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Penguin Highway

Penguin Highway
 

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Fiche technique

Autres titres ペンギン・ハイウェイ (japonais)
FormatFilm
StudioColorido
GenreScience Fiction / Romance / Comédie / Ecole / Enfants / Drame / Fantastique
Période2018
Durée119 min
Interêt global   aidecoeur3.gif
StaffAuteur : Tomihiko Morimi
Réalisation : Hiroyasu Ishida
Character design : Yôjirô Arai
Musique : Umitarô Abe

Résumé

Alors qu'il est encore à l'école élémentaire, Aoyama se voit déjà comme un génie et le futur meilleur adulte de tous les temps. Ce qui est sûr, c'est qu'encouragé par son père, il possède une curiosité de tous les instants et il entraîne son esprit scientifique au travers de multiples expériences au quotidien quand cela ne tourne pas à de véritables expéditions. Il organise tout cela en entraînant son ami Uchida, très timoré mais toujours volontaire pour le suivre. Leur opération en cours est de déniché la source d'une rivière dans la région mais le projet passe au second plan face à un phénomène mystérieux rapporté un peu partout : des manchots sont apparus en ville !

Si l'incident enthousiaste Uchida, Aoyama a d'autres priorités dans l'immédiat et compte sur sa visite au cabinet dentaire pour revoir la belle assistante qui accapare son esprit depuis un certain temps et notamment... sa poitrine ! Aoyama dit ne pas s'intéresser aux jeunes filles de son âge mais sa camarade de classe Hamamoto est également très douée pour les études et très forte au échec. Tout ceux qui ont voulu jouer contre elle ont perdu jusqu'à présent mais Aoyama ne s'est pas encore prêté au jeu, alors qu'il est sans doute taillé pour et que lui et Hamamoto sont faits pour s'entendre. Ce qui n'est pas du goût de Suzuki, le petit caïd de la classe,  toujours flanqué de ses deux acolytes qui lui obéissent au doigt et à l'oeil.

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Commentaire

L'histoire d'origine est un roman de Tomihiko Morimi, auteur connu chez nous pour avoir été déjà adapté par Masaaki Yuasa pour The Tatami Galaxy et sa variante Night is Short, Walk On Girl, mais également pour The Eccentric Family produit en anime chez P.A. Works et encensé par la municipalité de Kyôto. Masaaki Yuasa a accentué le côté décousu et fantastique par ses visuels et sa mise en scène mais même pour le récit de tanukis dirigé par Masayuki Yoshihara, nous avons effectivement cette touche d'excentricité et de non sens, avec une belle dose d'humour noire. Le plus étonnant dans Penguin Highway est que malgré les fantaisies, nous aboutissons finalement à un film construit et qui prend le temps de se développer au fil des deux heures.

Un des point agréable du récit est d'apporter des réponses quasiment rationnelles à tous les irrégularités rencontrées. Il reste des phénomènes paranormaux inexpliqués mais une cohérence d'ensemble est instaurée sans pour autant tout expliquer ni tout dévoiler, en laissant une large place à l'imagination pour combler les blancs. C'est très bien dosé.

Le mystère des manchots reste en trame centrale mais certaines scènes viennent ponctuer l'histoire alors qu'elles n'ont aucun rapport direct avec l'intrigue. Cela passe par la description d'un phénomène courant au Japon qui permet aux animateurs de montrer leur savoir faire mais qui n'a pas une importance cruciale dans la récit. Idem pour une intervention de la petite soeur d'Aoyama qui n'a rien à voir avec le reste, si ce n'est que c'est sans doute l'instant le plus mignon du film et que cela situe bien le garçon en tant que grand frère compréhensif, au delà de son caractère austère et froid de scientifique. Ces instants permettent de respirer un peu en prenant du recul par rapport aux bizarreries qui surviennent, voir qui s'accélèrent. Là aussi, le tout est bien équlibré en évitant à la fois les passages ennuyeux et les scènes indigestes.

Pour un premier long métrage, le studio Colorido et le réalisateur Hiroyasu Ishida ont su tirer leur épingle du jeu alors qu'ils étaient plutôt habitués jusqu'à présent à des formats courts du style commande publicitaire de quelques minutes, ou au maximum d'une petite demi heure. Même si le dessin des personnages laisse à désirer au niveau des détails sur quelques plans larges, de nombreuses scènes et décors en mettent plein la vue. Rien que le générique d'introduction est fantastique et il faut d'ailleurs y prêté attention car il comporte des éléments de scénario au-delà d'un simple interlude pour citer les principaux membres de l'équipe du film. L'animation est bien travaillée avec un choix de rester dans des décors relativement réalistes donc plus proche des séries The Eccentric Family que des productions de Masaaki Yuasa.

Les musiques composées par Umitarô Abe sont également très bien et siéent admirablement à l' atmosphère des différents passages. Pour l'anecdote, le musicien a étudié à l'Université des Arts de Tokyo et à Paris VII avant de retourner au Japon. Dans le film, vous trouverez plusieurs petites phrases en français dans les décors, avec un niveau meilleur au franponais. Le générique de fin est chanté par Hikaru Utada (films Evangelion, Kingdom Hearts) et s'intègre parfaitement à la dernière note de l'histoire.

Pour un long métrage de 119 minutes, le film s'appuie sur très peu de protagonistes tout en réussissant à tenir le spectateur en haleine. Suzuki n'est pas le grand méchant de service mais plutôt le boute-en-train qui vient perturber le monde ordonné du jeune héro scientifique et de ses démarches rationnelles. Le film progresse dans la finesse avec la présence d'un grand danger sans pour autant avoir besoin d'insérer un vilain caricatural pour donner le change aux gentils. Aoyama occupe une place centrale et il est intéressant d'entendre son point de vue et l'image qu'il a de lui, avec ses mensonges et ses contradictions évidentes à déceler mais qui apportent un petit plus par rapport à un portrait dressé déjà tout prêt.

La voix retenue pour jouer l'assistante dentaire fait aussi parti des surprises. Alors qu'elle véhicule l'image de la jeune femme sexy dans l'esprit d'Aoyama, la seiyû Yuu Aoi donne une toute autre couleur à son personnage avec presque un décalage d'âge via une intonation relativement grave, loin des voix sensuelles, fluettes ou encore précieuses.

L'autre aspect - plus attendu celui-ci - est l'évolution du jeune héro. La répartition des personnages laissent penser que l'histoire s'intéresserait surtout à la famille ou aux camarades de classe, mais si ceux-ci jouent leurs rôles, ils passent extraordinairement en retrait par rapport à la relation principale dans le film qui ne monopolise pas forcément tout le récit mais qui reste centrale à tout instant. Les certitudes naïves d'Aoyama au début du film font sourire mais ses résolutions prennent en fin de compte une tournure plus sérieuse et émouvante qui contraste avec les différentes tribulations fantastiques et burlesques qui se produisent par ailleurs.

En conclusion, Penguin Highway est un très beau film qui devrait laisser sa marque, non seulement pour ses qualités techniques ou son équilibre savant entre actions et contemplations mais aussi pour son atmosphère unique et les fortes relations entre ses protagonistes.

Avis des membres d'Animint

Appréciation Générale : 5,0
Animation : 4,5
Graphisme : 4,0
Personnages : 4,5
Histoire : 4,5
Bande son : 4,5

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