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Taiyo no oji : Horusu no daiboken
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Fiche technique
| Titre japonais | |
| Titre français | Horus, prince du soleil |
| Format | Film |
| Studio | Toei |
| Période | 1968 |
| Durée | 112 min |
| Interêt global | |
| Staff | Réalisation : Isao Takahata
Décors : Hayao Miyazaki |
Commentaire
La redécouverte d'Horus est, au moins sur le plan filmique, une vraie claque. La présence dans l'équipe des animateurs d'artistes aussi talentueux que KOTABE Yôishi, OKUYAMA Reiko, MORI Yasuji et MIYAZAKI Hayao explique certainement en partie l'impact visuel de ce long-métrage, dont l'animation a été dirigée par OTSUKA Yasuo. Mais le travail de mise en scène de TAKAHATA est absolument sans précédent, puisqu'il s'agit pour la première fois au Japon de mettre en pratique en animation une approche proprement cinématographique. Du coup, Horus ne ressemble à rien de ce qui se faisait à l'époque. Qu'il s'agisse de mouvements de caméra, de scènes de foule, ou d'actions simultanées à l'avant-plan et à l'arrière-plan, Takahata ose tout, contraignant les animateurs à innover à tous les niveaux. Même sur les passages non animés, sa façon inédite de recréer l'espace à l'aide de la caméra multiplan bouscule les conventions qui prévalaient jusque à Tôei comme dans les séries de Tezuka, donnant par exemple au spectateur l'illusion de survoler un village et de zigzaguer entre les toits des maisons.
Lors d'une scène pendant laquelle tout un village se met à pêcher, profitant du retour d'innombrables poissons, on se trouve face à des plans qui intègrent des travelings, des entrées de champs, des déplacements de personnages de l'arrière vers l'avant plan, et même des enchaînements de lieu et d'action dans un même "mouvement de caméra". Ce genre de prouesse est d'autant plus impressionnante qu'il n'y a bien évidemment pas de caméra posée dans la scène, mais bien une reconstruction totale de l'action dans son espace et sa temporalité, avec la volonté de donner l'illusion d'une prise de vue véritable. Si la contribution du jeune MIYAZAKI fut essentielle pour parvenir au résultat obtenu, TAKAHATA revendique clairement le langage filmique d'Horus, au point d'y avoir consacré un livre en 1983.
Horus est un film énorme, une leçon de cinéma, avant même d'être un film d'animation.
On peut regretter que les contraintes posées par la direction aient obligé le réalisateur à comprimer la durée de son premier long métrage. Deux scènes particulièrement difficiles ne furent finalement pas animées, et figurent dans le montage final sous forme d'enchaînements de mouvements de caméra sur des dessins fixes, qui donnent tout de même une idée de ce qu'aurait été le résultat si tout avait pu être fait comme le souhaitait le réalisateur. KOTABE Yoishi devait animer ces scènes, mais ne put mener à bien le défi considérable qui lui était lancé. C'est finalement MIYAZAKI qui réalisa les dessins voué à les remplacer.
Bien au delà du cercle des amoureux du Japon, ou des fans de japanimation, Horus, le prince du soleil est pour tout cinéphile qui se respecte un must absolu, un de ces rares films dont on peut dire sans risque d'erreur qu'il restera dans l'histoire du septième art comme une oeuvre majeure incontournable.
Soumis par Gildas le 24 septembre 2004
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