Déslée, une grosse flemme m'envahit, mais je tiens à faire vivre ce genre de topic, donc je cite ce que j'ai pu écrire ailleurs sur le web
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Dernière lecture digne d’être commentée (non, je ne lis pas QUE des chefs d’œuvres de la littérature classique et moderne ! Je reste très attachée à mes romans « spécial vidage de crâne » de fantasy plus ou moins héroïc…) :
l'Arrache-cœur, de sieur
Boris Vian, roman où se mêlent fantaisie, émotion et absurde.
L’histoire nous promène dans les méandres d'un univers poétique surréaliste où règne une abolition totale des valeurs morales, dans un monde où les vieux sont mis aux enchères, où les étalons dévergondés sont torturés, où de jeunes enfants travaillent et meurent, sans que personne ne s'en embarrasse. Les adultes y sont d'odieuses créatures capables de tout et la société villageoise apparaît plus comme une meute que comme une communauté bien établie. Le pire étant que leur cruauté banale nous fascine.
Une humanité en régression, sans pitié pour les enfants … Diantre, cela ne nous est-il pas familier ? Cet univers parallèle au nôtre en est si proche que toute cruauté commise dans celui du livre nous renvoie l'image de nos propres monstruosités. Comment résumer l'Arrache-cœur ? Révolte contre le ridicule des vanités humaines et des conditionnements de la pensée ? Refus global de l'endoctrinement basée sur des énoncées ridicules ? Le roman de Vian est sans doute à prendre comme une fable sur le comportement humain qui, bien qu'il aie des prétentions à l'évolution et une éthique respectée, n'est qu'un amas d'instincts refoulés.
Au-delà de la satire socio-religieuse et de l'ensemble des dysfonctionnements en tout genre qui y sont dénoncés, le roman témoigne de la créativité linguistique de son auteur : l'ouvrage déborde de néologismes loufoques et de trouvailles linguistiques brillantes.
Parmi les différents personnages de cette farce amère, ironique et onirique, le plus dérangeant est celui de la mère névrosée éprouvant un amour pour ces triplés qui deviendra possessif et obsessionnel. Sa seule raison d’être sera de les protéger de tout, car tout est menace. Ce conte triste et terrible d'une mère à l’instinct maternel plus destructeur que protecteur nous fait beaucoup sourire, mais sa psychose et sa terreur face à tout ce qui est anodin pour ses enfants, qu'elle transforme en grands fantasmes, fait presque peur malgré son côté pitoyable. Et pourtant, je me sentais parfois tellement proche d’elle. Je peux comprendre son comportement, même si je m’y oppose. Pas vis-à-vis des enfants – je n’en ai pas, n’en veux pas et n’aime pas ça – mais vis à vis des personnes que l’on aime en général, et de celui que l’on aime en particulier. Je me sais névrosée, mais de là à me reconnaître un tant soit peu dans un tel personnage… Help !
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Croyants, agnostiques et athées, je vous recommande la lecture de l'ouvrage de
Richard Dawkins "Pour en finir avec dieu" (The God Delusion), dont l'"optimisme présomptueux" est tel que "les lecteurs croyants quand ils l'ouvriront seront athées quand ils le fermeront. [... Hormis] les croyants invétérés et obstinés, immunisés contre tout argument car leur immunité est due à des années d'endoctrinement dans l'enfance."
Il y analyse l'hypothèse d'un quelconque être suprême avec la rationalité et le scepticisme que l'on se doit d'avoir pour n'importe quelle hypothèse : l'existence de dieu est une question scientifique comme une autre. Il s'attaque méthodiquement aux arguments généralement utilisés pour soutenir l'existence d'un dieu et l'utilité des religions.
"Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion... Pas d'attentats suicides, pas de 11 septembre, pas de 7 juillet [2005], pas de croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l'Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacre de musulmans serbo-croates, pas de persécution de juifs, pas de "troubles" en Irlande du Nord, pas de "crimes d'honneur", pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l'œil, cherchant à tondre les gogos en leur vidant les poches. Imaginez, pas de talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une infime parcelle de leur peau..."
Je vous laisse à votre lecture, chacun est libre de se forger sa propre opinion.