger Shiori Teshigori, également en contrat chez Akita Shoten à cette époque, de faire le volet Lost Canvas.

Avant ces spin-offs, il y a eu le volet Episode G de Megumu Okada, que la mangaka trouve excellent mais la plus forte pression venait de la publication de Next Dimension en même temps que Lost Canvas et de la comparaison qui s'est faite. D'un autre côté, sans Next Dimension, il n'y aurait pas eu son manga, grâce auquel Shiori Teshigori est maintenant connue hors du Japon.

Pendant la publication des chapitres à un rythme hebdomadaire, jusqu'à faire 25 tomes, le poids ne s'est jamais allégé et ce n'est qu'après qu'elle a pu prendre un peu de recul et se rendre compte du succès. A contrario, après 5 années intenses, elle a subi le contrecoup de la fin de la saga qui a laissé un grand vide et l'a quelque peu déstabilisée à ce moment-là.

La dessinatrice se rappelle également d'un accident où son chat a renversé de l'encre sur une planche qu'elle a du refaire complètement.

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Son travail lui laisse un peu de temps pour lire et elle a pu mentionner son manga coup de cœur du moment : Les Enfants de la Baleine d'Abi Umeda, un autre auteur publié par Akita Shoten au Japon – et chez Glénat en France.   

Masami Kurumada est venu avec une idée d'histoire courte avec une analepse entre Tenma et Alone, personnage dans lequel la mangaka s'est beaucoup investie et y a mis quelques parts d'elle-même pour développer l'ébauche qu'avait faite l'auteur original de Saint Seiya. Au début, ce dernier validait les story-boards de Shiori Teshigori mais il l'a laissée faire très rapidement, estimant qu'elle se débrouillait très bien.

L'apparition d'Albafica, le chevalier d'or du Poisson, a donné un élan au titre, qui est passé de série courte à un projet de grande saga. Le choix du poisson a été volontaire pour surprendre les fans, habitués au chevalier d'or original. Albafica est d'ailleurs le protagoniste qui donne le plus de mal à la mangaka, parce qu'il faut qu'il soit la beauté incarnée et elle n'est jamais satisfaite du résultat, qu'elle pense toujours pouvoir améliorer.

Un autre chevalier d'or mis en avant dans Lost Canvas est Magnigoldo, le chevalier d'or du Cancer. En fait dans la saga originale, contrairement à la plupart des fans, Shiori Teshigori aime bien Masque de mort, qu'elle trouve classe et très puissant. Elle a aussi beaucoup aimé Camus et Saga, à travers les duels qui les ont opposés respectivement à Hyoga puis Seiya, mais elle préfère désormais Dohko. Elle ne pense pas redessiner les chevaliers d'or d'origine, ne voyant pas ce qu'elle pourrait apporter de plus.

Elle a cependant expliqué pourquoi le design des armures des chevaliers d'or dans Lost Canvas était proche des dessins originaux. Il y a avait bien une envie chez Masamu Kurumada et elle de placer des concepts plus novateurs, mais le manga a eu du mal à s'imposer à ses début et leur éditeur leur a conseillé de ne pas bousculer les fans.

Au début, l'histoire fait intervenir Pandore pour les besoins du scénario mais le personnage se révèle populaire et revient avec un caractère plus approfondi, qui lui font prendre des postures plus féminines, même si Shiori Teshigori ne le pense pas dans le sens classique du terme mais plutôt en songeant à ses sauts d'humeurs dans le manga.

Un autre protagoniste que l'auteur a abordé est Yôma de Méphistophélès, inspiré par ses recherches sur les dieux Kairos et Chronos. Il sort pour elle des sentiers battus et lui a permis d'offrir un dénouement inattendu.

En ce qui concerne Sasha, elle a souligné son origine modeste par rapport à Saori, fille de bonne famille, qui embrasse complètement sa divinité. Sasha est beaucoup moins sûre d'elle, a du mal à s'imposer et doit s'accrocher. 

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L'auteur a le souci de l'originalité et pour The Lost Canvas Chronicles, elle a effectué des recherches diverses de mythes et légendes, au-delà de la civilisation grecque pour éviter de se répéter et de faire du déjà-vu. L'exercice des chroniques est particulier car elle devait faire tenir le récit sur un tome et elle a beaucoup appris de cette expérience au niveau scénaristique. Elle n'a pas de référence particulière pour les caractères des personnages dans ses chroniques mais elle se fie à l'image qu'elle a de chaque chevalier d'or pour composer son portrait. À travers des épisodes centrés sur des protagonistes différents, elle a cependant noué des relations entre les chevaliers et introduit l'idée que le véritable ennemi se trouve à l'intérieur du sanctuaire.

En revanche, elle n'est pas revenue en détail sur les spectres dans ces chroniques, par manque d'idée originale et s'est juste permis une allusion aux Berserkers d'Arès. Elle n'a aucun regret de ne pas avoir approfondi plus Arès dans ses chroniques parce qu'elle considère que l'honneur de le faire doit revenir à Masami Kurumada. Son véritable regret est plutôt d'avoir trop peu fait intervenir Tenma alors que Lost Canvas est quand même son histoire.

En ce qui concerne l'avenir, elle n'a aucune nouvelle quant à une éventuelle 3e série d'OAVs de Lost Canvas. Pour la première adaptation animée, elle a pu intervenir sur le choix des doubleurs. Malheureusement pour elle, les noms qu'elle connaissait étaient trop anciens – les voix dans Saint Seiya avaient changé depuis – et il était impossible de répondre à sa demande donc il s'agit plus des choix de la production. La mangaka s'est cependant intéressée aux jeunes seiyû qui ont participé au projet et suit leur carrière avec attention. En fait, elle pu imposer un de ses souhaits, à savoir la présence de Ryusei Nakao, la voix originale de Freezer dans Dragon Ball Z, qui jour Ikelos, le dieu des illusions dans Lost Canvas.
Elle a donné peu d'information sur ses prochains projets, en restant dans le flou artistique. Vous pouvez cependant retenir son opinion très positive sur Chimaki Kuori, la mangaka de Saintia Chô, qui est en quelque sorte sa kohai en charge du dernier spin-off en date et qui reprend donc le flambeau de l'univers Saint Seiya

Après son dessin de Degel, Shiori Teshigori a pu enchaîner avec un portrait de Sasha, qui a remporté les suffrages de l'applaudimètre du public, devant Pandore et Yuzuriha. Suite à une mauvaise expérience il y a 3 ans à Nice, la mangaka ne voulait pas être prise en photo mais Grégoire Hellot, le directeur éditorial de Kurokawa, qui se chargeait de la traduction, a pris la peine de présenter les dessins pour que le public puisse les photographier après que Shiori Teshigori ait quitté la scène. 

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Samedi après-midi, il a de nouveau été question de Lost Canvas pendant la conférence du réalisateur Osamu Nabeshima et de la chara designer Yûko Iwasa.

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Le début de l'adaptation de Lost Canvas correspond à la fin de la production de la série D.Gray-man au sein du studio TMS et toute l'équipe a basculé naturellement d'un projet à l'autre. Osamu Nabeshima était déjà à un poste de réalisation sur D. Gray-man et Yuko Iwasa était directrice d'animation. Par cette bascule collective, Yûko Iwasa n'a pas passé d'entretien particulier contrairement à d'autres projets, et parmi l'équipe, elle a été choisie comme chara designer sur Lost Canvas, ce qui est pour elle son premier travail d'envergure. Un autre membre important issu de l'équipe D.Gray-man est le compositeur Kaoru Wada, qui a beaucoup apporté à l'ambiance de Lost Canvas, aux yeux du réalisateur.

Yûko Iwasa et Osamu Nabeshima ont le souvenir d'avoir eu relativement les mains libres pour l'adaptation, avec une interaction avec Shiori Teshigori via son maison d'édition. Ils ne l'avaient cependant jamais rencontrée jusqu'à ce qu'ils montent dans le même avion pour Japan Expo.

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Le réalisateur a surtout apprécié le rythme de production relativement lent avec 13 OAVs à sortir en un an, soir presque seulement une par mois. C'était beaucoup moins stressant à faire qu'une série classique au rythme hebdomadaire, même s'il y avait des difficultés à conserver la même équipe tout au long du projet.

Son meilleur souvenir a été la confirmation de la 2e série d'OAVs, synonyme pour lui de reconnaissance du bon travail effectué sur la première. Sur ce point, Yûko Iwasa a souligné que le métier d'animateur se passait souvent seul, avec des équipes éclatées et peu de retour. Elle était très heureuse de constater un tel retour positif pendant Japan Expo.

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Une fois encore, il n'y avait pas plus de nouvelles d'une 3e vague d'OAVs pour Lost Canvas ni d'une future adaptation des chroniques. Dans l'immédiat, Osamu Nabeshima doit travailler sur les différents volets à venir de Yowamushi Pedal, dont il est le réalisateur attitré, et Yûko Iwasa doit officier en tant que responsable de l'animation sur D.Gray-man Hallow à son retour de France.

Les deux animateurs sont de nature timide et se disaient très stressés de devoir parler devant autant de monde. Rapidement, Yuko Iwasa s'est concentré sur le dessin de plusieurs portraits de personnages tandis qu'Osamu Nabeshima a parlé de ses débuts dans le métier.

Il commence sa carrière chez Toei dans le milieu des années 1970 avant de devenir animateur ultra spécialisé dans les mechas. Il travaille notamment sur la première série Gundam. Au début des années 1980, il suit Yoshinori Kanada sur le film Nausicäa de la vallée du Vent.  C'est sa première expérience d'animation qui ne soit pas des robots et il quitte le projet au bout de semaines, décidément pas au niveau aux yeux de Hayao Miyazaki. L'équipe manquant cruellement d'animateurs, il est finalement rappelé et travaille sur le film jusqu'à la fin de la production. On revient le chercher pour Laputa, le château dans le ciel, ce qui lui fait conclure qu'il n'était pas si mauvais que cela.

Il a démissionné de son ancien studio spécialisé dans les mechas, où il n'en pouvait plus et qui le sollicitait encore après sa démission. Pour clarifier la situation et partir sur de nouvelles bases, il entre chez TMS, où on lui propose bien évidemment de travailler…sur des séries de méchas.

Il a l'occasion de travailler avec Katsuhiro Otomo sur le film Harmagedon (1983), ce qui le conduira naturellement à participer ensuite à Akira

Osamu Nabeshima se souvient avec nostalgie de cette époque, où d'une part le business était moins roi, avec des séries pas forcément rentables et un nombre important de longs métrages qui permettaient aux jeunes animateurs de monter en grade très rapidement. 

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Le mot de la fin est revenue à Yûko Iwasa quand elle a présenté les quelques portraits qu'elle a finalisés pendant la conférence. Elle a quelques difficultés à reproduire les personnages qui ont de gros yeux selon elle, à savoir Sasha et Tenma, d'autant plus que cela fait maintenant 5 ans qu'elle ne les avait pas dessinés. Nous avons pu découvrir qu'elle avait préparé, à l'hôtel, un bon panel d'esquisses de personnages sur son carnet de croquis et elle a partagé un superbe dessin effectué la nuit précédente en guise d'exercice.

Elle a avoué avoir tergiversé pendant 6 mois pour donner sa réponse quant à sa venue, anxieuse à l'idée d'intervenir dans le grand événement qu'est Japan Expo, malgré la pression amicale de ses collègues. Finalement, elle n'a pas du regretter son choix, vu l'accueil chaleureux du public devant tant d'implication et de soins.

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Dimanche, c'était au tour de Chimaki Kuori d'intervenir pour aborder Saint Seiya : Saintia Shô, le dernier spin-off en date de Saint Seiya.

La mangaka est fan de Saint Seiya depuis son enfance et uniquement Saint Seiya. Elle n'a jamais été particulièrement attirée par les autres séries du même type, que ce soit Shurato ou bien les Samourai de l'Eternel.

Elle a encore un faible encore maintenant pour Camus et notamment pour la scène du duel entre ce dernier et Hyoga. Elle portait d'ailleurs un T-shirt à l'effigie de Camus pendant la conférence, sachant que ce dernier est d'origine française dans l'univers de Saint Seiya.

En tant que fan, elle a été agréablement surprise par la liberté de ton de Megumu Okada dans le spin-off Episode G et elle aime bien aussi la nouvelle série Omega, dirigée par un de ses réalisateurs préférés. Pour Soul of Gold, elle a apprécié l'apparition des armures divines des chevaliers d'or.

Chimaki Kuori a suivi un cursus scolaire qui ne la conduisait pas du tout sur la voie du manga mais une fois arrivée à l'université, elle s'est mise à dessiner et à vouloir devenir illustratrice. Elle a du imposer son choix à ses parents qui ne la voyaient pas du tout dans ce secteur.

Une fois dans la place, elle ne voit pas de difficulté particulière à être une femme mangaka, en notant que tous les genres leur sont ouverts en étant publiées pour certaines dans des magazines pour garçons ou jeunes adultes.

Professionnellement, elle a commencé par illustrer un roman spin-off des Héros de la Galaxie puis elle a enchaîné les commandes de science-fiction. Elle a plusieurs mangas de Gundam à son actif, où la principale difficulté selon elle, est de bien respecter le design des mechas existants.  Elle a également travaillé sur une adaptation en manga de Sengoku Basara, justement au moment où elle jouait au jeu, à savoir les deux premiers volets.

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Pour Saintia Shô, le projet a germé dans l'esprit de Masami Kurumada pendant son hospitalisation, en voulant un peu féminiser l'univers de Saint Seiya. Il a soumis l'idée à la maison d'édition Akita Shoten qui l'a validée. De l'autre côté, Chimaki Kuori a rencontré un responsable éditorial sur un autre projet qui n'avait rien à voir, et pendant la discussion, elle a mentionné qu'elle était fan de Saint Seiya. L'information est remontée dans la rédaction jusqu'à la personne en charge du projet de Kurumada et la mangaka a été ensuite recontactée pour y participer.

Chimaki Kuori part de l'univers du manga, qui comporte moins d'éléments que la série télévisée, donc plus de liberté mais l'histoire de Saintia Shô se déroule en parallèle du récit principal et comporte donc quelques contraintes pour rester cohérente avec la chronologie originale. Pour son travail, elle replonge régulièrement dans le manga d'origine.

Comme pour Shiori Teshigori, Masami Kurumada lâche la bride à la dessinatrice et il est peu regardant s'il manque quelques détails. L'objectif reste de proposer un manga distrayant et attractif avant tout. La mangaka doit cependant faire un résumé à chaque début d'arc pour faire valider le maître qui s'assure que l'histoire reste dans la lignée de sa vision de Saint Seiya.

Le responsable éditorial a aussi son mot à dire et nous lui devons la présence du premier chevalier d'or. L'idée était de conserver un point de repère pour les fans, qui ont plébiscité ce genre d'apparition et sollicité l'arrivée d'autres chevaliers. La mangaka songe même à faire venir ceux qui sont déjà morts via quelques analepses. 

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La publication s'effectue dans un magazine mensuel, avec un rythme de travail calqué dessus. Pour penser au scénario, l'auteur essaie de se détendre et s'aérer l'esprit avant d'écrire son histoire qu'elle fait valider par l'éditeur. Après vient le travail intensif de production, avec l'aide de 4 à 5 assistantes et quelques nuits de blanches. Quand quelqu'un lui demande si elle pourrait passer à un rythme hebdomadaire, elle ne l'imagine pas dans l'immédiat et certainement pas avec Saint Seiya. À cause des 30 ans du titre, elle est très demandée pour effectuer des illustrations et des pages en couleurs, ce qui alourdit considérablement sa charge de travail habituel.

Pour les dessins, elle n'a aucun problème avec l'héroïne, Shoko, qu'elle longtemps étudiée, ni pour Xiaoling de la Petite Ourse, alors qu'elle a plus de mal avec Mayura du Paon, dont l'armure est complexe.

À court terme, la mangaka ne voit pas encore de fin à  Saintia Shô et espère juste pouvoir arriver jusqu'au bout de l'arc en cours.

Tout au long de la conférence, Chimaki Kuori a dessiné, avec d'abord un portrait de Shoko, puis pendant le temps qui restait, elle a composé une Athéna avec un message de supportrice pour l'équipe de France qui jouait la finale de l'euro le soir même. Là encore, alors que les photos étaient interdites quand l'auteur était sur scène, le directeur éditorial de Kurokawa a fait en sorte que tout le monde puisse prendre les portraits en photo, après la fin de la rencontre.

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Voir aussi

Japan Expo 2016 2 : Hiro Mashima et la French Touch
Japan Expo 2016 3 : Nouveauts et culture traditionnelle

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Commentaires sur ce billet:

  1. Le 22/07/2016 à 00:26
    Dans Japan Expo 2016 |..., il a été dit

    [...] (Pour un vrai résumé intéressant allez plutôt lire Animint) [...]

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