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Sayoasa

Sayoasa
 

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Fiche technique

Autres titres Sayoasa (romanji)
さよならの朝に約束の花をかざろう (japonais)
Maquia - When the Promised Flower Blooms (français)
FormatFilm
StudioPA Works
GenreHeroic Fantasy / Romance / Historique / Guerre / Drame / Fantastique
Période2018
Durée115 min
Interêt global   aidecoeur2.gif
StaffRéalisation : Mari Okada
Character design : Yuriko Ishii
Musique : Kenji Kawai
Character design original : Takahiko Yoshida

Résumé

Les Iolphes vivent reclus dans leur cité où ils tissent inlassablement des hibiols de longues étoffes véritable journaux de la vie qui s'égraine très lentement pour eux. Ils font parti des rares être légendaires qui subsistent encore dans le monde, leur caractéristique étant de vivre plusieurs centaines d'années en changeant très peu d'apparence.

Cette jeunesse éternelle sucite des convoitises et le puissant royaume de Mezarte attaque le village pour espérer en profiter et continuer à assoir sa suprématie sur les autres pays. Dans la confusion, Maquia, une jeune Iolphe orpheline et timide d'à peine quinze ans, échappe aux agresseurs mais elle se retrouve projetée au loin, toute seule dans la forêt et avec pour seuls bagages des morceaux des hibiols arrachés accidentellement pendant sa fuite.

Elle s'aventure cependant plus en avant dans la forêt et finit par recueillir un bébé orphelin, qu'elle baptise plus tard Ariel, alors qu'elle est dans une situation précaire et qu'elle n'a aucune expérience du monde extérieur et encore moins de mère.

Cependant, la chance lui sourit et elle tombe sur une âme charitable qui l'accueille elle et Ariel. Une nouvelle vie commence.

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Commentaire

L'univers présenté est la croisée des chemins avec des êtres fantastiques tels que les dragons encore présents mais à l'aube de leur disparition dans le monde des hommes. Là, où de nombreux récits s'évertueraient à présenter un contexte moyenâgeux, nous sommes là à une époque plus avancée proche de notre fin de XVIIIe siècle à nous, avec des fusils à baïonnettes, des lames en acier et déjà des forges dignes de l'industrie sidérurgique moderne, sans oublier les armadas de gros vaisseaux avec leurs canons.

Le film s'inscrit dans la durée avec différents tableaux abordés dans sa longue chronologie, en commençant par la cité Iolphes, digne d'un paradis terrestre puis en bifurquant dans des contrées campagnardes avant de rejoindre la capitale de Mezarte, avec son imposant château royal mais aussi ses quartiers populaires dans les hauteurs de la ville. À l'exception des premières scènes où sont montrés les métiers à tisser et la conception des immenses hibiols, la réalisation ne s'attarde pas spécifiquement sur les activités au quotidien mais elle laisse filtrer moult images qui donne un aperçu de la vie dans ces pays imaginaires.

Quelques passages se déroulent au sommet du pouvoir, avec les enjeux de la famille royale et la rivalité de Mezarte avec ses voisins. L'intrigue géopolitique est cependant juste effleurée pour dresser un cadre et expliquer les événements qui touchent les principaux protagonistes de l'histoire. Le scénario fonctionne beaucoup par ellipses en effectuant des sauts de plusieurs années pour avancer dans l'histoire sans détailler ou aller jusqu'au bout des scènes de manière explicite. En découvrant la situation au début d'un nouveau chapitre, le spectateur devine ce qui s'est passé - ou ne s'est pas passé - avant. Il reste peu de zone d'ombre et cela permet d'accélérer la rythme du récit mais l'exercice produit une impression brouillonne de précipitation notamment à l'approche de la bataille finale. Cela manque vraiment de liant à cet instant.

Le même sentiment de futilité subsiste sur le traitement de plusieurs personnages. Que certains protagonistes avec un rôle secondaire restent secondaires, cela ne gêne pas mais c'est plus perturbant lorsque des acteurs qui influent sur le cours du récit sont survolés. De Krim, l'un des camarades Iolphes de Maquia, nous ne retenons qu'un personnage parasite alors que nous ignorons tout de son parcours et de ses aspirations. Leila, une autre camarade Iolphe, est un peu mieux lotie mais il est difficile de croire à sa décision finale, lorsqu'un l'une de ses rares intervention 5 minutes avant est une grande tirade en faveur d'un choix à 180 degrés.

Le film comporte une bonne dose d'action entre les poursuites et les combats qui alimentent l'excellente impression visuelle, aussi bien colorée que l'animation des scènes en met pleins les yeux, avec le sens du détail. Il manque cependant un personnage d'envergure pour faire office d'opposant charismatique. Les dirigeants de Mezarte tiennent du burlesque et leur homme de main aurait eu la carrure pour tenir ce rôle, avec notamment une position ambigüe déchirée entre son devoir et ses sentiments, mais il sombre quasiment dans l'oubli. Les batailles servent alors juste à illustrer un contexte sans enjeu véritable et elle perdent leur signification, sauf à plomber l'ambiance vu le nombre de victimes qu'elles font.

L'histoire est en effet bien sombre. Non seulement à cause des morts et des souffrances infligées aux victimes mais aussi par son message final quelque part très pessimiste qui ne croit absolument pas à l'intégration. Cela donne de la force au film mais cela surprend, de la même manière que l'est le propos assassin de Shô sur l'avenir des chapardeurs dans Karigurashi no Arietty.

Si nous pouvons regretter quelques rapidités, cela donne plus de place et d'importance sur le thème central et les personnages principaux que sont Maquia et Ariel. La cohabitation d'un être quasi éternel avec un mortel n'est pas une idée nouvelle. C'est un sujet classique plus ou moins mis en lumière quand une elfe approche un homme dans les récits d'heroic fantasy et c'est aussi un thème récurrent dans Natsume Yûjinchô : Les divinités reviennent voir des connaissances humaines sans se douter qu'elles ont disparu depuis bien longtemps et qu'elles s'adressent à leur descendance. Idem dans The Ancient Magus Bride et dans tant d'autres histoires.

Maquia élève tant bien que mal Ariel telle une mère adolescente mais la situation se corse au fur et à mesure. Il y a d'abord le regard des autres enfants qui considère que la mère d'Ariel n'est pas normale à rester aussi jeune d'apparence, et quelques années plus tard, Maquia est obligée de se faire passer pour la soeur d'Ariel pour ne pas éveiller les soupçons sur son âge et son identité Iolphe. Les soupçons de leur voisinage portent finalement sur la véritable nature de leurs relations, n'étant ni l'un ni l'autre liés par le sang. La tentation incestueuse est sous-jacente et cela n'arrange pas la crise d'adolescence que traverse Ariel plongé très jeune dans le monde adulte et qui travaille déjà à la forge pour aider Maquia financièrement.

L'enjeu est de clarifier cette relation entre ces deux personnes qui multiplient les moments de complicité très touchante tout au long du film. Cela passe par des saynètes répétées à plusieurs reprises qui finissent par prendre une tournure nostalgique ou bien encore par une situation qui devient cocasse et digne des tanukis dans Pompoko.

Avec les épreuves qu'elle traverse, Maquia gagne en maturité et dit adieu à son caractère de petite fille timide. C'est également l'un des thèmes du film mais cette évolution est attendue et survient naturellement au fil des ans, de la même manière qu'une jeune fille devient une adulte épanouie, ce qui contraste cependant avec le destin des autres Iorphes.

Quelques petits détails contribuent par ailleurs à l'originalité du récit. C'est par exemple le monologue de Leila face aux dragons emprisonnés qui accentue la tristesse de l'ambiance, ou encore l'importance des hibiols. Ces derniers ne sont pas juste des étoffes qui valent très chères mais de véritables lettres dont les messages peuvent être déchiffrés par les Iolphes. Le concept est très bien exploité : Il sert de déclencheur pour le nouveau périple de Maquia et il est aussi une pièce inattendue dans la relation mère fils entre Maquia et Axiel.

Pour transmettre les émotions, la réalisatrice Mari Okada dont c'est le premier long métrage, maîtrise très bien son sujet. Elle est bien aidée par les musiques de Kenji Kawai et même lorsqu'il n'y a plus aucune surprise, elle sort l'artillerie lourde et enchaîne les tableaux somptueux pour toucher au coeur les spectateurs. C'est grandiose.

Avis des membres d'Animint

Appréciation Générale : 4,5
Animation : 5,0
Graphisme : 4,5
Personnages : 3,5
Histoire : 4,0
Bande son : 4,5

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